Les Québécois devraient se méfier de Jean Charest, dit Pauline Marois

Les Québécois doivent réfléchir aux conséquences d'élire un gouvernement dirigé par Jean Charest qui les a «trompés» et qui leur a «caché la vérité», a prévenu, hier, la chef du Parti québécois, Pauline Marois.

«J'aimerais que les Québécois réfléchissent et se mettent les yeux devant les trous», a affirmé Mme Marois en matinée alors qu'elle entrait dans le dernier droit de sa campagne électorale. Refusant de voir de la résignation chez les électeurs et une incapacité à s'indigner, la chef péquiste a dit croire «qu'il y a un ressort qui doit être stimulé».

Les nouvelles étaient mauvaises, hier, pour les troupes péquistes. Selon un sondage CROP, le Parti libéral voguait vers la victoire avec 45 % des intentions de vote, tandis que le PQ voyait ses appuis passer de 32 % à 29 % par rapport au dernier coup de sonde d'il y a dix jours. Pauline Marois a évoqué des sondages internes qui indiquent qu'au contraire les appuis au PQ ont progressé depuis une semaine. «Alors, ça s'explique un peu difficilement ce matin [hier]», a-t-elle dit.

Il régnait une certaine fébrilité dans la caravane péquiste, hier, alors que Pauline Marois participait à des assemblées de militants à Montréal, Joliette, Trois-Rivières, Nicolet et Sherbrooke, et serrait des mains dans des commerces. La caravane devait s'arrêter dans la circonscription de Drummond mais l'événement a été annulé; le candidat vedette, Yves-François Blanchet, a échoué un alcootest dans la nuit de mercredi à jeudi.

La chef péquiste a également cité des sondages, réalisés dans certains comtés par des firmes indépendantes, qui montreraient que des luttes serrées se profilent. C'est le cas dans la circonscription de Saint-François, en Estrie, où le candidat péquiste, le Dr Réjean Hébert, talonnerait la ministre sortante Monique Gagnon-Tremblay, ainsi que dans le comté de Trois-Rivières. Des chaudes luttes impliqueraient des candidats péquistes dans trois circonscriptions de la région de Québec, a également mentionné Mme Marois.

Le morcellement des votes entre le PQ, Québec solidaire et le Parti vert nuit à la performance du PQ, qui ne peut aspirer à faire des scores semblables au Bloc québécois. Le Bloc a obtenu 38 % des voix lors des dernières élections fédérales. «Il y a un phénomène qui joue et qui joue depuis un moment, et c'est le morcellement du vote au Québec», a reconnu Mme Marois. Or le PQ a la possibilité de mettre en oeuvre des politiques qui concernent la protection de l'environnement et des politiques préconisées par Québec solidaire, a fait valoir la chef péquiste.

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