Crise économique: Charest fait preuve d'optimisme

Huntington — Même s'il a déclenché des élections pour faire face à une «tempête économique», le chef libéral Jean Charest s'est montré des plus optimistes au sujet de cette crise appréhendée hier, devant les participants à la conférence annuelle de la Commission de la construction du Québec (CCQ). Il s'est défendu d'avoir profité d'un tel forum organisé par un organisme paragouvernemental réunissant patrons et syndicats pour tenir un discours clairement électoral. Il a indiqué que le CCQ est libre d'accueillir «qui il veut» et a conclu «je ne vois pas ça comme des enjeux partisans».

Dans son discours d'ouverture, le président de la CCQ, André Ménard, a remercié à de multiples reprises «le premier ministre» pour avoir participé à la conférence, «malgré un agenda très chargé». Il l'a aussi félicité d'avoir choisi la «stratégie gagnante» d'investir dans les infrastructures pour sortir de la turbulence économique. Dans son allocution, M. Charest a fait à plusieurs reprises allusion au vote du 8 décembre.

Gaulois?

Au reste, M. Charest a soutenu que, dans la crise actuelle, le Québec s'en sortirait mieux que ses voisins. «Il ne faut pas baisser les bras devant le ralentissement. Dans le fond, le défi québécois, c'est ça: c'est être les Gaulois de l'économie nord-américaine. Résister à la période de ralentissement.» Quand Le Devoir lui a souligné qu'il n'y a que dans Astérix que les Gaulois réussissent à résister à l'envahisseur, il a eu cette réponse énigmatique: «Notre histoire à nous, elle date de 400 ans, mais notre histoire à nous n'est pas finie. Celle des Gaulois elle est peut-être datée, mais la nôtre, elle continue.»

Quant à l'entente sur la main-d'oeuvre signée le 17 octobre avec les descendants des Gaulois, les Français, et dont M. Charest parle comme d'un fait accompli, elle est retardée par la présente campagne électorale, a-t-il confirmé hier. En effet, pour être appliquée, une loi modifiant le Code des professions doit être adoptée, ce qui n'a pu être fait avant le 5 novembre. Une loi doit aussi être adoptée par l'Assemblée nationale française. M. Charest ignorait quand celle-ci voterait sur le sujet, mais a soutenu qu'en juin, «on pourrait espérer régler cela. Si tout va bien». Au Québec, la loi pourrait être plus difficile à adopter, comme l'indiquait une lettre confidentielle révélée récemment par Le Devoir dans laquelle le Conseil interprofessionnel du Québec déplorait la teneur du projet de loi 105 mort au feuilleton le 5 novembre. Il déplorait aussi ne pas avoir été consulté par le gouvernement Charest. «Les autorités gouvernementales n'ont sollicité ni son avis ni celui des ordres professionnels sur des aspects qui pourtant les concernent directement», pouvait-on y lire.

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