Pierre Moreau dans Châteauguay - Contre la hargne en politique

«La politique, c’est la solidarité, la cohésion, l’entraide. [...] Il faut garder un esprit ouvert et critique parce que ça permet au gouvernement d’évoluer», opine le candidat libéral dans Châteauguay, Pierre Moreau.
Photo: Pascal Ratthé «La politique, c’est la solidarité, la cohésion, l’entraide. [...] Il faut garder un esprit ouvert et critique parce que ça permet au gouvernement d’évoluer», opine le candidat libéral dans Châteauguay, Pierre Moreau.

Pierre Moreau a la partisanerie sobre. À d'autres les éclats de voix et le doigt accusateur pointé vers l'adversaire. Pour le nouveau candidat libéral dans la circonscription de Châteauguay, en lieu et place de Jean-Marc Fournier qui vient tout juste de tirer sa révérence, il n'est pas question de malmener ses rivaux outre mesure.

«Les idées n'ont pas besoin de s'exprimer avec hargne en politique. Ce n'est pas dans ma nature. On peut être un critique sévère mais un critique respectueux et faire ça de façon polie et élégante», soutient M. Moreau.

Même lorsqu'on lui tend la perche pour commenter les événements qui ont écorché les deux principaux partis adverses depuis le déclenchement des élections mercredi dernier, M. Moreau en fait peu de cas. Devant les problèmes que vit le Parti québécois, (empoignade entre militants et divulgation d'un document interne qualifiant la chef de snob, par exemple), Pierre Moreau choisit de faire l'éloge de la loyauté comme «première vertu en politique». «La politique, c'est la solidarité, la cohésion, l'entraide. [...] Il faut garder un esprit ouvert et critique parce que ça permet au gouvernement d'évoluer. Le caucus est l'endroit privilégié pour dire ce que l'on pense, exprimer les différences. Mais une fois cela fait, il faut se rallier à l'opinion qui sera défendue par le parti. Quand on n'est pas capable de faire ça, mieux vaut faire autre chose: il est vaste le monde», laisse tomber M. Moreau.

Puis, devant l'Action démocratique du Québec, le candidat libéral se borne à souligner que certains élus avaient été pris de court par leur propre élection l'année dernière, ne sachant trop quoi faire de ces nouvelles fonctions. «On se lance en politique parce qu'on pense pouvoir faire des choses concrètes pour aider les gens. Si vous n'avez pas ça, vous n'êtes pas à votre place», affirme-t-il avant de poursuivre. «C'est un travail extrêmement exigeant. Quand je dis travail, je veux dire un mandat, ce n'est pas une job. Ceux qui prennent ça comme source de revenus, déchantent rapidement.»

Pierre Moreau fait partie de ces députés, libéraux et péquistes, qui ont mordu la poussière en 2007, délogés par l'ADQ qui avait réussi une percée significative sur la Rive-Nord et la Rive-Sud, dans la région de Montréal, une région communément appelée le 450. Élu en 2003 dans Marguerite-d'Youville qui couvre les villes de Boucherville et de Sainte-Julie, PIerre Moreau, a été battu par le jeune adéquiste Simon-Pierre Diamond.

Le douloureux débat sur les fusions municipales forcées sous le gouvernement péquiste puis celui, tout aussi déchirant, sur les défusions enclenchées par le gouvernement libéral, semble avoir eu raison de M. Moreau. Flairant la bonne affaire, l'ADQ avait promis l'abolition des conseils d'agglomération qui créaient beaucoup de résistance dans la population.

M. Moreau associe plutôt sa défaite d'alors à la «montée artificielle de l'ADQ auprès des jeunes familles». Il se défend bien que l'élection 2008 soit pour lui un match revanche. «La vengeance, ce n'est pas ce qui doit nous motiver en politique», assure-t-il.

Un retour

Il reste qu'il tente aujourd'hui un retour. En fait, il n'a jamais été bien loin de la politique et du Parti libéral depuis dix ans. En 1998, Jean Charest, nouvellement choisi comme chef du PLQ, l'avait sollicité. «Ç'a semé la graine qui a germé plus tard», raconte M. Moreau qui deviendra candidat libéral dans Marguerite-D'Youville en octobre 2002, cinq mois avant que les élections ne soient déclenchées. Entre-temps, M. Moreau avait été l'un des conseillers de l'équipe libérale en matière municipale.

«Marguerite-D'Youville n'était pas une circonscription facile: ça faisait 27 ans qu'elle était détenue par le Parti québécois. Je me suis dit qu'il fallait que je parte de bonne heure», se souvient Pierre Moreau.

L'homme, un avocat spécialisé en droit municipal, associé dans l'un des grands cabinets du centre-ville, quittait ainsi la sécurité financière de sa profession pour briguer les suffrages. «Je n'ai jamais fait ma vie avec un filet de sécurité. C'est ma conviction, soutient-il. Je m'engage là-dedans parce que je pense que je peux changer des choses.»

Aujourd'hui, il atterrit dans une circonscription où la bataille ne s'annonce pas aussi difficile, du moins à première vue. Il n'en demeure pas moins que Pierre Moreau n'entend pas perdre une journée de la campagne de 33 jours. Déjà, les rues de la ville de Châteauguay sont placardées aux couleurs libérales. Quelques affiches de l'ADQ sont installées, mais le PQ est complètement absent pour le moment. Hier matin, Pierre Moreau a fait campagne sur le perron des églises de Châteauguay, afin de multiplier les poignées de main d'ici au 8 décembre.

Il n'est pas tout à fait étranger dans la circonscription. Comme avocat en droit municipal, sa clientèle était essentiellement issue de la Montérégie, y compris la MRC de Roussillon. De plus, il a été successivement chef de cabinet du leader Jean-Marc Fournier puis du ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Jacques Dupuis.

Un «gars de la Rive-Sud»

Pierre Moreau se définit comme un «gars de la Rive-Sud». Né à Verchères dans une ferme laitière, il baigne rapidement dans la politique municipale puisque son père a été maire. Il quitte la maison familiale pour étudier en droit à l'Université Laval où il rencontra celle qui deviendra sa conjointe, Michèle Monast (juge de la Cour supérieure). Avec leurs deux filles, ils habitent Saint-Lambert.

Mais les ambitions de Pierre Moreau (il préfère se qualifier de déterminé et de passionné plutôt qu'ambitieux) semblent déborder la circonscription. Il parle avec aisance des dossiers de partenariat public-privé (PPP) et défend avec emphase l'économie qui est au coeur des enjeux mis en avant par le Parti libéral. «Les PPP, c'est un outil qui contribue à une croissance contrôlée des dépenses d'immobilisations de l'État», fait-il valoir.

Puis, il revient à des considérations plus terre à terre auxquelles sont confrontés les députés. «Le bureau de comté devient le dernier rempart pour bien des gens, vous savez», souligne-t-il cherchant à bien marquer que c'est là le mandat qu'il cherche.

Quant au bagarreur électoral, il faudra attendre. Pierre Moreau hausse les épaules. «Dire que les péquistes sont tous des méchants? Non. On fait notre chemin en tentant d'amener dans notre sillon des gens qui croient aux mêmes valeurs que nous», conclut-il sur un ton posé.
2 commentaires
  • Olivier Landry - Abonné 10 novembre 2008 07 h 29

    Mes?????

    "Mes" les ambitions?

  • roger montreal - Inscrit 10 novembre 2008 11 h 02

    La démission de M .FOURNIER pour quelque temps/bizarre cette démission/

    M.FOURNIER est parti pour quelque temps, mais a dit qu il reviendrait .
    Pourquoi cette décision, pour faire oublier sa belle réussite, dans le complexe de L UQUAM ,enlever a
    l opposition, la chance de le questionner sur son fiasco.
    Lui qui était toujours le premier, a salir les autres ,sans regarder ses propres erreurs dans tous les ministères qu il a géré.
    Faut dire que l exemple venait de haut, car son chef est vite a salir les autres, sans se regarder.
    ROGER MONTREAL