L'ADQ entre l'espoir et la résignation

Dans les 72 dernières heures, la caravane adéquiste a visité 24 circonscriptions. L’ADQ doit obtenir au moins 20 % du vote ou faire élire 12 députés pour maintenir son statut de parti officiellement reconnu par l’Assemblée nationale.
Photo: Agence Reuters Dans les 72 dernières heures, la caravane adéquiste a visité 24 circonscriptions. L’ADQ doit obtenir au moins 20 % du vote ou faire élire 12 députés pour maintenir son statut de parti officiellement reconnu par l’Assemblée nationale.

Thetford Mines — À la traîne dans les sondages qui renvoient l'ADQ au rang de tiers parti, Mario Dumont s'accroche à l'espoir de bénéficier d'une prime à l'urne pour sauver les meubles... à condition que l'abstention se soit pas trop élevée aujourd'hui.

Le chef de l'ADQ a lancé hier l'habituel appel au vote en ciblant un ennemi jugé plus dangereux qu'à l'habitude: l'abstentionnisme. «Les gens doivent bien saisir que ne pas voter, c'est ne pas protester, a-t-il dit depuis Thetford Mines. C'est ne pas démontrer sa colère [contre le gouvernement Charest]. Ne pas voter, c'est récompenser celui qui a déclenché l'élection que vous ne vouliez pas.»

Plus tard, à Montmagny, il a repris son laïus devant quelques dizaines d'électeurs qui jouaient aux quilles. Ceux qui pensent que ne pas voter est une façon de «donner un coup de poing sur la table» se trompent, a-t-il dit. Même message également à Rivière-du-Loup, cette fois sous la neige et en fin de journée.

Mais M. Dumont est conscient que «le déclenchement de l'élection et la crise au fédéral a donné aux gens un goût amer des politiciens déconnectés de la réalité». Un sentiment qui pourrait se traduire par un rejet pur et simple du processus électoral, surtout chez les adéquistes qui ne sont pas des «maniaques de politique», selon M. Dumont.

Pronostics prudents

Sinon, le chef adéquiste s'est montré prudent dans ses pronostics, hier. Celui dont le parti a fait élire 41 députés en 2007 a refusé de chiffrer ses attentes. Cette semaine, il avait indiqué vouloir «maintenir ses acquis», une tâche qui semble toutefois impossible d'après les derniers sondages.

L'ADQ doit obtenir au moins 20 % du vote ou faire élire 12 députés pour maintenir son statut de parti officiellement reconnu par l'Assemblée nationale.

M. Dumont a donc relancé un appel destiné aux 31 % de la population qui a voté ADQ à la dernière élection. «Prenez la pleine mesure des changements que ça a apportés dans le Québec, et ça va vous donner le goût de le refaire», a-t-il dit.

Mais «les seuils de pourcentage, le nombre de sièges que ça représente, c'est une mathématique imprévisible, estime M. Dumont. Il y a beaucoup de luttes serrées, ce n'est pas pour rien qu'on sillonne le Québec.»

Dans les 72 dernières heures, la caravane adéquiste a visité 24 circonscriptions. Au total, un décompte fourni par l'ADQ indique que Mario Dumont est passé dans 50 des 125 circonscriptions de la province au fil de la campagne, surtout dans celles gagnantes en 2007.

Cette année, les résultats sont incertains partout pour l'ADQ. Mais M. Dumont mise sur une certaine «prime à l'urne» pour surprendre le Québec ce soir. En 2007, par exemple, les deux derniers sondages de la campagne avaient sous-estimé d'au moins 5 % le vote adéquiste.

Il compte aussi sur une donnée non compilée dans les sondages nationaux: la «prime du député sortant», qui pourrait permettre à certains députés d'obtenir la faveur des électeurs à la dernière minute.

Résignation

Mais cet espoir de «causer des surprises» se butte aussi à une forme de résignation chez les adéquistes. «Les gens disent que Jean Charest a déclenché une élection pour rien, indiquait hier Samuel Therrien, candidat dans Mégantic-Compton. Mais ils ont l'air de vouloir voter pour lui. C'est paradoxal.»

Ce paradoxe survient dans une conjoncture particulière, celle d'une campagne comme Mario Dumont n'en avait «jamais vécu». Les premières semaines ont été carrément perdues, a-t-il dit hier. «Faire partir l'autobus, l'envoyer sur la route, présenter un programme, dévoiler un cadre financier [...]: notre bouche peut parler, mais si les oreilles des gens sont bouchées et qu'ils ne veulent pas entendre parler des élections», il n'y a pas grand-chose à faire, expliquait M. Dumont.

Il juge toutefois que le vent a tourné après le débat des chefs. Les idées de l'ADQ auraient réussi à atteindre les électeurs, croit-il. «Et je pense que demain va démontrer qu'on aura des résultats dont aucun sondeur n'aura réussi à prendre la mesure.»

Mais peu importe les résultats, Mario Dumont affirme ne pas jouer son avenir politique aujourd'hui. «La politique, c'est du long terme. Le combat pour le changement est un combat de conviction et de ténacité», a-t-il dit.
7 commentaires
  • Raymond Vaillancourt - Abonné 8 décembre 2008 07 h 36

    Seul, envers et contre tous !

    Habitué à travailler seul et à prendre les projecteurs pour lui, le chef de l'ADQ retrouvera d'emblée son aisance à se retrouver l'unique ou presque député de son parti ! Quand on ne peut travailler en équipe, c'est le prix à payer. Et qu'on ne vienne pas nous dire que c'est du courage !

    Raymond Vaillancourt
    www.prospectgestion.com

  • Christian Montmarquette - Abonné 8 décembre 2008 07 h 38

    Sortons «L'action démagogique !...»

    Oui ! Sortons «L'action démagogique !...»

    «L'action démagogique...» - dixit : Yvon Deschamps...

    Oui... Tout le monde connaît maintenant cette expression inventée par notre Yvon Deschamps national de « l'Action démagogique » Avec toute cette campagne de peur, d'aversion contre les pauvres et de clip... il semble que ça leur va comme un gant ! !


    J'ai posé les questions ci-dessous à deux reprises sur le blog de Marie Grégoire, mais comme elles sont toujours sans réponses...

    Je vous le redemande donc encore une fois aujourd'hui....

    - Que pensez-vous des préjugés et de l'ignorance que Mario Dumont galvaude sur les prestataires de l'aide sociale ?

    - Que pensez-vous de cette perfide campagne de peur qu'a menée Mario Dumont chez les personnes âgées ?

    - Qu'avez-vous donc à dire sur les tourments malicieux que ce Dumont veut faire subir aux strates les plus sensibles de notre population ?

    Ne pensez-vous pas que dans la perspective d'une économie où la crise est imminente, qu'il ne faille pas en rajouter sur le dos de ceux et celles qui sont déjà les plus durement éprouvés ?

    - Qu'avez-vous à dire sur le fait que Mario Dumont a déclanché un véritable chaos social en provocant tout ce stérile débat sur les accommodements raisonnables sans même avoir eu la décence d'y participer ?

    - Ne vous crève-t-il pas les yeux que qu'il ne s'agissait pas d'un problème «d'accommodements raisonnables», mais une fois encore, d'une mesquine manoeuvre politicailleuse, afin de tenter de se bâtir quelque capital politique sur le dos des immigrants tes ?

    - Qu'avez-vous à dire sur le fait que Dumont tente sans cesse de briser notre cohésion sociale en alimentant sans cesse l'hostilité d'une classe de citoyens envers une autre ? ...que ce soit les riches envers les pauvres, les Québécois de souche les envers les immigrants, les « straights » envers les gais, les ouvriers envers les intellectuels, les non syndiqués envers les syndiqués ou les travailleurs envers les prestataires de «LAIDE SOCIALE» ?

    - Mais pour ce Dumont, n'existe-t-il donc pas une autre morale que celle du cumul de votes ??

    - Qu'avez-vous à dire sur le fait que Mario Dumont semble décider du programme de son parti en se mouillant le doigt afin de sentir mieux de quel bord le vent tourne ou sur le coin d'une table en lisant son journal le matin ?

    - Qu'avez-vous à dire sur cette baisse pathétique des intensions de vote de 31% à 15%? ...Il semble que je ne sois le seul à considérer qu'il mérite de se faire congédier...

    - Qu'avez-vous à dire ce pensionné de l'État qui gagne 150,000$ et qui s'est graissé la patte de d'un petit 50,000$ supplémentaire, tout en méprisant abjectement ceux et celles qui en gagnent : 6900$ ?

    - Qu'avez-vous à dire sur les méthodes plus que douteuses qu'il a utilisées pour mettre la main sur cette rondelette somme de 50,000$ «non votée» et pigées à même les petites contributions de ses propres membres et dont il a privé son propre parti??

    - Qu'est-ce que Mario Dumont a à dire sur les études on ne peut plus sérieuses qui démontrent que c'est plus de 90% des prestataires de l'aide sociale devraient normalement bénéficier du montant de «soutien financier» et qui éprouvent des contraintes à l'emploi ? ..Des contraintes hypocritement et scandaleusement refusées, afin que l'État économise mesquinement des pécules sur le dos des plus mal pris de la société ?

    Dans ces blogs «Grég-Ô-Rien» publiés cette semaine et la semaine dernière, des blogs complètement tordus, inobjectifs et honteusement partisans de Marie Grégoire... Un des lecteurs m'a à toute fin pratique, traité de «fou»..!

    Ce qui n'est à mon sens, qu'encore qu'une autre manière d'esquiver le véritable débat pour tenter de s'attaquer à ma personne et de miner ma crédibilité.

    En vérité, je vous le dis mes chers amis-es... Dans une société où au-delà de 50% du taux d'absentéisme au travail, est causé par des problèmes de santé mentale, il y a fort à se demander qui sont en faits les véritables «fous» dans cette histoire...


    Une chose est certaine en tous cas...

    Mario Dumont va en manger toute aujourd'hui !

    Et ce sera plus que mérité ! !

    Car je commençais très franchement à en avoir plein le cul...


    ...De... L'As des culs...




    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire
    Musicien et membre de l'Union des artistes (1977/1991)
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec

    MSN: http://christianmontmarquette.spaces.msn.com
    Ancien site électoral : www.ufp-laporte.ca.tc


    Site officiel : www.quebecsolidaire.net
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    « Yvon Deschamps, Richard Desjardins, Dan Bigras, Luck Mervil, Denis Laferrière, France Castel, Raymond Lévesque, Judi Richard, Christian Bégin, Paul Amarani, Karen Young, Christian Vanasse des Zapartistes, Yves Lambert, fondateur du groupe La Bottine souriante et le peintre et sculpteur, Armand Vaillancourt»


    Des appuis de taille pour Québec solidaire :

    Claude Béland : Ex-dirigeant du mouvement Desjardins
    Robert Perreault: Ex-ministre du Parti québécois de Mercier
    André Ferretti : fondatrice du RIN
    Michel Chartrand : syndicaliste
    Laure Waridel : fondatrice d'Équiterre

    Textes et liens pertinents :

    « La politique Nazi des « bouches inutiles » - Rodolphe Bourgeoys :
    http://www.ledevoir.com/2008/11/21/commentaires/08


    «Une loi scélérate » - Le Devoir / C. Montmarquette :
    http://www.ledevoir.com/2008/11/18/commentaires/08


    Un Mario Dumont de $ 83 millions ! - Vigile /C. Montmarquette :
    http://www.vigile.net/Un-Mario-Dumont-de-83-millio


    Mea... Culpa... Mea culpa... Mea... Maxima... Culpa ! - Le Devoir / C. Montmarquette

    http://www.ledevoir.com/2008/11/29/commentaires/08


    Mario « Matamore » Dumont - Vigile / C. Montmarquette
    http://www.vigile.net/Mario-Matamore-Dumont


    Québec solidaire et la sécurité du revenu :
    « Quand j'ai rencontré Madame Marois... »
    - Presse-toi à gauche / C. Montmarquette

    http://www.pressegauche.org/spip.php ?article2938


    Voir tous mes articles publiés chez Vigile.Net : http://www.vigile.net/_Montmarquette-Christian_


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    «Ne doutez jamais qu'un petit groupe de citoyens engagés et bien intentionnés puissent changer le monde... C'est historiquement la seule façon de le faire ».

    - Margaret Mead


    - QS-

  • peogrimard - Abonné 8 décembre 2008 09 h 56

    Une fois pour toutes ?

    L'ADQ avait subi une dégelée importante en 2003, et si on se rappelle de l'automne 2006, juste avant l'affaire des accommodements raisonnables, on prédisait la fin de l'ADQ et le passage de Mario Dumont chez les libéraux.
    L'élection de 2007 semble avoir sauvé le parti, mais tout semble montrer que ce n'était que contingent à la crise identitaire qui secouait le Québec à l'époque.
    Depuis ce temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, et l'ADQ n'a démontré qu'une chose : le fait que tout le parti repose entièrement sur les épaules de Dumont. Ceci est typique d'un parti populiste : le charisme du chef est essentiel au succès électoral et populaire. Un autre trait typique des partis populistes est la courte durée de vie de ceux-ci : l'ADQ existe depuis maintenant 15 ans, et je serais le premier surpris si elle devait encore exister dans 2 élections, du moins dans sa forme actuelle.

    Je crois bien que ce parti connaîtra une fin digne des Union Nationale et Ralliement Créditiste de ce monde.
    Et ce sera une bonne chose.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 8 décembre 2008 11 h 24

    La vraie autonomie

    La vraie autonomie c'est la souveraineté.

    Monsieur Dumont va y venir un jour.

    Qu'on soit de droite, de centre ou de gauche, tout nationaliste québécois est bienvenu dans la famille souverainiste.

  • marie-claude leclerc - Inscrite 8 décembre 2008 13 h 11

    Quels changements ???

    À part mettre le feu aux poudres, faire des marathons de peur et dire des insanités où est l'innovation ?
    Ça sent l'énergie du désespoir ce "cri du coeur" pour aller voter.