Rémunération des directeurs généraux de mégahôpitaux - Le syndicat de la fonction publique invite le gouvernement à s'occuper des employés d'abord

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a invité hier le gouvernement libéral à se pencher sur les conditions des employés du secteur de la santé qui accusent un retard salarial par rapport au secteur privé plutôt que de hausser la rémunération des directeurs généraux des grands hôpitaux.

«Si c'est bon pour les directeurs, ça doit être aussi bon pour les employés, non?», a lancé par voie de communiqué le président du secteur de la santé du SCFP (FTQ), Pierre Soucy. Ce dernier réagissait à la manchette du Devoir d'hier qui révélait les intentions de Québec d'augmenter, dans une proportion pouvant aller jusqu'à 30 %, la rémunération des directeurs généraux des centres hospitaliers universitaires (CHU) qui sont au nombre de cinq au Québec.

Selon le ministre de la Santé, Yves Bolduc, cette augmentation «raisonnable» est rendue nécessaire afin de recruter les gens les plus compétents possible. Le CHUM et le CHUQ sont présentement à la recherche d'un directeur général, ce qui s'annonce une tâche ardue.

Pas de bousculade au portillon

À Québec, deux affichages successifs n'ont pas permis de trouver un successeur à l'actuel directeur général qui quittera son poste d'ici à la fin de l'année. Au CHUM, la complexité de la fonction liée aux problèmes multiples de gestion clinique et d'immobilisations (le projet du futur hôpital n'a toujours pas pris son envol) fait en sorte que les candidatures ne se bousculent pas. Chose certaine, la rémunération offerte (184 000 $ plus une prime au rendement annuel de 30 % pour le directeur général du CHUM et celui du CUSM) apparaît comme une contrainte importante de recrutement.

Le syndicat représentant les répondants médicaux d'Urgences-santé, dont les négociations sont dans une impasse, n'a pas tardé à réagir, soulignant que le travail de ses membres est «de sauver des vies dans les pires situations que l'on puisse rencontrer». «Ça demande aussi des gens très compétents!», argue le président syndical, Martin Doyon.

Rattrapage nécessaire

àDu coup, M. Doyon a plaidé pour un rattrapage salarial équivalent à la hausse dont pourraient éventuellement bénéficier les directeurs généraux. «Nous aussi, on veut 30 %. Ça tombe bien, c'est presque exactement le retard que nous avons par rapport aux préposés du 9-1-1 de la Ville de Montréal. Nous réclamons la parité avec ces employés», a dit M. Doyon qui note le faible taux de rétention des employés d'urgence.

Québec analyse la bonification possible de la rémunération des directeurs généraux, mais aucune décision n'a été prise à ce sujet.
3 commentaires
  • Mario Tremblay - Abonné 12 novembre 2008 08 h 25

    Est-ce bien une question de salaire?

    Je trouve au contraire très normal que des gens intelligents refusent ces postes. Et je me méfierais beaucoup de ceux qui s'y montrent intéressés.
    Pour quelqu'un d'intelligent, il s'agit d'un suicide. Pour un arriviste, le prochain job est déjà négocié ... Je m'occupe de ta m... pendant 2 ans et après tu me donnes ...

  • Roland Berger - Inscrit 12 novembre 2008 09 h 04

    Déférence oblige

    Étant donné la déférence traditionnelle que les Québécois vouent à la minorité anglophone du Québec, je suggérais hier que le gouvernement libéral du Québec, élu par cette minorité, verse un salaire annuel d'au moins un demi-million de dollars au directeur du Centre médical universitaire McGill (plus bien sûr les bonus usuels), et offre à un Européen ou une Européenne mal payé le poste de directeur du CHUM pour quelque 250 000 $. Cette logique devrait s'appliquer aussi aux employés de ces deux hôpitaux universitaires. Il n'y en effet aucune raison pour que ceux du Centre McGill ne soient pas mieux payés que ceux du CHUM. Déférence oblige ! Les syndicats n'auront qu'à s'ajuster.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • François Rivet - Abonné 12 novembre 2008 16 h 49

    Les salaires sont ridicules au Québec

    C'est ça la raison point à la ligne. Pourquoi une infirmière irait au Québec, à 10 000$ de moins qu'en Ontario? Pourquoi j'irais dans la fonction publique québécoise, je suis début de carrière au fédéral et je fais déjà le salaire où je serais plaffoné à Québec? Montez les salaires et vous attirerez des candidats en conséquence.