L'ancien député St-André quitte le PQ

Gatineau — Le Parti québécois ne voulait plus de Jean-Claude St-André, alors il n'a plus voulu du parti. Hier, l'aspirant candidat dans L'Assomption a annoncé qu'il quittait le PQ, pour lequel il fut député de 1996 à 2007 et candidat à la chefferie en 2005.

Mise au courant de la décision de M. St-André, Pauline Marois a indiqué trouver «dommage» son départ. «Dans notre parti, le droit à la dissidence existe, a-t-elle dit. Il aurait pu rester, et d'ailleurs il peut revenir. Mais pas comme candidat.» La candidature de M. St-André pour les présentes élections a été rejetée par l'exécutif du PQ. Le candidat ne s'était pas rallié à la nouvelle plate-forme reportant aux calendes grecques un référendum, et son exécutif local traînait une dette de 50 000 $ depuis la dernière campagne électorale.

Le rejet de M. St-André a mis en colère quelques purs et durs du parti samedi dernier. À l'investiture de Scott McKay, qui sera finalement candidat du PQ dans L'Assomption, des échauffourées ont éclaté entre les partisans de M. St-André — affiliés aux Jeunes Patriotes du Québec — et les services de l'ordre du PQ. Des coups ont été échangés, et Pauline Marois a vivement déploré des incidents passablement gênants en pleine campagne électorale.

Le lendemain, les Patriotes ont tenu une manifestation avertissant Mme Marois qu'elle «entendrait parler d'eux tout au long de la campagne», certains promettant de faire dérailler sa campagne.

Dans un communiqué diffusé hier après-midi, Jean-Claude St-André mentionne que Mme Marois a «bafoué des préceptes [de démocratie] et a contrevenu aux règles du PQ. Elle est la seule responsable des événements malheureux de la fin de semaine».

Jugeant «déplorable que des militants dévoués à la même cause en viennent aux coups entre eux», M. St-André estime néanmoins que le geste de Mme Marois était grave. «Il signifie que tous les membres du PQ viennent de perdre le droit de choisir leur candidat en vue d'une élection. Dorénavant, tous les chefs du Parti québécois pourront exclure un candidat pour ses opinions», affirme M. St-André.

Ce dernier a indiqué qu'il ne participera pas, ni directement ni indirectement, à la campagne en cours. En 2005, il avait reçu moins de 1 % des voix à la course à la succession de Bernard Landry. Il était associé à l'aile la plus radicale du PQ en matière d'accession à la souveraineté.

Par ailleurs, Scott McKay a indiqué hier matin qu'il n'a «jamais craint» pour sa sécurité, ni au moment de son investiture — à laquelle il n'a pu assister — ni depuis.
15 commentaires
  • Yvon Sylva Aubé - Inscrit 13 novembre 2008 00 h 14

    BONJOUR LA DÉMOCRATIE MME MAROIS !

    Le P.Q. a toujours été un parti infiltré par leurs adversaires fédéralistes dont la devise est "diviser pour mieux régner" et ça fonctionné pendant 40 ans. Ils ont toujours mangé leur chef, on va bien voir avec Mme Marois.
    Moi je pense que la démocratie prend l'bord et la souveraineté aussi avec le P.Q. un parti provincial. Honte.

  • Steve Beauchamps - Inscrit 13 novembre 2008 02 h 47

    Qui va pleurer?

    Le départ de M.St-André est pour plusieurs militant un soulagement. S,il vraie qu'il y a des Pur et Dur au Parti, il y a aussi des modérer et inclusivif qui ne vois pas la souveraineté comme le grand jour de la révolution mais seulement comme un outils de changement vers une Québec meilleur et du certaine facon plus évoluer au niveau sociale et morale.

    Bonne continuation M. St-André

  • Denis Lussier - Inscrit 13 novembre 2008 05 h 10

    Jean-Claude St-André

    Bonne chose qu'il ait quitté le PQ. D'ailleurs c'est la grande faiblesse du PQ d'accepter n'importe qui dans leurs rangs sans les scrutiner à l'avance,dans l'espoir d'obtenir un vote de plus pour un futur oui. Si le PQ décidait d'éliminer tous les indésirables du parti, il pourrait recruter plusieurs nouveaux membres qui ne veulent rien savoir des purs et durs indésirables et fauteurs de troubles. Le prochain à quitter devrait être Marc Laviolette,avec qui personne ne veut être associé. Merci

  • Maurice Arbour - Inscrit 13 novembre 2008 07 h 28

    Bon débarras!

    Le Parti n'a pas besoin de ceux qui refusent les règles du jeu démocratique que l'ensemble des militants se donnent et qui veulent imposer leur point de vue à l'encontre des décisions de la majorité, coûte que coûte. Bravo, Mme Marois!

  • Laurent Labrecque - Inscrit 13 novembre 2008 07 h 34

    Incompréhension ou ignorance?

    M. Bourgault-Côté,

    Écrire comme vous le faites que le PQ a renvoyé le référendum sur la souveraineté aux calendes grecques suppose l'une des choses suivantes : une incompréhension de ce qui a réellement été décidé par le PQ ou une ignorance ce que signifie l'expression renvoyer aux calendes grecques, c'est-à-dire renvoyer à un temps qui ne viendra jamais. J'exclus l'incompréhension feinte, c'est-à-dire la mauvaise foi. Le Parti québécois a décidé de ne pas se donner l'obligation de tenir un référendum à un moment autre que celui qui lui paraîtra approprié, soit à un moment où il lui semblera possible de la gagner. Ce n'est pas du tout la même chose. Il me semble qu'un journaliste devrait se faire un devoir de connaître le sens des mots qu'il utilise et surtout, de connaître les faits. La remarque vaut également pour votre collègue, le chroniqueur Michel David, qui se permet également de parler de renvoi aux calendes grecques.