Éducation - Le PQ veut revenir à un programme d'histoire nationale

Québec — S'il était porté au pouvoir, le Parti québécois reverrait de fond en comble l'enseignement de l'histoire à tous les niveaux afin qu'elle cesse d'être «une catéchèse du multiculturalisme». C'est la conclusion à laquelle parvient un comité «histoire» du PQ formé par Pauline Marois et qui a récemment présenté ses conclusions sur le sujet dans un rapport dont Le Devoir a obtenu copie.

L'enseignement de l'histoire a soulevé plusieurs débats au sein de la formation politique depuis que Le Devoir a révélé, en 2006, un projet de programme d'histoire et d'éducation à la citoyenneté pour les troisième et quatrième années du secondaire qui visait à présenter une version moins «conflictuelle» de l'histoire. Une bataille au sein du PQ a depuis opposé les enthousiastes des «compétences», attachés à la réforme de l'éducation, et les tenants d'une version plus «nationale» de l'histoire.

La haute direction du parti a tranché pour cette dernière en entérinant le rapport de ce comité qui propose de «redonner toute sa place à la dimension nationale». D'une part, cela «fait l'objet d'un très large consensus». D'autre part, le comité soutient que «l'histoire n'est pas qu'une juxtaposition de sociétés diverses, mais implique une dynamique et, souvent, des conflits que ne saurait dissimuler une idéologie multiculturaliste».

Ce comité, formé de six historiens dont le PQ a refusé de révéler les noms hier, a imposé un «nouveau langage» à la formation de Pauline Marois en matière d'histoire et d'éducation. Le mot «connaissance» est réhabilité «sans évacuer le mot "compétence"», a-t-on expliqué, mais on estime que l'acquisition des connaissances doit être «évaluée en tant que telle». On propose une histoire qui met l'accent sur les «faits structurants» qui donnent à la trajectoire du Québec son caractère particulier. «C'est-à-dire redonner une place aux "faits", pas seulement aux "interprétations", toujours relatives selon les concepteurs du programme. C'est ensuite [...] expliquer les "faits structurants" qui ont marqué l'histoire du Québec», peut-on lire. Quels faits? «Notons la colonisation française au XVIIe siècle, la Conquête de 1760, les rébellions de 1837, la place importante de l'Église à partir de 1840, la Confédération de 1867, l'infériorité économique des Canadiens français, la Révolution tranquille.»

Le rapport propose aussi de dissocier l'éducation à la citoyenneté et l'histoire, qui sont actuellement regroupées. Ce sont là, tranche le comité péquiste, «deux choses distinctes et de nature différente, bien que la seconde soit essentielle à la première». Selon le PQ, à titre de matière distincte, l'éducation à la citoyenneté devrait être intégrée au cours d'éthique et de culture religieuse.

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