Gérard Deltell dans Chauveau - Au tour de l'ADQ d'avoir son journaliste

«L’ADQ a toujours été à l’avant-garde de cette conscience qu’on doit avoir de la famille et de la classe moyenne», dit Gérard Deltell, candidat adéquiste dans Chauveau.
Photo: «L’ADQ a toujours été à l’avant-garde de cette conscience qu’on doit avoir de la famille et de la classe moyenne», dit Gérard Deltell, candidat adéquiste dans Chauveau.

Tous les lundis durant la campagne électorale, Le Devoir vous proposera des portraits de candidats des différents partis. Voici les deux premiers.

Québec — Le PQ a Bernard Drainville, les libéraux, Christine St-Pierre. Maintenant, c'est au tour de l'ADQ d'avoir son candidat journaliste avec Gérard Deltell qui porte les couleurs du parti dans Chauveau, l'ancienne circonscription de Gilles Taillon à Québec.

L'annonce de sa candidature n'a surpris personne. Âgé de 44 ans, l'ancien correspondant parlementaire de TQS se disait courtisé depuis belle lurette par le monde politique. Il aura toutefois fallu que la chaîne TQS ferme pour qu'il l'envisage. «J'étais vraiment à un carrefour de ma vie professionnelle et aussi personnelle. Mes enfants sont grands. La famille est bien, la famille est stable.»

Attablé au café Chez Nancy dans la circonscription de Chauveau, le nouveau politicien sourit quand on lui fait remarquer que le fait d'être un bon père de famille semble être une condition pour rallier son parti.

«L'ADQ a toujours été à l'avant-garde de cette conscience qu'on doit avoir de la famille et de la classe moyenne», dit-il. Mais encore? «L'ADQ a toujours eu le courage de brasser la cage au Québec. [...] Ça a été le premier [parti] à parler de la santé, du vieillissement de la population, de la lutte contre la dette, des sujets qui ont tous été trop longtemps tabous au Québec.»

Quand on lui demande qui est son modèle en politique, il évoque Jean Lesage. «Jean Lesage a eu de l'audace à une époque où il fallait le faire.» L'heure des grands choix est venue, dit-il, et on peut «soit rester là et regarder le train passer, soit prendre les problèmes à bras-le-corps».

C'est d'ailleurs au lac à l'Épaule, lieu de la mythique réunion du Conseil des ministres de 1962 que Mario Dumont a choisi de lancer sa campagne. Dans Chauveau, insiste M. Deltell: «Il y a une partie de l'histoire qui s'est jouée chez nous!»

Mais si l'on se fie aux sondages, l'histoire ne semble pas vouloir servir l'ADQ cette fois-ci. Au moment de l'entrevue vendredi, la principale artère de la circonscription de Chauveau ne comptait pas une seule pancarte de M. Deltell... «Je n'ai strictement aucune inquiétude concernant l'organisation, elle se structure actuellement», répond-il confiant.

Pas besoin de publicité

Il faut dire qu'il n'a pas vraiment besoin de publicité. En une semaine, ce candidat a probablement accordé plus d'entrevues que la plupart des députés du caucus en un an et demi. Deltell a de surcroît l'avantage de se présenter dans la circonscription où il a grandi. «Chauveau, c'est mon pays. [...] J'ai grandi ici, mes parents sont ici, j'ai élevé mes enfants ici. En fait sur les 44 ans de ma vie, j'ai peut-être passé 42 ans ici.»

Située en banlieue de Québec, la circonscription a une diversité intéressante. «C'est une espèce de mini-Québec qu'on a ici. Évidemment, c'est la classe moyenne, les familles sont bien représentées ici. Vous avez également une nation autochtone — Wendake — une base militaire, une communauté anglophone, un centre récréotouristique très fort.»

Lors des élections de 2007, M. Taillon l'avait emporté par 13 164 voix, la deuxième majorité de l'ADQ dans la région. Mais la circonscription n'est acquise à aucune formation politique, note M. Deltell. Avant 2007, elle était occupée par la députée libérale Sarah Perreault qui se présente de nouveau cette année. Et, auparavant, le péquiste Raymond Brouillet avait occupé ce siège pendant neuf ans.

Et le voilà qui décline la liste de tous les députés de Chauveau depuis cinquante ans... Et de rappeler sa grande passion pour l'histoire politique. «Ça fait partie de mon ADN. Depuis que je suis jeune enfant que je suis ça attentivement.»

Tout jeune, raconte-t-il, il s'amusait à faire des caricatures des politiciens. Ce dont il ne se privait pas à TQS où il présentait notamment des capsules intitulées Politiquement incorrect. Au programme: des collections de lapsus de députés, de prises de becs, de tenues vestimentaires inusitées, de grimaces...

Pas de parallèle avec Drainville...

Le voilà prêt à s'exposer au traitement de ses anciens collègues. Quand on lui rappelle sa réaction critique au départ du journaliste Bernard Drainville pour le PQ, M. Deltell prend un ton plus agressif et rejette tout parallèle avec sa situation. «M. Drainville s'est placé dans une situation d'éthique journalistique discutable», souligne-t-il. À l'ancien journaliste de Radio-Canada, il reproche d'être resté en poste alors qu'il poursuivait sa réflexion sur un saut en politique. «Dans mon cas présent, ça fait deux mois que je ne suis plus journaliste.»

Cet homme d'ordinaire poli et chaleureux a déjà montré qu'il pouvait mordre. Lors de la fermeture de TQS, il avait complètement perdu ses moyens lors d'un direct où il avait accusé la télévision de Radio-Canada de concurrence déloyale à l'endroit de TQS. «Radio-Canada n'a surtout pas le mandat de se servir de l'argent des taxes pour venir nous voler nos idées!», avait-il dénoncé avec conviction. Voilà une fougue qui pourrait être fort utile à l'aile parlementaire de l'ADQ. Mais pas question pour le candidat de présumer de quoi que ce soit. Gérard Deltell a assez scruté le monde politique pour savoir que tout peut arriver d'ici au 8 décembre.
4 commentaires
  • Paul Lafrance - Inscrit 10 novembre 2008 07 h 23

    M.Deltell

    M.Deltell est certainement le plus articulé des candidats de l'ADQ. Il a des idées bien arrêtées, ne craint pas de les exprimer et ne se contredit jamais. Que vous soyez adéquiste ou non, il n'y a aucun doute que M.Deltell sera un atout positif à l'Assemblée Nationale.
    Paul Lafrance
    Québec

  • jacques noel - Inscrit 10 novembre 2008 08 h 07

    Où sont passés les journalissss pékissss?

    Après Christiane St-Pierre au PLQ
    Jean-Claude Labbé (ancien boss du jdq pékisss) au PLQ
    voici Deltell à l'ADQ et Christian Gauthier au PLQ

  • Jonathan Guay A. - Inscrit 10 novembre 2008 08 h 59

    Gérard Deltell un journaliste ?

    Rien de plus faux. Ce type n'est qu'un amuseur public des ondes.

    AUCUNeS vraiEs journalistes ne sont à TQS ou TVA. Je suis catégorique là-dessus.

    Ces gens ne font que perpétuer le spectacle. On est dû pour un autre Mai 68 maintenant.

  • Ghislaine Filiatrault - Inscrite 10 novembre 2008 09 h 57

    wow

    Il faut être dans une bulle à la Mario, pour se comparer à Jean Lesage, il ne l'a pas connu, ça c'est l,évidence même,
    Salutations
    Ghislaine Filiatrault gfiliatrault@videotron.ca