Sprint final avant le vote - Dumont tente de rattraper les électeurs perdus en cours de route

Berthierville — Les sondages le tiennent pour mort, mais Mario Dumont se défend énergiquement. Hier, le chef adéquiste s'est comparé à la tortue qui coiffera le lièvre au fil d'arrivée d'une fable électorale peu inspirée.

Placé à 15 % dans le sondage Crop publié dans La Presse hier, M. Dumont a passé la journée à motiver ses troupes en vue de l'élection de lundi. La caravane adéquiste a entamé un sprint frénétique de 24 circonscriptions en 72 heures, avec des arrêts dans huit comtés. M. Dumont a aussi accordé quatre entrevues à des stations de radio de Trois-Rivières tôt le matin.

Le message délivré: ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini, a martelé le chef adéquiste. Ce qu'il voit du sondage lui fait penser à la fable du lièvre et de la tortue de La Fontaine. «Jean Charest est accoté sur son arbre, un brin de paille à la bouche, et il se pense bon. Je me méfierais à sa place. Il y a beaucoup de gens qui n'ont pas encore décidé pour qui ils voteraient.»

«Jean Charest semble au-dessus de ses affaires», a-t-il ajouté en faisant référence au fait que la caravane libérale roule à un rythme nettement plus lent que celle adéquiste en cette fin de campagne. Mais entre le lièvre et la tortue, on peut se demander qui est qui, a fait remarquer un journaliste à M. Dumont: autrement, pourquoi sentir le besoin de courir autant à la fin de la course?

Depuis plusieurs jours, Mario Dumont avait prévenu ses partisans: les sondages qui seront publiés ne pourront pas témoigner de la remontée de l'ADQ. «Le polaroid ne sera pas complet», a-t-il souvent lancé. Selon lui, beaucoup d'électeurs ne sont entrés dans la course qu'après le débat. «Ça fait beaucoup de gens qui vont prendre une décision tard dans la campagne. C'est pourquoi la fin de semaine sera cruciale et qu'on va redoubler d'ardeur.»

Mais M. Dumont était visiblement étonné des résultats transmis par Crop. Les pointages internes de l'ADQ situent le parti davantage autour de 20 %. Plusieurs disparités régionales seraient aussi gommées dans un sondage national, dit-on. «Les luttes sont serrées, assure le chef adéquiste. Vous conviendrez que les coups de sonde tirent dans toutes les directions d'une région à l'autre. Il y a plein de messages contradictoires envoyés et pas un sondeur ne peut deviner ce qui peut arriver.»

Interrogé pour savoir si le temps pressait pour lui, M. Dumont a répondu que «c'est sûr qu'il y a urgence. Ce qu'on dit aux gens [en faisant un blitz], c'est qu'on a travaillé fort avant l'élection, pendant l'élection, et qu'on le fera après. Peut-être qu'un Jean Charest assis sur ses lauriers quelques jours avant le vote donne une bonne indication d'un gars qui ne travaillera pas fort pour la population après» le 8 décembre, dit-il.

Malgré tout, M. Dumont a vu un peu de positif dans le sondage d'hier: le taux de satisfaction à l'égard du gouvernement est en baisse. Optimiste, le leader de l'ADQ espère que ceci témoigne du fait que M. Charest est sur «une pente savonneuse». «J'ai souvent vu ça dans l'isoloir, une tendance qui se décuple.»

Blitz

En attendant de voir les résultats du «vrai sondage, le seul qui compte», M. Dumont marche dans les traces de son succès de 2007. Hier, il est allé donner un coup de main aux organisations de François Benjamin dans Berthier, de Pascal Beaupré dans Joliette, d'Éric Laporte dans L'Assomption et de Ginette Grandmont dans Masson (c'est à ses côtés qu'il avait sorti la carte des pensions de vieillesse réduites, dans une résidence pour personnes âgées).

Le chef s'est aussi arrêté à Châteauguay, à Iberville, à La Prairie et à Shefford. En général, des assistances modestes — entre 30 et 50 personnes —, mais un accueil chaleureux qui tranchait avec celui plutôt glacial reçu jeudi soir à Lotbinière. Beaucoup de «Mario, Mario, Mario» et de «lâchez pas» ont ponctué sa journée.

Mario Dumont a répété sensiblement le même laïus partout: Jean Charest a déclenché des élections dont la population ne voulait pas, c'est la même soif de pouvoir qu'à Ottawa et il faut punir «ce type de comportement». En ciblant très précisément la classe moyenne, il a évoqué la différence adéquiste par rapport aux programmes du PQ et du PLQ.
2 commentaires
  • Patrick Asselin - Inscrit 6 décembre 2008 00 h 08

    Pour en finir avec Dumont

    Après le roi de la clip, les jeux de mots et maintenant la fable de Lafontaine, n'importe quoi pour passer aux nouvelles du soir. Mr. Dumont, votre 15% dans les sondages, vous le méritez. Peu de politiciens ont raconté autant d'insignifiances lors d'une campagne. Le PQ fera mieux, les libéraux seront probablment forts et on se souviendra de vous comme celui ayant appuyé aveuglément Stephen Harper.

  • Guy Fafard - Inscrit 7 décembre 2008 11 h 08

    Les bons coups du PQ...

    L'étatisation de l'amiante dans les années 60 alors que les pays d'Europe commençaient à mettre en doute les effets secondaires de l'amiantose.

    La mise à la retraite prématurée des médecins et infirmières et les coupures. La transformation des médecins en rédacteurs de rapports et la complication de la bureaucratie.

    La réforme de l'éducation faite tout croche avec comme résultat le décrochage scolaire et des bulletins incompréensibles par les parents. La transformation des commissions scolaires qui sont devenues des gouffres à dollars où les commissaires élus avec une pourcentage de votes très faible, vont dépenser tant d'argent qu'il n'en reste presque plus pour les livres; au lieu de déléguer des pouvoirs aux directeurs d'école.

    La négligence des infrastructures. Nos aqueducs fuient et perdent près de quarante pour cent de notre eau filtrée dans le sol. Nos ponts nous tombent sur la tête...

    Ah oui le gouvernement s'est occupé des voyous et de leur mise en liberté pour ne pas construire de prisons; pendant ce temps ces mêmes députés du PQ on négligé les victimes.

    Pourquoi ne pas essayer les solutions nouvelles proposées par l'ADQ ?