Finances publiques - Le PQ est maintenant ouvert au projet de loi 85

Il n’y a pas si longtemps, le porte-parole du PQ en matière de finances, François Legault, parlait de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, comme d’une «fée Carabosse [qui] veut faire disparaître d’un simple coup de baguette magiq
Photo: Jacques Nadeau Il n’y a pas si longtemps, le porte-parole du PQ en matière de finances, François Legault, parlait de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, comme d’une «fée Carabosse [qui] veut faire disparaître d’un simple coup de baguette magiq

Pauline Marois ne veut pas de déficit dans un futur gouvernement péquiste... mais elle ne veut pas non plus d'un déficit hérité des libéraux. Hier, Mme Marois a ouvert la porte à la possibilité que son parti adopte une loi semblable au projet de loi 85, pour permettre de remettre les compteurs des finances à zéro. Ce que le PQ qualifiait ce printemps de «tripotage comptable».

Quant à dire si un gouvernement Marois pourrait adopter une loi de ce type, la chef s'est gardé une marge de manoeuvre. «5,8 milliards, c'est énorme à traîner comme déficit, a-t-elle dit au cours d'un point de presse frisquet tenu devant l'îlot Voyageur, à Montréal. La loi 85 nous ouvre une porte, il faudra l'évaluer.» Le chiffre évoqué — 5,8 milliards —, était celui entendu avant que le vérificateur général ne le situe plutôt à 3,2 milliards en fin de journée.

Mme Marois n'a autrement pas exclu que le PQ adopte une loi de ce type après avoir déboursé quelques centaines de millions pour payer ses promesses électorales, notamment en matière familiale. «Avant de prendre une décision, je prendrai le temps d'évaluer toute la situation, a indiqué Mme Marois. Mais vous comprenez que c'est difficile à traîner.»

C'est le projet de loi 85 — qui n'a jamais été adopté — qui est à la source de la divergence d'opinion entre le vérificateur général et le gouvernement Charest concernant les finances du Québec. Son esprit permet à la ministre des Finances d'utiliser un surplus dégagé pendant une année pour éponger un déficit l'année suivante. Le projet de loi prévoyait aussi d'effacer l'ardoise du déficit cumulé jusqu'en 2007.

En utilisant cette méthode comptable, le gouvernement libéral a ainsi calculé posséder une réserve budgétaire de 2,3 milliards — les surplus de l'an dernier étant utilisés pour couvrir le budget courant.

Toutefois, le vérificateur général estime que le Québec traîne un déficit cumulé de 3,2 milliards, en se basant sur le texte de la loi sur le déficit zéro.

Au mois de mai, le PQ avait profité du dépôt du projet de loi pour dénoncer les «manigances du gouvernement Charest». Dans un communiqué diffusé à ce moment, le porte-parole du PQ en matière de finances, François Legault, parlait de la ministre Monique Jérôme-Forget comme d'une «fée Carabosse [qui] veut faire disparaître d'un simple coup de baguette magique le déficit cumulé» du Québec.

M. Legault avait notamment fait l'analogie avec une publicité d'une compagnie de carte de crédit où le solde des clients disparaissait pour tomber à zéro.

Hier, Pauline Marois a promis de «tout faire» pour que la conjoncture économique ne l'oblige pas à avoir recours aux déficits ponctuels ou à une loi comme le projet 85. En matière de déficit, la chef péquiste s'est déjà engagée à respecter l'équilibre budgétaire sur un terme de cinq ans, ce qui n'exclut pas qu'il y ait un déficit temporaire durant cette période.

De même, Mme Marois a réitéré qu'elle ne souhaitait pas effectuer de compressions dans les organismes et les services publics. Toutefois, au besoin, un gouvernement péquiste «établirait des priorités», a-t-elle répété. «Il y a des choix qui [doivent] se faire, et on peut choisir de transformer certains services», a mentionné Mme Marois, qui situe sa politique familiale (des places à volonté dans les CPE — une mesure qui pourrait coûter 500 millions) tout en haut de sa liste des priorités.
1 commentaire
  • Guy Fafard - Inscrit 12 novembre 2008 13 h 25

    Quand on travaille pour la population (tout parti confondu)

    Quand on travaille pour la population on s'unit pour régler le problème et on vote ensemble.

    On ne jette pas la faute sur les autres, on règle le problème. C'est ça de la problématique. (L'étude des problèmes et en trouver les solutions, les discuter et prendre la meilleure). - On ne va pas en élection pour dire que tout va bien.

    Le PQ n'a fait que du niaisage depuis que René Lévesque n'est plus, en éducation, en santé etc. Il promet des millions qu'on a pas.

    L'ADQ qui veut défaire HQ et le propose au mauvais moment. Il promet des millions qu'on a pas.

    Le PLQ va en élection au début d'une crise économique. Il promet des millions qu'on a pas.

    Québec solidaire rêve en couleurs un socialisme et du communisme révolu. Il promet des millions qu'on a pas.

    Et tous nous demandent de voter pour eux. C'est de l'humour,
    une farce, un mensonge ou de l'inconscience?