Dumont milite pour une opposition forte

Sous les yeux de son fils Charles, le chef adéquiste, Mario Dumont, a échangé un intense regard avec une dame de Saint-Jean-sur-Richelieu. Si Dumont semblait avoir abandonné l’idée d’être élu premier ministre, il refuse de baisser les bras com
Photo: Jacques Nadeau Sous les yeux de son fils Charles, le chef adéquiste, Mario Dumont, a échangé un intense regard avec une dame de Saint-Jean-sur-Richelieu. Si Dumont semblait avoir abandonné l’idée d’être élu premier ministre, il refuse de baisser les bras com

Saint-Rémi — À défaut d'élire un gouvernement adéquiste, la population devrait au moins s'assurer qu'il y ait une bonne représentation de députés de l'ADQ à l'Assemblée nationale, estime Mario Dumont. L'objectif: éviter de laisser aux libéraux le champ libre pour effectuer des nominations partisanes et cacher de l'information importante.

Le discours présenté hier par M. Dumont dans une cabane à sucre de Saint-Jean-sur-Richelieu semblait être celui d'un homme qui a abandonné l'idée d'être élu premier ministre. Mais le chef adéquiste refuse de baisser les bras complètement: au contraire, il attaque sans relâche son adversaire libéral.

«Les élections ne sont même pas terminées et [M. Charest] a déjà le nez dans le catalogue de voitures», a lancé hier le chef adéquiste devant une centaine de militants outrés, rassemblés dans une cabane à sucre de Saint-Jean-sur-Richelieu.

La salle a réagi fortement quand M. Dumont a fait référence à une nouvelle publiée hier dans Le Journal de Montréal. On y indiquait que le premier ministre avait fait commander en pleine campagne électorale une luxueuse voiture de fonction pour son épouse.

Vérification faite, la limousine a toutefois été commandée en août. Mis au courant de cette précision, M. Dumont a indiqué que ça ne changeait pas le fond de l'histoire: «Il est clair que même si c'était au mois d'août, le premier ministre planifiait cette élection depuis longtemps», a-t-il dit.

«Ce qui est le plus préoccupant pour [M. Charest], c'est de prendre pour acquis le vote des Québécois, et de commencer déjà à commander des voitures pour le prochain mandat», a donc dit M. Dumont à ses partisans. Un grand murmure de protestation a alors traversé l'assistance. Près du groupe de journalistes qui suit la campagne de l'ADQ, une dame d'une soixantaine d'années secouait la tête en sacrant, incrédule.

«Arrogance»

Plus tôt, lors d'un passage dans une ferme laitière de Saint-Rémi, M. Dumont avait dénoncé que M. Charest «vende la peau de l'ours avant de l'avoir tué», en «enclenchant déjà les dépenses du prochain mandat». «Ça dénote une certaine arrogance. On peut imaginer le genre d'état d'esprit qui règne chez les libéraux. Ce sont des gens très sûrs d'eux, au-dessus de tout le monde. Ils sont déjà à préparer le prochain mandat.»

Selon le chef de l'ADQ — qui faisait tournée hier en Montérégie —, la population doit se demander «quelles sont les vraies motivations de Jean Charest». «Il n'y avait aucun problème [avec le gouvernement minoritaire en place à Québec]. Alors, pourquoi souhaiter un gouvernement majoritaire? Parce que c'est plus facile de faire des nominations partisanes. Parce que ça donne plus de marge de manoeuvre dans l'attribution de contrats aux amis du régime. [...] C'est beaucoup ça qu'on voit dans l'appétit des libéraux pour un gouvernement majoritaire. C'est l'appétit des récompenses», a-t-il dit en faisant référence notamment à la nomination récente de 10 juges qui contribuent à la caisse du PLQ.

Joe le plombier

Par ailleurs, M. Dumont semble avoir trouvé son «Joe le plombier» de la campagne. Dans la dernière ligne droite de la campagne américaine, le candidat républicain John McCain avait fait de multiples références à cet Américain effrayé par les politiques fiscales de Barack Obama.

La semaine dernière, Jean-Guy Dumas, un retraité sexagénaire atteint d'un cancer de la prostate, avait appelé dans une tribune téléphonique de Québec pour raconter que l'opération qu'il devait subir pour une ablation de la prostate avait été annulée avec un préavis de 10 minutes, faute de lits disponibles pour son rétablissement.

Informée de cette intervention, l'équipe de l'ADQ a invité M. Dumas à venir témoigner de cette même histoire devant Mario Dumont, samedi à Beauport. Hier, M. Dumont en a parlé de nouveau, car M. Dumas incarne à ses yeux les grandes dérives libérales. «Comme retraité, c'est quelqu'un à qui Jean Charest ne dit pas la vérité [une allusion aux fonds de la Régie des rentes du Québec gérés par la CDP]. Comme malade, c'est quelqu'un envers qui Jean Charest n'a pas tenu ses promesses de 2003. Il devient un symbole important de notre campagne.»