Le chef déchu des verts invite ses anciens amis à le rejoindre au PQ

Scott McKay
Photo: Scott McKay

L'Assomption — Les verts n'ont actuellement aucune chance de faire élire un député au Québec: mieux vaut donc voter PQ dans ces circonstances, a lancé hier l'ancien chef des verts Scott McKay, maintenant candidat péquiste dans L'Assomption. Le parti de Pauline Marois a ainsi officiellement tendu la main aux verts du Québec, hier.

C'est après avoir présenté ses engagements environnementaux dans un terrain vague de L'Assomption et sous un vent glacial que Pauline Marois a demandé à Scott McKay de s'adresser à ses anciens supporteurs, hier matin.

Celui qui a dirigé les verts lors de la dernière élection — et qui était encore candidat de ce parti lors de la partielle dans Bourget en mai dernier — a alors demandé «respectueusement [aux verts] de considérer le PQ comme la meilleure option pour l'environnement».

«On peut affirmer sans l'ombre d'un doute que c'est le parti qui peut le plus rapidement et efficacement répondre aux exigences que nous impose le défi environnemental», a fait valoir M. McKay. Interpellant directement les verts, l'ancien chef a indiqué que, «devant l'immobilisme du gouvernement Charest, il est de notre responsabilité, nous qui avons travaillé si dur pour l'environnement, de revenir aux sources».

Ce qui veut dire, pour lui, «revenir au parti qui a tant fait pour l'environnement» et qui a la «possibilité de pouvoir agir dès maintenant».

Interrogé en point de presse sur son apostasie, M. McKay a indiqué en être «venu à la conclusion qu'avec le système électoral actuel, les verts n'ont aucune chance» de faire valoir leurs idées à l'Assemblée nationale. Refusant de dire s'il souhaitait qu'au moins un député vert soit élu, M. McKay a dit plutôt souhaiter une réforme du mode de scrutin.

Au terme d'un vote serré, M. McKay a perdu son poste de chef en mars dernier au profit de Guy Rainville. En entrevue à la radio de Radio-Canada hier midi, M. Rainville a raillé la proposition de Scott McKay. «Suivez son conseil, quand il disait que le PQ, c'était juste de la peinture verte. Il trouvait que le PQ et le PLQ avaient beaucoup de bonnes intentions, mais que ça ne se transformait jamais en action. Nous, on a un programme sérieux», a-t-il dit.

Programme

En fait de programme, celui du PQ propose d'augmenter de 15 % le nombre d'inspecteurs chargés de faire appliquer la Loi sur la qualité de l'environnement (LQE) au Québec. Cette mesure de 2,5 millions gonflera les effectifs d'inspection de 270 à 310 personnes.

Le PQ entend toucher à la réglementation sur la qualité de l'air afin d'uniformiser les pratiques, et réviser la LQE de façon à contraindre les entreprises à se doter de technologies vertes. De plus, une nouvelle politique de gestion des matières résiduelles sera adoptée pour accélérer les efforts de compostage et de recyclage.

À ce sujet, Pauline Marois a indiqué vouloir augmenter les droits reliés à l'enfouissement des déchets. «Il pourrait y avoir un impact sur le compte de taxes des citoyens», a-t-elle reconnu en souhaitant que cela mène «les gens à jeter moins de matière aux poubelles, et les municipalités à avoir des politiques plus importantes» en ce sens.

Toutefois, il n'est pas dans les intentions du PQ de se montrer plus punitif envers les pollueurs. Il n'est ainsi pas question d'augmenter le montant des amendes actuellement imposées pour diverses infractions. On privilégie plutôt «d'augmenter les exigences». Mme Marois a aussi rejeté l'idée d'implanter des compteurs d'eau dans les résidences.

Le PQ a finalement confirmé hier son objectif de réduire de 20 % les gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020, cela par rapport au seuil de 1990, année-référence de Kyoto. Les engagements libéraux et adéquistes en matière d'environnement ne sont pas encore connus.

À voir en vidéo