Québec solidaire accuse le PLQ d'avoir modifié le mandat de la Caisse

Le dossier de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) n'a pas fini de causer des ennuis au chef du Parti libéral, Jean Charest.

C'était hier au tour du porte-parole de Québec solidaire (QS), Amir Khadir, de demander à M. Charest de reconnaître son erreur et d'avouer sa responsabilité quant à son choix politique de modifier le mandat de la Caisse de dépôt, en assumant la responsabilité des conséquences qui s'en sont suivies.

M. Charest a fait preuve d'ingérence politique en 2003, a dénoncé M. Khadir, en imposant un changement de mandat à la CDPQ, qui avait alors un mandat de développement économique, et en encourageant le président-directeur général de la CDPQ, Henri-Paul Rousseau, à favoriser la recherche d'un rendement maximum à court terme.

«Nous accusons M. Charest d'avoir dilapidé l'épargne collective des Québécois par choix politique, en 2003, quand il a abandonné l'un des deux mandats de la Caisse de dépôt et encouragé Henri-Paul Rousseau à changer la culture institutionnelle de la Caisse à la recherche d'un profit maximum, d'un profit rapide, à la recherche finalement du mirage», a renchéri le porte-parole de QS.

M. Khadir a rapporté, en conférence de presse, que 40 % des actifs de la CDPQ auraient été placé en Bourse et que 21 % des investissements de la Caisse auraient été faits auprès d'entreprises financières qui se construisent sur la spéculation. QS s'est basé sur des chiffres de février 2007 obtenus auprès de la banque de données de Thompson Financial Bank One.

Par ailleurs, le parti a déploré le manque de mission sociale qui transparaît dans les choix de la Caisse et il demande à l'institution d'investir surtout, et avant tout, dans des titres et des obligations qui ont une vocation de développement ainsi que des critères de responsabilité sociale, environnementale et de coopération internationale.

Plus du tiers des placements de la CDPQ auraient été investis dans le domaine de la haute technologie et le quart dans l'exploitation des ressources, selon les chiffres de M. Khadir.

«Quiconque connaît la structure industrielle des entreprises minières et forestières au Québec sait très bien que l'exploitation des ressources, c'est de l'argent que font des multinationales étrangères en dilapidant une bonne partie de nos ressources au Québec», a déploré M. Khadir.

«Ça veut dire que la Caisse de dépôt, à la recherche du rendement maximum, devient complice de la dépossession de notre terroir», a-t-il ajouté.

M. Khadir a également réitéré la volonté de QS de voir la Caisse investir davantage au Québec, et pourquoi pas la majorité de son actif si cela profite à la province.

Présentement, ce sont 85 % des placements de la CDPQ qui ont été faits à l'étranger, «ce qui est inadmissible pour Québec Solidaire», a indiqué M. Khadir.

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