Marie Deraîche dans Chutes-de-la-Chaudière - Une députée sortie de l'ombre

Après avoir été l’attachée de presse de Mme Carrier-Perreault au début des années 1990, Marie Deraîche a travaillé au sein des cabinets des ministres Jean Rochon et Maxime Arseneau. «Ça me fait drôle de me voir sur les affiches vous savez, m
Photo: Après avoir été l’attachée de presse de Mme Carrier-Perreault au début des années 1990, Marie Deraîche a travaillé au sein des cabinets des ministres Jean Rochon et Maxime Arseneau. «Ça me fait drôle de me voir sur les affiches vous savez, m

Québec — Ancienne attachée de presse de la députée de sa circonscription, la péquiste Marie Deraîche a décidé de sortir des coulisses pour se porter candidate sur la Rive-Sud dans la région de Québec. C'est désormais son visage que l'on voit sur les pancartes électorales tandis que l'ancienne députée, Denise Carrier-Perreault, travaille dans les coulisses.

Passée presque inaperçue depuis le début de la campagne, Marie Deraîche est sûrement l'une des aspirantes les plus expérimentées du parti dans la grande région de Québec.

Mais c'est une expérience acquise dans l'ombre, concède-t-elle de sa petite voix. «Ça me fait drôle de me voir sur les affiches, vous savez, moi, j'ai l'habitude des coulisses.»

Assise à ses côtés, l'ancienne députée Denise Carrier-Perreault se réjouit de pouvoir rendre la pareille à son ancienne attachée de presse. «Ce n'est pas parce qu'on se retire qu'on n'a plus de convictions et qu'on ne travaille plus bénévolement...», explique celle qui a représenté Chutes-de-la-Chaudière de 1989 à 2003.

La rencontre a eu lieu jeudi dans un restaurant de Charny, en plein coeur de cette circonscription située entre Lévis et Lotbinière. Après plus de deux semaines de campagne, les affiches de la candidate venaient à peine d'être posées. Un symptôme de plus des ratés de l'organisation dans la région.

Mais Mme Daraîche a confiance et arbore fièrement un macaron fait maison sur lequel on peut lire son nom et le slogan «Expérience, idées, action». «C'est pour que les gens me reconnaissent dans les cocktails et tout ça, parce que, moi, je ne suis pas connue.»

Après avoir été l'attachée de presse de Mme Carrier-Perreault au début des années 1990, elle a travaillé au sein des cabinets des ministres Jean Rochon et Maxime Arseneau.

C'est la belle époque pour le Parti québécois... Mais en 2003, la circonscription des Chutes est l'une des premières à miser sur l'ADQ en élisant Marc Picard. Deux ans plus tard, Mme Deraîche devient conseillère politique de la nouvelle mairesse de Lévis, Danielle Roy-Marinelli.

Lors des dernières élections, la région de Chaudière-Appalaches donne une gifle au PQ qui se classe troisième partout sauf dans Lévis et Chutes-de-la-Chaudière. Or dans la circonscription de Mme Daraîche, l'équipe de Mario Dumont recueille l'une de ses plus fortes majorités avec plus de 60 % des voix.

La candidate concède que la population de sa circonscription a le profil type pour sourire à l'ADQ. «Il y a eu un vent. C'est peut-être à cause de la population parce qu'on a beaucoup de 29-54 ans», dit-elle en faisant allusion à la percée des «radios» .

Lorsqu'elle parle de ses propres enfants, Mme Daraîche résume bien malgré elle la fracture générationnelle qui tiraille son parti. «Mes filles ont 31 et 28 ans. [...] Elles sont politisées, mais pas de la même façon que moi. Elles ne voient pas la même chose dans la souveraineté. Les chicanes politiques... Ce n'est pas la même génération.»

Non, assure-t-elle, la circonscription n'a pas rejeté le PQ à tout jamais. Et si la descente aux enfers de l'ADQ se poursuit, Chaudière-Appalaches pourrait retourner à ses anciennes amours. Mme Carrier-Perreault prévoit que la Beauce élirait les libéraux alors que son ancienne circonscription regagnerait le PQ.

«Les Chutes-de-la-Chaudière, on ne ressemble pas à la Beauce. On ressemble plus à la rive-sud de Montréal. On est en banlieue, il y a un peu d'agriculture, mais c'est plus urbain, plus scolarisé.»

Quand on lui fait remarquer que le soutien à l'ADQ n'a pas l'allure d'un phénomène passager, Mme Carrier-Perreault nous rappelle à ses beaux souvenirs. «Il faut quand même se rappeler que, lors du référendum de 1995, le comté des Chutes-de-la-Chaudière est celui qui a performé dans l'Est, si on exclut le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ici, le comté a recueilli près de 62 % du vote pour le oui. Ce sont des gens politisés et aussi souverainistes.»

De toute façon, pour convaincre les électeurs, Mme Daraîche mise sur des problèmes très concrets, comme le transport en commun. Le service est bon, mais «financé de manière inéquitable» explique-t-elle. «Nos citoyens paient 30 $ d'immatriculation. Et sur les deux millions recueillis chaque année, il y a un million qui sert à financer la Rive-Nord. Ça, c'est de l'argent qui ne sert pas à financer notre propre service.» Le réaménagement de certaines routes est une autre source de préoccupation. Mme Daraîche parle aussi de la construction d'une nouvelle piscine publique.

Parlant de piscine, elle dit «ne pas compter sur une vague pour être élue». «Ça va sonner prétentieux, mais je pense que ma personne va faire la différence. Mon expérience. Maintenant, s'il y a une vague, c'est sûr qu'on va en profiter!»