La polémique des accommodements est terminée, dit le chef libéral

Shawinigan — Le chef libéral Jean Charest juge que la controverse entourant les accommodements raisonnables est chose du passé et qu'un consensus a été atteint sur cette question.

De passage dans la région de la Mauricie, à une quinzaine de kilomètres de Hérouxville, où la polémique sur les accommodements raisonnables avait fait rage, Jean Charest a affirmé que les mesures mise de l'avant par son gouvernement à la suite du rapport de la commission Bouchard-Taylor avaient fait «consensus».

«Les Québécois, de ce que j'ai vu, se sont beaucoup ralliés autour de cette affirmation de ces valeurs que j'ai faite au nom de tous les Québécois à l'Assemblée nationale.» En mars 2007, les électeurs de la Mauricie ont élu quatre députés de l'Action démocratique du Québec, un parti qui a fait son pain et son beurre des accommodements raisonnables, dans les cinq circonscriptions de la région. Ce nombre est maintenant de trois après la défection du député Pierre Michel Auger, dans la circonscription Champlain, qui est passé il y a deux semaines au Parti libéral.

À Saint-Étienne-des-Grès, en après-midi, Jean Charest a tenu à préciser qu'«il y aura toujours un questionnement identitaire au Québec» et qu'il «fera toujours partie du débat politique au Québec». Mais pour l'heure, les mesures annoncées par le gouvernement depuis le début de l'année sont suffisantes. Il n'est pas question de modifier la loi 101, a-t-il réitéré.

Pauline Marois juge de son côté que le gouvernement Charest a seulement déposé une loi à la fin de son mandat pour se «déculpabiliser» et se «dédouaner». D'après elle, il reste encore des choses à faire.

Le débat qui a eu cours au moment de la commission Bouchard-Taylor «a été très intense, ç'a été parfois dur. C'est le prix à payer», estime M. Charest. «Mais cela nous a permis de jeter les bases d'un consensus assez large.»

À une semaine du déclenchement des élections, la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, a dévoilé des mesures visant à assurer une meilleure intégration des immigrants. À compter de janvier, les gens qui voudront immigrer au Québec devront signer une déclaration solennelle, qui exigera d'eux le respect des valeurs fondamentales du Québec. Valeurs de liberté et de démocratie, égalité entre les hommes et les femmes ainsi que séparation de l'Église et de l'État. Les immigrants devront aussi s'engager par écrit à apprendre le français.

À ceux qui ont jugé cette déclaration discriminatoire, Jean Charest a répondu, hier, qu'il s'agit d'une mesure «raisonnable». qui a été reconnue comme telle par la plupart des Québécois. «Nous ne nous attendons pas à ce que ces mesures suscitent l'unanimité», a-t-il dit.

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Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté
4 commentaires
  • Lorraine Dubé - Inscrite 8 novembre 2008 08 h 15

    Cachez ce sein que je ne saurais voir!

    Jean Charest: «il y aura toujours un questionnement identitaire au Québec» et qu'il «fera toujours partie du débat politique au Québec». Mais pour l'heure, les mesures annoncées par le gouvernement depuis le début de l'année sont suffisantes. Il n'est pas question de modifier la loi 101...
    Monsieur Charest ne dit pas clairement que la question Nationale n'est pas réglé, le Québec étant exclu depuis 1982 de la loi fondamentale, la Constitution? De plus, il sait combien par la suite les juges de la Cour Suprême nommés par le Premier Ministre du Canada ont charcuté notre loi 101. Le Canada anglais en 1990 a refusé les 5 revendications de Meech pour remédier à son exclusion...nous en sommes encore là! Avouez monsieur Charest que dans le cadre fédéral actuel, vous avez les mains liés plutôt que d'insinuer que vous n'avez pas l'intention de modifier la loi 101. Vous insultez notre intelligence. Démagogue et opportuniste va!!!

  • Roland Berger - Inscrit 8 novembre 2008 10 h 16

    Des décisions boulets

    Charest a créé la commission Bouchard-Taylor pour débarrasser la dernière campagne électorale d'un ballon lancé par l'ADQ à son avantage. Voilà qu'il ne veut plus qu'on en parle, comme par hasard durant une campagne électorale. Il y a des décisions politiques que les chefs traînent comme des boulets.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Lorraine Dubé - Inscrite 8 novembre 2008 12 h 18

    Mains liées...pardon!

    Je me devais de corriger mon erreur dans le texte précédent. *Liées*, au féminin bien entendu. J'imagine l'indulgence des lecteurs.
    Merci

  • Gilles Delisle - Inscrit 9 novembre 2008 03 h 12

    Jean Charest et les accomodements raisonnables

    Le seul geste posé par ce grand incompétent, suite à cette Commission a été de garder un crucifix à L'Assemblée nationale, permettant ainsi à tous les autres groupes religieux le laisser-faire actuel dans nos milieux de travail, dans nos garderies, dans les conseils de ville etc. Il n'y a rien de régler au Québec en ce qui a trait à la religion. Comme dans tous les autres dossiers chauds, Charest a balayé sous le tapis et un jour, ce débat devra être fait et nous devrons agir comme les Français l'ont fait. Mais pour cela, il faudra un gouvernement qui se tienne debout, ce que nous n'avons pas vu depuis longtemps au Québec.