Québec solidaire - Six milliards pour nationaliser le secteur éolien

Québec solidaire (QS) souhaite brasser du vent pour enrichir le Québec. La formation politique de gauche, qui a dévoilé hier à Montréal son programme en matière d'énergie, propose en effet de nationaliser rapidement le secteur de l'énergie éolienne, et ce, afin de s'assurer que cette richesse se retrouve à l'avenir entre les mains de «tout le peuple du Québec et non pas seulement à des entreprises privées étrangères», a indiqué une de ses deux porte-parole, Françoise David.

Cette nationalisation des parcs d'éoliennes s'inscrit dans la volonté du parti d'offrir au Québec des infrastructures collectives et écologiques afin d'affronter l'avenir de manière durable, a rappelé Mme David qui voit également dans ce projet une façon de faire face à la crise économique en créant des emplois et en développant une expertise dans un domaine d'avenir. «La sortie d'une crise économique ne doit pas nous plonger dans une crise écologique», a-t-elle poursuivi tout en qualifiant les projets libéraux en matière d'énergie de «nuisibles pour l'environnement».

Pour arriver à ses fins, le parti d'Amir Khadir et de Françoise David envisage donc la création d'Éole Québec qui, sur le modèle d'Hydro-Québec, serait chargé de planifier et d'encadrer la production et la distribution d'électricité produite par l'énergie éolienne. Québec solidaire s'engage par la même occasion à débourser six milliards de dollars pour retirer les machines à pales actuellement utilisées dans la province du secteur privé afin de les faire tourner du côté public. Ce changement de cap devrait, à terme, permettre à l'État d'engranger des revenus de 800 millions sur cinq ans, selon le cadre financier dévoilé la semaine dernière.

«Si on l'avait fait dès le début, nationaliser ne coûterait pas si cher aujourd'hui, a expliqué la porte-parole de QS. Mais ce n'est pas la voie qu'a préconisée Jean Charest.»

Éole Québec est envisagé par le parti de gauche comme une composante d'Énergie Québec, société d'État dont une des missions serait de développer des sources d'énergie vertes partout au Québec, a-t-elle rappelé. Le solaire, la biomasse ainsi que la géothermie sont au nombre de ces solutions énergétiques souhaitées par QS.

«Nous devons sortir des ornières du pétrole et du gaz, dit Françoise David. C'est le passé. Allons vers les nouvelles technologies qui existent. Aujourd'hui, être écologique, c'est penser éolien. Mais pour cela, il faut de la volonté politique.»

La volonté de Québec solidaire, elle, s'accompagne d'une «politique vigoureuse d'efficacité énergétique» qui, jumelée à l'apparition d'Éole Québec, devrait engendrer la création de 8000 emplois, à l'échelle provinciale, selon les solidaires. Par ailleurs, la gestion de ces équipements pourrait autant être donnée à des coopératives et des municipalités qu'à l'État ou à des organismes à but non lucratif, précise le programme du parti.

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