Assermentation des élus libéraux - Moins de partisanerie, plus d'économie, dit Charest à ses députés

Moment d’émotion, hier, quand Jean Charest a accueilli Claude Béchard que ses collègues ont longuement applaudit.
Photo: Clément Allard Moment d’émotion, hier, quand Jean Charest a accueilli Claude Béchard que ses collègues ont longuement applaudit.

Québec — Au moment où l'économie chancelle, les manoeuvres partisanes doivent être mises de côté, a fait valoir hier le premier ministre, Jean Charest, à ses nouveaux députés fraîchement assermentés.

Au terme de la cérémonie de prestation de serment au Salon rouge de l'Assemblée nationale, M. Charest a dit vouloir «minimiser les rivalités partisanes» au sein du nouveau Parlement afin que les élus planchent sur les mesures de soutien à l'économie.

Dès mercredi, le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, va d'ailleurs présenter une première série d'initiatives en ce sens.

Car aux yeux du premier ministre, il ne fait nul doute que le Québec «va traverser une tempête» alors que ses principaux partenaires commerciaux — les États-Unis en tête de liste — entrent les uns après les autres en récession. La situation est donc urgente et il importe de déployer un plan de riposte «le plus rapidement possible», a-t-il affirmé.

«Les Québécois ont voulu, pour traverser cette tempête, un gouvernement de stabilité», s'est félicité M. Charest. Mais du même souffle, il a rappelé que les électeurs avaient aussi élu «une opposition forte» avec laquelle le gouvernement devra «collaborer».

«Le choc des idées est nécessaire à notre démocratie et nous allons travailler ensemble», a-t-il promis.

Peu avant de s'adresser à sa nouvelle équipe, le chef libéral a prêté les deux serments d'usage: «Je, Jean Charest, jure que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Elisabeth II», puis «Je, Jean Charest, déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j'exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec.»

Les 65 autres élus — à l'exception de Monique Jérôme-Forget partie à Saskatoon en prévision de la rencontre des ministres des Finances de mercredi — ont tour à tour emboîté le pas au premier ministre.

Parmi la nouvelle cohorte libérale, 15 députés en sont à leur premier séjour à l'Assemblée nationale alors que huit autres effectuent un retour en politique. Tous les autres proviennent de la cuvée de l'élection générale de 2007.

Au total, la députation libérale compte 44 hommes et 22 femmes.

Sous le regard admiratif de leurs parents et amis, plusieurs recrues ont eu du mal à dissimuler leurs émotions au moment de prêter serment. Entre autres, la députée de Mille-Îles, Francine Charbonneau, s'est mise à pleurer à chaudes larmes pendant la lecture de ses deux serments d'office.

Les députés et les visiteurs ont aussi réservé une longue ovation à Claude Béchard, réélu dans la circonscription de Kamouraska-Témiscouata. Considérablement amaigri, M. Béchard combat depuis plusieurs mois un cancer.

Pour certains, ces cérémonies sont le couronnement d'une vie alors que pour d'autres, il s'agit d'un exercice devenu presque routinier. Dans le camp libéral, les deux champions sont Yvon Vallières, de Richmond, et Pierre Paradis, de Brome-Missisquoi, qui en étaient mardi à leur neuvième assermentation.