Charest et Harper, même combat, dit Marois

Des militants ont salué la chef du Parti québécois, Pauline Marois, en campagne à Sainte-Julie, hier.
Photo: Jacques Nadeau Des militants ont salué la chef du Parti québécois, Pauline Marois, en campagne à Sainte-Julie, hier.

Sainte-Julie et Valcourt — Élevant d'un cran la vigueur de ses attaques, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a mis Stephen Harper et Jean Charest dans le même sac, hier, les présentant tous deux comme des chefs assoiffés de pouvoir qui affichent le même mépris pour le Québec.

«Jean Charest et Stephen Harper, même combat», a lancé Pauline Marois devant quelques centaines de militants réunis en matinée à Sainte-Julie dans la circonscription de Marguerite-d'Youville. «Plutôt que de s'occuper de notre économie, ils ont préféré satisfaire leur quête de pouvoir personnelle.»

Pour la chef péquiste, Stephen Harper et Jean Charest, «c'est la même arrogance et le même mépris envers le Québec».

Au cours d'un point de presse en après-midi, Pauline Marois a reconnu qu'elle avait haussé le ton depuis quelques jours. «Je vais garder le même ton» d'ici à la fin de la campagne, a-t-elle dit. Mais, comme si ce ton plus agressif n'était pas dans sa nature, elle a ajouté: «Il est déjà assez haut à mon point de vue.»

La chef péquiste s'est montrée tout aussi virulente envers le chef libéral en rappelant qu'il avait été vice-président du comité du NON lors du référendum de 1995. Elle juge que Jean Charest, ce «Capitaine Canada», est bien mal placé pour faire la leçon à Mario Dumont après que le chef adéquiste eut brandi le spectre de la perte des pensions de vieillesse devant un auditoire de personnes âgées. «Les fédéralistes se sont-ils gênés, eux, pour menacer les aînés dans les centres d'accueil pour leur dire qu'ils allaient perdre leur pension ? Est-ce que vous vous souvenez de Jean Charest qui agitait son passeport lors du référendum? Jean Charest, c'est le fédéraliste qui a bâti sa carrière politique en menant des campagnes de peur», a-t-elle rappelé à ses militants.

La crise politique qui a cours à Ottawa a eu des échos, hier, dans la campagne électorale. Lors de l'assemblée péquiste à Sainte-Julie, le député du Bloc québécois de Verchères-Les Patriotes, Luc Malo, a évoqué dans son adresse aux militants le «bruit» qui proviendra d'Ottawa. «Si vous vous laissez influencer par le bruit qui va arriver d'Ottawa, ce sont nos adversaires fédéralistes qui en profiteront», a—t-il affirmé. Pour le jeune député, les militants péquistes ne doivent pas se laisser distraire.

Dans ses allocutions, Pauline Marois répète que les Québécois ne doivent pas se laisser aller «au découragement et à l'abstention». Dans son point de presse hier, la chef péquiste a admis que l'abstentionnisme des électeurs la préoccupait au plus haut point. «Le cynisme ambiant fait en sorte que [les électeurs se demandent]: "Est-ce ça veut vraiment la peine?" Et moi, c'est ce qui me fait le plus mal au coeur», a-t-elle déploré.

Pour la première fois de la campagne, Bernard Landry s'est retrouvé sur la même tribune que Pauline Marois. L'ancien premier ministre a lui aussi voulu encourager les électeurs à exercer leur droit de vote. «J'ai entendu des gens qui disent: on est enragé, on ne veut pas d'élections, on n'ira pas voter. Ce n'est pas la logique, Si tu es enragé, va punir celui qui t'a enragé. Il faut voter massivement.»

Dans son allocution qui a précédé celle de Mme Marois, Bernard Landry s'en pris au gouvernement de Jean Charest «qui a le plus contribué à affaiblir l'économie du Québec.» Les belles années pour l'économie du Québec, c'est quand il se créait 125 000 emplois par an, c'est quand «notre État national» s'est comporté comme un État moderne «et non pas comme un État néoconservateur ou ultralibéral comme c'est la politique du Parti libéral», a avancé M. Landry. Alors que l'on parle d'une refondation du capitalisme, ce ne sont pas les partis libéraux qui l'incarnent, mais bien les partis progressistes comme le PQ, a-t-il fait valoir.

Bernard Landry a rappelé qu'en 2003 Jean Charest l'avait tenu personnellement responsable des pertes de 8,5 milliards essuyées par la Caisse de dépôt et placement du Québec après l'éclatement de la bulle technologique. L'ancien chef péquiste ne veut pas rendre la pareille aujourd'hui au chef libéral. Jean Charest n'est évidemment pas responsable des pertes de la Caisse sur les marchés, juge-t-il. «C'est la Caisse qui gère quand la Bourse s'effondre. Ce n'est pas à cause de Jean Charest ni à cause de son prédécesseur», a poursuivi Bernard Landry.
 
39 commentaires
  • Etienne Merven - Inscrit 1 décembre 2008 07 h 41

    Quelqu'un peut-il éclairer ma lanterne?

    J'aimerai bien savoir pourquoi les souverainistes, indépendantistes, etc. disent-ils que les anti-souveraineté, anti-indépendance sont « arrogants », « méprisants » et « condescendants ». Je me le suis fait dire quelques fois dans le passé et, hier, c'est La Marois qui a dit de Charest qu'il était « arrogant » et « méprisant envers les Québécois ». En quoi est-il méprisant envers les Québécois? Je n'ai pas senti que Charest me méprise...
    Pourquoi utiliser ces qualificatifs? Est-ce le complexe d'infériorité et de victimisation de certains Québécois de souche qui refait constamment surface? Est-ce autre chose? Mystère...

  • Catherine Paquet - Abonnée 1 décembre 2008 08 h 19

    Merci M. Landry...

    Si j'étais Jean Charest je remercierais chaleureusement Bernard Landry d'avoir affirmé devant les troupes péquistes que "Jean Charest n'est évidemment pas responsable des pertes de la Caisse sur les marchés" dans lesquels elle doit gérer tous ses avoirs.

  • Brun Bernard - Inscrit 1 décembre 2008 08 h 44

    Insupportable Madame Marois.

    Alors si le PQ avait fait d'aussi belles choses du temps de Landry pourquoi n'est-il pas à la place de Charest aujourd'hui? Avec 125 000 emplois par an créés par le PQ au pouvoir et il est dehors? C'est étrange que les québécois ne comprennent pas que le PQ est le meilleur parti qu'il leur faut?? Cependant, tel n'est pas le cas. Charest et Harper ne sont pas pareil et là madame Marois nous raconte des crosses gros comme des camions ou alors elle se moque de nous et croit que nous sommes des imbéciles qui ne sachant pas comment ni pour qui voter. De plus, madame Marois se moque de nous car nous savons faire la différence entre les conservateurs (non néo-conservateurs avec les libéraux ou alors là aussi on se moque de nous. À Radio-Canada, une gang de jeunes ont dit que le PQ et le PLQ faisaient la même politique économique et ils soulignèrent que la Souveraineté n'étant pas à l'ordre du jour, qu'ils étaient déçus par ce manque qui fait l'essence du PQ. Ils ont raison sinon se tourne vers leur programme économique (sans "s" car ils sont les mêmes) qui sont accessibles à lire ou à connaitre par tous les citoyens. Madame Marois nous raconte des histoires à dormir debout ou à hurler de tant d'hypocrisie. Dire que le PQ est un parti progressiste, est un horrible non-sens que personne ne peut exprimer actuellement sans mauvaise foi. Un parti qui ne parle pas de ce qui fait sa singularité et ce pourquoi il fut créé, est un parti qui ment ou peut mentir aux québécois. Dire «notre État national» alors qu'il n'existe pas et pour lequel on ne veut pas se battre aux élections, c'est encore là se foutre de notre g...
    En épluchant avec rigueur ce que nous dit ou tente de nous dire Madame Marois ou le PQ, c'est la désolation la plus absolue et la démagogie la mieux rodée que nous avons du PQ depuis un certain temps. Entendre s'exprimer Madame Marois, c'est souffrir toujours plus parce qu'on comprend qu'elle ne VEUT que le POUVOIR comme les libéraux sans se battre avec vérité (vérité d'une souveraineté à acquérir sinon le PQ n'a plus lieu d'être ou alors il veut piéger l'ensemble des citoyens honnêtes du Québec. Ce qui ne devrait pas se faire puisque Madame Marois est parait-il plus honnête que M Charest). Dommage de voir un parti vendre son âme pour le pouvoir et rien que le pouvoir. Donc, pas de leçon à donner au PLQ. Même les jeunes ne sont pas dupes de ses discours sans fondements, à l'emporte pièce, à navigation à courte vue qui ne présage surtout rien de bon si le PQ est au pouvoir. Je n'aime guère M Charest mais il a le mérite de créer une certaine stabilité dont nous avons besoin actuellement. Voter pour un parti qui vend son âme n'est pas un service à rendre au Québec au contraire et nos temps actuels ne peuvent se permettre une telle erreur politique. Dans lefond, c'est Québec solidaire quiva réussr à prendrela palce du Pq car ces dirigeant sont plus jeunes, plus avertis de la chose dit des problèmes contemporains et nons les Lionel Groulx du PQ et ils peuvent ouvrir de larges horizons pour le futur. PQ, PLQ, ADQ, à la poubelle et hop, on change pour le meilleur et le plus vrai. Nous sommes assez vigilant pour ce faire.

  • GERARD LAMONTAGNE - Inscrit 1 décembre 2008 09 h 04

    Bernard Landry

    Il me semble que nous l'avons assez entendu celui-là. Quand la population rejette un gouvernement , ce n'est pas seulement le parti au pouvoir, mais ce sont aussi ses représentants principaux.

    Lors du départ de René Lévesque certains messieurs étaient tellement passionnés du pouvoir, à tel point, qu'ils ne peuvent pas encore abandonner de faire de la politique active.

    C'est la perte de confiance dans les successeurs de Lévesque qui est le plus gros obstacle à la souveraineté. Les analystes à l'intérieur du parti ne peuvent pas dire cela, mais nous nous le savons.

    C'est une autre génération qui aura oublié celle-ci qui pourra reprendre le flambeau; entre temps il faut que l'option reste sur la table pour comme une menace pour faire obstacle aux attaques d'Ottawa.

  • Jean-G. Lengellé - Inscrit 1 décembre 2008 09 h 07

    Le pas dans la mauvaise direction

    En choisissant l'attaque plutôt mesquine et souvent non-fondée, comme l'allusion à ce que faisait M. Charest en 1995, ou en le traitant de menteur à répétition Mme Marois est en train de redonner vie aux mythes de la bassesse et de l'hypocrisie féminine. Au lieu de tabler sur ce qu'une femme aurait à offrir de sain et de positif, elle en montre la méchanceté, la propension à dire n'importe quoi, la hargne, l'insulte gratuite et la vengeance sournoise.
    De Castafiore, somme toute personnage sympathique, elle devient Cruella!
    Comme dit le proverbe, on n'attire pas les mouches avec du vinaigre.
    Tant pis pour elle!