Charest a abandonné les régions, dit Marois

Pauline Marois, dénoncée par ses adversaires pour son appui à la coalition née dans la capitale fédérale, a dit croire que la crise qui secoue Ottawa montre bien que le pays ne fonctionne pas.
Photo: Jacques Nadeau Pauline Marois, dénoncée par ses adversaires pour son appui à la coalition née dans la capitale fédérale, a dit croire que la crise qui secoue Ottawa montre bien que le pays ne fonctionne pas.

Lebel-sur-Quévillon — Jean Charest a complètement abandonné les régions ressources et leurs travailleurs, clame Pauline Marois.

La chef péquiste, qui a rencontré hier les élus municipaux et les travailleurs en lock-out de l'usine Domtar de Lebel-sur-Quévillon, a particulièrement reproché au chef libéral son inaction dans ce dossier alors que selon elle, il avait promis de travailler à sa réouverture.

«Est-ce qu'il est venu à Lebel-sur-Quévillon? Où est-ce qu'il est M. Charest?» a lancé Mme Marois au cours d'une allocution devant 200 personnes rassemblées dans une salle de cette municipalité du nord du Québec durement touchée par la crise forestière.

La chef péquiste s'est engagée à rencontrer les dirigeants de Domtar pour clarifier la situation de l'usine qui a cessé ses activités il y a trois ans. Selon elle, il est impératif de connaître leurs intentions afin d'agir dans une relance possible des installations.

«S'ils souhaitent la fermer, on saura se revirer de bord, et s'ils veulent la relancer, les travailleurs et la municipalité ont envie de mettre l'épaule à la roue pour améliorer la productivité», a dit Mme Marois.

Elle a aussi cité l'exemple de Murdochville pour souligner qu'un gouvernement du Parti québécois a déjà fait ses preuves en matière de diversification économique d'un secteur mono-industriel en difficultés.

«Murdochville est en train de renaître. Ne baissez pas les bras, retroussez-vous les manches, on va être à côté de vous», a déclaré la chef péquiste, selon qui Jean Charest évite minutieusement tout contact avec les citoyens touchés par la crise forestière.

«Moi, j'ai pas peur d'aller voir les travailleurs dans les usines, de les regarder dans les yeux et leur dire: "on va vous appuyer quand vous allez avoir besoin d'aide"», a-t-elle ajouté.

L'un des travailleurs en lock-out de l'usine Domtar, Bernard Fradette, a toutefois confié aux médias, avant sa rencontre avec Mme Marois, qu'autant le gouvernement Charest que l'actuel député péquiste Luc Ferland avaient déçu les attentes dans ce dossier.

«Le gouvernement libéral n'a rien fait, puis l'opposition péquiste n'a pas vraiment fait de démarches. Nous sommes allés à l'Assemblée nationale une couple de fois et ils ne parlaient pas beaucoup de nous autres», a-t-il témoigné, se disant indécis en vue du scrutin du 8 décembre.

Plan Nord

Par ailleurs, Mme Marois a aussi profité de son passage dans le nord du Québec pour critiquer sévèrement le plan Nord présenté au compte-gouttes par le gouvernement libéral.

Elle l'a accusé d'avoir recyclé un document déposé par le précédent gouvernement péquiste après l'avoir laissé moisir sur les tablettes, sans associer les communautés autochtones à sa démarche.

Selon elle, le manque de communications des libéraux avec les Premières Nations pourrait mettre en péril les projets de développement des ressources minières et hydrauliques que devrait entraîner l'ambitieux plan.

«Jean Charest est en train de tuer le Plan Nord. M. Charest ne fait qu'un show de boucane, mais ça va donner quoi si c'est un échec en bout de piste?» a-t-elle conclu.