La chef péquiste dit vouloir laisser son adversaire gouverner

Pauline Marois
Photo: Jacques Nadeau Pauline Marois

Malgré la minceur de la majorité libérale, la nouvelle opposition officielle formée par le Parti québécois ne s'emploiera pas à déstabiliser le gouvernement.

C'est l'assurance qu'a donnée la chef péquiste, Pauline Marois, au cours d'une conférence de presse tenue au lendemain de l'élection qui a permis au PQ de récolter 51 sièges et 35 % des votes. «Je ne veux pas embêter le gouvernement et je ne veux pas embêter M. Charest», a-t-elle indiqué.

Jean Charest a toute «la légitimité» pour exercer la fonction de premier ministre; il s'agit d'un gouvernement «normal» qui devra toutefois être à l'écoute des points de vue qui ne sont pas les siens, a fait valoir la chef péquiste. «Ça commandera à M. Charest une certaine prudence.»

Quant à savoir si Jean Charest sera toujours chef du Parti libéral lors de la prochaine élection à la fin d'un mandat habituel de quatre ans, Pauline Marois n'en est pas certaine. «J'ai toujours dit qu'il avait une main sur le volant à Québec et une main sur le volant à Ottawa. Alors, on verra.»

En outre, Pauline Marois estime qu'il est «prématuré» de se pencher sur la possibilité de tendre la main à Mario Dumont pour l'attirer dans le giron péquiste ou de faire de même avec les autres élus adéquistes. «C'est à eux à faire leur propre analyse, à évaluer quelle contribution ils ont le goût d'avoir encore au Québec.»

Le PQ a perdu la circonscription mythique de Mercier (là où Gérald Godin avait battu Robert Bourassa) aux mains d'Amir Khadir, le co-porte-parole de Québec solidaire. Si Pauline Marois se désole de la défaite de Daniel Turp, celle-ci ne l'attriste pas davantage que les défaites de députés sortants dans d'autres circonscriptions, comme Johanne Morasse dans Rouyn-Noranda ou Alexis Wawanoloath dans Abitibi-Est. «M. Khadir est un souverainiste, alors, en ce sens-là, on pourra travailler dans la même direction», croit-elle. L'élection d'un premier député de Québec solidaire, un parti qui tiraille (taraude) le PQ à sa gauche, ne remet pas en question la modernisation de la social-démocratie dont Mme Marois se fait l'apôtre. Moderniser la social-démocratie ne veut pas dire renoncer aux principes et aux objectifs de la social-démocratie, a-t-elle avancé.

C'est un lendemain qui chantait, hier, pour Pauline Marois qui est apparue quelque peu fatiguée certes mais radieuse. L'élection de lundi a fait mentir ceux qui soutenaient que le PQ était un parti générationnel, a-t-elle soutenu. Certes, le parti a connu des moments pénibles. «Ce n'est pas seulement en 2007. On a vu notre vote stagner, se réduire et aussi on sentait peut-être une moins grande ferveur», a-t-elle rappelé. Cette ferveur est revenue, et les jeunes aussi. «C'est un parti qui s'est ressaisi aussi sur le plan des idées», croit-elle. On assiste à une «refondation du PQ» ; le parti a retrouvé «son âme en cessant de se chicaner sur les moyens» pour se concentrer «sur le fond des choses», juge Mme Marois.

La chef péquiste a invité «les purs et durs» — à l'exception sans aucun doute de Jean-Claude St-André, ce pauvre candidat éconduit dans L'Assomption — à s'engager dans une démarche pour faire avancer le projet de pays. «On va retrouver nos ailes», a assuré Pauline Marois, qui ne manquait pas d'élan ni d'optimisme hier. «Je les invite à être à nos côtés et, d'ailleurs, ils sont toujours là», a-t-elle dit.
13 commentaires
  • Michelle Bergeron - Inscrit 10 décembre 2008 04 h 08

    Pauvre Pauline elle n'a rien compris....

    LE MONDE VEUT DU CHANGEMENT au PQ. Un autre Boisclair ou Diane Lemieux...Des milliers de souverainistes refuse le PQ et en plus les jeunes sont démotivés.

  • jacques noel - Inscrit 10 décembre 2008 07 h 49

    La Castafiore bat Lalancette par moins de 14,000 voix...

    1 125 003 (2007)
    1 138 887 (2008)
    ---------
    Chez Québec SoSo

    145 087 (2007)
    123 204 (2008)

    -15%

  • Gilles Bousquet - Inscrit 10 décembre 2008 08 h 02

    @ Pauvre Michelle Bergeron

    Vous suggérer un autre Boisclair ? Un petit problème de mémoire, pauvre Mme Bergeron.

  • Brun Bernard - Inscrit 10 décembre 2008 08 h 57

    La pauvre.

    Comment s'enterrer vivant. Bonne méthode, continuez. Plus personne vous écoute ni vous croit. À dans 4 ans après Québec Solidaire, les vrais indépendantistes et les vrais progressistes. si par malheur le PQ se doit d'imiter Québec solidaire, faites le bien et sérieusement.

  • Gilles Bousquet - Inscrit 10 décembre 2008 09 h 12

    @ Mme Bergeron

    Faut lire : vous suggérez à la place de : vous suggérer, s'cusez !