Les verts nationaliseraient l'eau et taxeraient les automobilistes et la publicité

Nationaliser l'exploitation commerciale de l'eau, établir des péages sur l'ensemble des autoroutes du Québec et taxer la publicité. Voilà, en substance, les sources de revenus envisagées par le Parti vert du Québec (PVQ) pour financer ses engagements électoraux. L'opération devrait permettre aux verts d'amasser 13 milliards sur cinq ans. C'est 8,5 fois le montant dévoilé par les libéraux pour remplir leurs promesses.

Des 2,6 milliards que les verts comptent dépenser chaque année s'ils devaient former le prochain gouvernement provincial, 1,6 milliard proviendrait de la simple imposition de péages, a indiqué hier le chef, Guy Rainville qui, cinq jours avant la fin de la campagne, a finalement rendu public à Montréal le cadre financier de son parti. Par ailleurs, indiquent les verts, une taxe de 20 % sur la publicité produite à l'étranger mais diffusée au Québec — ce taux passerait à 13 % pour les messages conçus à 100 % au Québec — devrait faire entrer 340 millions dans les coffres de l'État, soit l'équivalent des recettes induites par l'ajout d'une redevance que devraient payer dans un «régime vert» les grands consommateurs d'eau à des fins commerciales.

«C'est un cadre financier réaliste, a résumé M. Rainville, qui a insisté sur l'équilibre de ses chiffres. Nous confirmons une fois de plus notre intention de contribuer au développement économique tout en respectant l'environnement.»

Au chapitre des dépenses, les verts se sont également montrés très ambitieux. Sur 20 ans, ils s'engagent en effet, avec l'argent ainsi récolté, à injecter 40 milliards de dollars dans un vaste «plan de transport». C'est 1,3 milliard par année. L'objectif: contribuer à la construction de tramway à Montréal, à Longueuil, à Québec, à Laval, à Gatineau et à Sherbrooke, à l'implantation d'un train intercités entre Montréal et Sherbrooke, et à la mise en chantier d'un couloir ferroviaire pour un train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Montréal. Entre autres.

En éducation, la formation politique écologiste compterait aussi ajouter 175 millions pour réduire le nombre d'élèves par classe. La mesure serait financée en partie par l'abolition des subventions aux écoles privées et en partie par la récupération des 12 millions actuellement versés aux enseignants ayant des grands groupes.

Enfin, en culture, le PVQ a une fois de plus réitéré son intention d'augmenter le budget de la culture de 340 millions, pour un total d'un milliard par année. Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), avec une enveloppe budgétaire gonflée de 90 millions, la SODEC (50 millions), Télé-Québec (100 millions) et le réseau des bibliothèques (100 millions) verraient aussi leurs conditions financières s'améliorer sous l'effet d'une éventuelle administration Rainville. «C'est primordial, a lancé le chef. Chaque dollar investi en culture rapporte généralement 11 $ en retombés économiques dans la société québécoise. C'est donc un bon endroit où investir.»

À voir en vidéo