Une Lexus pour Michèle Charest: une décision de la Sûreté du Québec

Sherbrooke — Le chef libéral Jean Charest nie que ce soit lui qui ait commandé une voiture de fonction pour son épouse Michèle, affirmant que c'est la Sûreté du Québec (SQ) qui s'occupe de ces choses et que, de toute façon, c'est la coutume depuis plusieurs années.

«C'est la SQ qui prend ses décisions là parce que cela relève de la sécurité», a-t-il dit.

Faisant campagne à Sherbrooke hier, le chef libéral a dû commenter un article paru dans Le Journal de Montréal, faisant état de l'achat d'une Lexus, une voiture de fonction pour son épouse.

M. Charest a d'abord indiqué qu'une telle voiture était en usage pour l'épouse du premier ministre depuis l'époque de Corinne Côté-Lévesque, la conjointe de feu René Lévesque.

Il a ensuite précisé que sa seule intervention dans ce dossier avait été de demander à ce qu'il s'agisse d'une voiture hybride, pour des raisons écologiques. «Le reste relève de la SQ», a-t-il insisté.

Il a aussi fait valoir que le contrat de location de l'actuelle voiture arrivait à échéance en août et que la voiture avait fait son temps, qu'il fallait donc la renouveler. «Cela n'a rien à voir avec la campagne électorale, rien!»

Le chef libéral a précisé qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une voiture de fonction, mais d'une voiture qui est mise à la disposition de sa femme pour certains de ses déplacements seulement.

M. Charest a déclaré que la chef du Parti québécois, Pauline Marois, avait aussi demandé à obtenir une voiture de déplacement en tant que chef du deuxième parti d'opposition lorsqu'elle a remplacé André Boisclair à la direction du PQ. «On a accédé à sa demande, a-t-il affirmé. C'était normal.»

Marois outrée

Pauline Marois a de son côté saisi l'occasion pour dénoncer son adversaire. «Alors que les Québécois sont inquiets de ce qui se passe dans leurs placements, qu'ils sont inquiets de leur avenir, il me semble que de se payer trois voitures de luxe sur le dos des contribuables, c'est inacceptable.»

Tout comme Mario Dumont (voir autre texte), Mme Marois juge choquant de voir que M. Charest «prend les Québécois pour acquis». «Il prend des décisions qui entraînent des dépenses, qu'une autre personne ne prendrait pas», juge-t-elle.

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Avec Robert Dutrisac

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