Les verts veulent redonner un sens à la démocratie

Le chef du Parti vert, Guy Rainville
Photo: Jacques Grenier Le chef du Parti vert, Guy Rainville

Remettre les élus au service de la population. S'il est conduit au pouvoir, le Parti vert du Québec (PVQ) annonce qu'il va amorcer un vaste chantier de réformes démocratiques, dont plusieurs visent à mettre un terme aux injustices qui touchent les petits partis politiques. Entre autres.

Dans les grandes lignes, la formation à saveur écologique propose d'introduire un mode de scrutin proportionnel au Québec, et ce pour que «l'Assemblée nationale reflète finalement les véritables choix des électeurs», a indiqué Guy Rainville, le chef des verts, à l'occasion d'un point de presse organisé devant le palais de justice de Montréal. «Pour redonner un sens à la démocratie, il faut que les électeurs aient l'impression que leur vote compte. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.»

La mesure serait salutaire pour le PVQ, croient les dirigeants du parti, lequel n'a pas obtenu son ticket d'entrée au débat télévisé des chefs le 25 novembre «parce que nous n'avons pas d'élus, nous a-t-on dit», a expliqué Patrick Daoust, candidat vert dans Westmount-Saint-Louis et responsable des questions démocratiques du groupe politique. «Mais si nous n'avons pas d'élus, c'est parce que le mode de scrutin injuste en place actuellement ne nous le permet pas.»

Cette exclusion a d'ailleurs été qualifiée «d'inacceptable» et «d'insultante» pour les 300 000 électeurs qui ont voté en 2007 pour les verts et pour Québec solidaire, exclu également du débat des chefs. «Nous sommes devant un modèle politique totalement désuet», a-t-il ajouté.

Autres combats, le PVQ s'engage à déclencher des élections à date fixe, au printemps, afin de s'assurer que le plus grand nombre de personnes puissent voter. La formation politique, qui, en 2007, a obtenu 3,85 % des suffrages, veut aussi que le premier ministre du Québec soit élu au suffrage universel, comme le sont les maires du Québec. «Si c'est bon pour les municipalités, ça doit être bon aussi pour le Québec dans son ensemble», a dit M. Rainville, qui appelle au passage à une vraie décentralisation des pouvoirs en région. «Pour qu'un Québec soit fort, il lui faut des régions fortes», a-t-il indiqué.
14 commentaires
  • Jaque Parisien - Inscrit 13 novembre 2008 04 h 49

    Justement...

    Enfin, des idées! N'avez-vous pas l'impression que ça bouge? D'accord ou pas, on s'en fout. Mais au moins les solidaires et les verts osent. Ils proposent des mesures, prétendent vouloir changer les choses et risquent le tout pour le tout. C'est ça une campagne électorale, pas le prêt-à-penser que nous servent les trois «grands».

  • Christian Montmarquette - Abonné 13 novembre 2008 05 h 53

    « Le Parti vert ou l'inconséquence politique »

    Ça fait des jours, voir des semaines que nous savons que nous irons en élections, et tout ce que les Verts ont à nous déclarer, c'est qu'ils sont en faveur du vote proportionnel et des élections à date fixe ?!!

    Ma fois, il semble que cela me donne encore raison, et que la véritable priorité du le Parti vert soit bien plus l'attrait du pouvoir que l'urgence de parler de l'abus de l'environnement...

    Par ces mièvres déclarations sur le régime démocratique, qui sont à toutes fins pratiques devenues des lieux communs, le Parti vert tente de nous démontrer qu'ils possèdent d'autres orientations que leur obsession électoraliste de la défense de l'environnement, alors que ce parti pratique dans les faits la «politique du vide» sur des enjeux aussi cruciaux que son orientation «gauche-droite» et le statut politique du Québec.

    D'autre part, si ces verts, sont si en faveur du vote proportionnel pour une meilleure représentation des diverses tendances de la société, je me demande bien pourquoi ces mêmes verts ont toujours pris un malin plaisir à refuser de laisser le champs libre à Amir Khadir et à Françoise David. Il me semble que cela aurait été le chemin le plus court entre leurs idées et les actions...

    Non... Mais...

    Quelle inconséquence politique...



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    Christian Montmarquette
    Membre fondateur de Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec


    Articles parus sur le même sujet :

    GaîaPresse : «Le Parti vert se tire dans le pied»
    http://www.gaiapresse.ca/fr/analyses/index.php?id=

    Presse toi à gauche :
    «Le Parti vert du Québec : Un Ponce Pilate politique»
    http://www.pressegauche.org/spip.php?article550

    CMAQ : «Quand les Verts nous donnent les bleus...»
    http://www.cmaq.net/node/26977

  • Guillot Sophie - Inscrite 13 novembre 2008 06 h 50

    Je me demande quels intérêts sont prioritaires pour les Verts au Québec .....

    Il semble vu depuis la France en lisant la presse Québecquoise que en tous cas les priorités des Verts ne soient pas l'environnement mais bien le pouvoir. À ce petit jeu, nous avons nous mêmes en France vu ce que donnait la multiplication des Partis officiellement pour l'environnement. Le résultat est que les grands partis politiques se mettent depuis quelques années à parler d'environnement pendant les campagnes électorales mais qu'une fois élus, on en parle beaucoup moins. Un seul exemple? L'élection de Sarkozy. Pendant la campagne il a parlé de faire un Grenelle de l'environnement pour débattre démocratiquement des priorités à donner à cet enjeu dont nombre d'électeurs se rendent compte à présent qu'il est majeur. Bien. Les élections passent et le Grenelle a lieu. Sur avis de ce Grenelle, Sarkozy décide de retirer toutes les autorisations de cultures d'OGM en plein champ. J'applaudis n'est ce pas? Oui mais par contre, moins de 6 mois après il a redonné des autorisations de culture en plein champs sur pressions phénoménales de Monsanto et ça par contre, il n'en a pas fait la publicité dans la presse française, ayant parmi ses proches la plupart des propriétaires de groupes de presse influents, cette info a quasi circulé sous le manteau. Conclusion : l'environnement en pâtit. Alors à vouloir à tout prix briguer un ou des sièges, le Parti Vert Québecquois risque fort de désservir sa principale cause ( avouée , officielle ???) ce qui est quand même le comble. Diviser pour mieux régner a toujours été la politique de ceux qui ont le pouvoir et entendent bien le garder. L'émergence du Front National a été voulu par Mitterand pour diviser la droite, par exemple et ce que j'observe depuis 5000kms me fait penser qu'au Québec, se jouent par rapport à l'environnement des enjeux qui dépassent de loin ce qui devrait être la priorité absolue : notre planète.
    www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/
    visionnez cette bande annonce, ce film parle de la réalité du terrain en matière d'environnement...

  • Frank Hebert - Inscrit 13 novembre 2008 07 h 12

    Un système plus démocratique

    Dans notre système actuel, un parti peut prendre le pouvoir et être majoritaire à l'assemblée nationale avec mois de 40% des votes exprimés.C'est alors la dictature de la minorité sur la majorité car le parti au pouvoir a plein pouvoir car ses députés doivent nécessairement respecter la ligne du parti.
    Nous devons nous doter d'un système où le député représente tout d'abord les opinions prévalant dans la population et pour lesquelles il a été élu et non bêtement et passivement la ligne de parti. Présentement le député du parti au pouvoir n'est qu'une estampille très coûteuse.
    Il nous faut aussi un système électoral qui pourra mieux refléter la volonté diverse des électeurs. Possiblement un système proportionnel adapté à notre situation. Comme 75 député élus dans des comtés de façon traditionnelle et 50 choisis d'une liste soumise d'avance par les partis et répartis selon le pourcentage de votes obtenus par chacun des partis.
    Je regrette énormément que l'on ait décidé d'exclure les partis Vert et Solidaire des débats télévisés.Leurs adhérents paient les mêmes taxes que nous et jouent le jeu de la démocratie comme nous.

  • Pierre Allard - Inscrit 13 novembre 2008 07 h 16

    La grande arnaque de septembre 2002

    Une parodie de démpcratie. On a vécu en 2002 l'exercice d'États Generaux prétendant renouvele la démocratie. On a juste constaté la mauvaise volonté évidente du gouvernement et ses efforts pour occulter tout ce qui pourrait ressembler a une proposition de changement intelligente

    Pierre JC Allard
    http://nouvellesociete.org/620.html