L'ancienne ministre de l'Éducation défend sa réforme

Laval — Si la réforme scolaire a connu tant de déboires et de détours, ce n'est pas la faute de celle qui l'a mise en oeuvre, mais bien de ses successeurs, a indiqué hier Pauline Marois.

Ministre de l'Éducation entre 1996 et 1998, au moment du coup d'envoi de la réforme née des États généraux sur l'éducation, Mme Marois refuse tout blâme pour ces problèmes. «J'ai engagé une réforme sur la base de faire en sorte que nos enfants sortent de l'école en sachant lire, écrire, compter. C'était l'objectif. La réforme a été bien engagée, mais on l'a abandonnée en cours de route», a indiqué Mme Marois lors d'un point de presse à Laval.

Enflammée, Mme Marois a poursuivi en accusant les libéraux d'avoir complètement «dénaturé» la réforme. «Quand Pierre Reid est arrivé, la première chose qu'il a faite, sans consulter personne, a été de retarder la réforme d'un an. Les libéraux ont démissionné, ils ne se sont pas occupés de cette réforme. Elle a pris toutes sortes de tournures dont je ne suis pas responsable.»

Mme Marois a affirmé qu'il aurait fallu que le gouvernement «ajuste la réforme en fonction des difficultés qu'elle rencontrait», notamment sur la question du redoublement et sur l'appellation des «compétences transversales» dont on aurait dû «simplifier le langage».
 
3 commentaires
  • Régine Pierre - Inscrite 18 novembre 2008 09 h 40

    Madame Marois est doublement responsable de l'échec de la réforme scolaire

    La réforme lancée par Madame Marois est un échec parce qu'elle est assise sur des fondements qui ne tiennent pas et sur un amas de mensonges. C'est vrai, comme le reconnaît Madame Marois, que le premier objectif devait être de réformer l'enseignement de la lecture pour mettre fin aux 35% de décrochage scolaire et aux 20% d'analphabétisme que les statistiques montraient déjà à l'époque. Mais il n'y a eu aucune réforme de l'enseignement de la lecture. Les maisons d'édition n'ont fait que rééditer la même approche et la même méthode que le Ministère de l'éducation impose depuis la grande réforme de 1979 : l'approche Whole-Language et la méthode globale. Pourquoi cela? Parce que ceux qui ont pensé cette réforme ne savaient même pas qu'il y avait eu une réforme en 1979!!! Bien plus, ils ignoraient que les programmes et les méthodes en vigueur jusqu'à l'implantation de la réforme 2000, étaient issus de la réforme de 1979!!! Et cela fait dix ans que l'on nage dans l'ignorance et le mensonge.

    Comment peut-on expliquer qu'une telle situation ait pu se produire alors que le Québec s'est doté de facultés de sciences de l'éducation, il y a 40 ans? Tout simplement parce qu'en même temps qu'elle lançait sa réforme, madame Marois a contribué à faire mettre à la retraite anticipée les didacticiens et les enseignants qui avaient pensé et fait l'école québécoise depuis le rapport Parent. Quant à ceux qui ont refusé de partir, on s'est arrangé pour que personne ne les entende et surtout que personne ne puisse les croire.

    Avant la réforme 2000, nous étions une des écoles les plus performantes et les plus progressistes au monde. Nous étions un modèle pour bien des pays qui auraient pu profiter de notre expérience. Un petit pays qui s'était donné, avec la réforme Parent, les moyens de rejoindre les plus grands et qui y était parvenu en moins de 50 ans.

    Cela prendra plus que dix ans pour reprendre notre place surtout que les autres pays qui s'étaient engagés dans la même voie ont abandonné ce modèle de réforme depuis plus de deux ans pour retrouver le chemin de la réussite.

    Retrouver le chemin de la réussite ne signifie pas de revenir en arrière comme le propose Mario Dumont et comme l'a fait malheureusement Madame Courchesne.

    Espérons que le parti qui gagnera ces élections entendra enfin la voix de l'expérience et de l'expertise. Comme l'écrivait Jacques Delors en conclusion du rapport sur l'éducation pour le XXIe siècle piloté par l'UNESCO: «L'éducation un trésor est caché dedans.»

    Aucune mesure n'a autant d'impacts sur le développement d'une société à tous les niveaux, y compris au niveau économique, que les mesures qui favorisent le développement de l'éducation pour tous.

  • Zach Gebello - Inscrit 18 novembre 2008 12 h 08

    Et ça donne des cours d'éthique !

    «J'ai engagé une réforme sur la base de faire en sorte que nos enfants sortent de l'école en sachant lire, écrire, compter. C'était l'objectif. La réforme a été bien engagée, mais on l'a abandonnée en cours de route»(Pauline Marois)

    C'est vrai. Mme Marois a engagé une réforme qu'elle a commandée à Paul Inchauspé de faire les consultations et d'en préparer le rapport, puis c'elle-ci a été acceptée par les citoyens. C'était une réforme du retour à l'accadémique.

    C'est vrai. Mme Marois l'a abandonné en cours de route en tablettant cette réforme Inchauspé sous la pression du Conseil Supérieur de l'Éducation qui en entrerpit une autre, lui même sous pression des "socioconstructivistes" (constructeurs de sociétés) de l'UNESCO. De réforme accadémique, elle devient réforme de pédagogie socioconstructiviste imposée aux profs et aux parents. De l'endoctrinement comportemental et dictature des valeurs.

    Mme Marois le dira elle-même seulement quelques mois après le rapport Inchauspé:

    "Dans "l'École, tout un programme", la ministre de l'éducation, Pauline Marois fera clairement allusion au fait que la réforme qu'elle propose n'est pas un acte isolé, mais s'inscrit dans un vaste mouvement international : (...) En outre, ces choix correspondent pour l'essentiel à ceux que font présentement la plupart des pays occidentaux en matière de contenus d'enseignement, mais ils tiennent compte de notre contexte culturel propre. »

    http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/viepedagogique

    Or, tout le monde sait que le Québec n'a pas de siège à l'UNESCO. C'est donc sous les directives du représentant fédéral que cette réforme "internationale" se fait. So much pour les compétences du Québec en éducation et GO pour les compétences fédérales multiculturelles transversalles. Déjà en 1998, la Ministre de l'Éducation, Pauline Marois, souverainiste, avait perdu contrôle de la réforme aux mains des Libéraux fédéralistes.

    C'est le PQ lui-même, si pressé de déconfessionalisé et créer l'appartheid scolaire linguistique qui préparera le terrain avec le projet de loi no 95 pour modifier les droits aux parents de l'article 41 de la charte et dont le PLQ profitera joyeusement en 2005 pour imposer sa doctrine par le ECR sur toute la réforme. Projet de loi qui sera présenté comme projet de déconfessionalisation sans aborder la perte, par ricochet, des droits et libertés des parents. C'est dès 2002 (gouv PQ) que le Conseil Supérieur de l'Éducation avec son nouveau directeur, Jean Pierre Proulx (Président du Groupe ministériel de travail sur la place de la religion à l'école de 1997 à 1999, et ancien chroniqueur religieux au Devoir), entamera une réforme "prise 2" qui sera cette fois une doctrine "occidentale" par la pédagogie.

    Pour cette tâche, Jean Pierre Proulx fera appel à un autre collaborateur au Devoir, Georges Leroux, prof de philosophie à l'UQAM et Correspondant canadien pour la Bibliographie de la philosophie de l'UNESCO. Or, chose qui devrait attirer notre attention lorsqu'il s'agit de construire une doctrine des idées c'est les gens avec lesquels nous en partageons et dans ce cas-ci ce serait le fait que M. Leroux fut un "confident" du récemment décédé philosophe et historien de la culture, Raymond Klibansky, depuis 1946 professeur à la très nationaliste québécoise université McGill (in Montreal).

    Ce qui frappe ici c'est le parcours du sociologue-philosophe Klibansky d'avant son arrivée en 1946 à McGill qui franchement nous fait se questionner sérieusement sur quels principes son confident Georges Leroux nous a t'il préparé un cours d'éthique !

    Raymond Klibansky, professeur émérite, Membre de la Société royale du Canada, Compagnon de l'Ordre du Canada, Grand Officier de l'Ordre national du Québec (C'est à se demander pourquoi, le Québec possédant un tel génie depuis 1946, le Conseil Supérieur a nommé son confidant Leroux qui n'a rien de tous ces mérites plutôt que nommer Klibansky directement!) est né en 1905 d'une riche famille juive allemande spécialisée dans l'import-export. Vers 1931 Klibansky a des liens très intimes avec la famille de banquiers juifs allemands Warburg qui ont aussi été les financiers, avec les Rockefeller aux USA (Standard Oil), du régime nazi. Lorsque vers 1937 la World Zionist Organisation proposa à Hitler de donner un "coup de pouce" (progroms nuits de cristal) aux juifs allemands de fuir vers la Palestine, Klibansky et les Warburgs décidèrent qu'il serait temps pour eux aussi de quitter l'Allemagne. C'est donc avec les coffres de la banque M. M. Warburg and Co. de Hamburg qu'ils quittent sans problème aucun, dans le plus grand confort, vers l'Angleterre où ils rouvriront la banque et poursuiveront leurs financements de la machine de guerre nazi et de la société chimique I.G. Farben près de Auschwitz, profitant du labeur gratuit du travail forcé des détennus (toujours en collaboration intime avec les cousins Warburg au New Jersey et Rockefeller qui avec sa Fondation Rockefeller finance alors la fondation du Bureau International de l'Éducation qui organise sa première Conférence internationale de l'instruction publique). Klibansky qui profite de l'imposante "bibliothèque Warburg" ainsi que de leur hospitalité, décide quant à lui de se faire utile à l'effort de guerre de l'Angleterre et obtient un poste aux services secrets de l'Armée Britannique pour laquelle il offrira ses connaissances des stratégies des guerres anciennes et mythologies d'antiquité. Étrangement, bien qu'au coeur de l'intimité de la famille Wargurg, cet agent des services secrets britanniques n'aura rien remarqué sous son nez.

    En 1946, la guerre terminée, Kiblansky quitte pour Montréal et entre à McGill, les Warburgs rouvrent leur banque en Allemagne défaite et le Bureau International de l'Éducation de la Fondation Rockefeller entre à l'UNESCO.

    Un Klibansky qu'on dit un génie à perçevoir les détails des sociétés les plus complexes, mais qu'en fait ne peut même pas voir ce qui se passe dans sa maison et une Marois souverainiste qui ne reconnaît pas un fédéraliste à deux pas.

    Ou bien des hypocrites.

  • Guy Fafard - Inscrit 18 novembre 2008 14 h 31

    C'est pas de ma faute, c'est lui le coupable.

    La même mélopée répétée.