Mario Dumont va conduire le Québec à la catastrophe économique, dit Charest

Gatineau — Le programme de l'Action démocratique plongerait le Québec dans un gouffre économique, prévient le chef libéral, Jean Charest.

M. Charest a sévèrement critiqué le plan économique du chef adéquiste, Mario Dumont, hier, lui reprochant de vouloir sabrer un milliard dans les dépenses de l'État et un milliard dans les subventions aux entreprises.

«Nous autres, on a à l'horizon une tempête économique, M. Dumont veut transformer ça en tsunami», a martelé le chef libéral, qui s'explique mal pourquoi l'ADQ veut réduire l'aide aux entreprises alors qu'elles ont besoin de capitaux dans le contexte actuel de ralentissement économique.

«Avez-vous pensé à la catastrophe qu'il va créer? M. Dumont propose de couper les jambes des entreprises du Québec», a tonné M. Charest, en qualifiant de radicales les mesures préconisées par l'ADQ.

«On vient d'annoncer, nous, qu'on va rendre disponible un milliard pour les PME, et un autre milliard de dollars à la Société générale de financement parce qu'il manque des capitaux, alors que M. Dumont fait exactement le contraire.»

Le chef libéral a aussi prévenu qu'une compression de un milliard de dollars dans les dépenses de l'État impliquerait la perte de 11 000 emplois chez les fonctionnaires. «Il va couper où, au juste, dans la fonction publique? Les Québécois ont le droit de savoir qui M. Dumont va couper», a-t-il martelé, accusant l'adéquiste de «passer la scie à chaîne» dans les programmes du gouvernement.

Selon lui, l'ADQ devrait tirer des leçons de la mise à la retraite des médecins et infirmières sous un gouvernement péquiste qui voulait à tout prix atteindre le déficit zéro dans les années 1990.

«Le Québec a passé l'étape de tout casser aujourd'hui pour atteindre un objectif et en payer le prix dix ans plus tard.»

Le chef libéral a mené cette charge à fond de train à l'endroit de l'ADQ après avoir annoncé une mesure supplémentaire de son propre plan visant à contrer les effets du ralentissement économique.

Après avoir visité une résidence familiale en cours de rénovations à Gatineau, il a annoncé qu'un gouvernement libéral mettrait en place un crédit d'impôt remboursable de 20 % pour soutenir les ménages de la classe moyenne qui souhaitent rénover leur domicile.

Québec soutiendrait ainsi les dépenses de rénovation excédant 7500 $ pour une somme maximale de 2500 $.

Campagne propre

Puis, sans condamner les propos de sa ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, qui a traité un de ses adversaires de «con» sur les ondes de LCN, M. Charest a plaidé pour une campagne propre, sur les enjeux, et non sur les personnalités des protagonistes.

Mme Jérôme-Forget a laissé tomber dans l'émission diffusée hier «c'est un con», sans que l'on sache si cette insulte était dirigée vers le député Gilles Taillon, de l'ADQ, ou François Legault, du Parti québécois, qui l'affrontaient dans le cadre d'un débat.

«Tomber dans le personnel, où l'on s'abîme de bêtise, ce n'est pas ce que les Québécois souhaitent», a-t-il d'abord commenté.

Il a tout de même laissé entendre que sa ministre avait été trop loin, affirmant que «dorénavant, on va se concentrer sur les idées, au lieu de faire des campagnes qui sont négatives».

Par ailleurs, Jean Charest a refusé de commenter les difficultés éprouvées par ses adversaires, alors que le Parti québécois a vécu des tensions internes dans la circonscription de L'Assomption, où des militants se sont chamaillés, et que des anciens adéquistes ont sévèrement critiqué leur ex-parti.

Le chef libéral s'est gardé de se moquer des malheurs de ses adversaires, qu'il dit ne pas prendre pour battus.

«Les Québécois vont nous regarder de très près pendant les 30 prochains jours. C'est long, et il y a souvent des imprévus», s'est-il contenté d'affirmer.