Hippodromes - L'État a imposé des conditions difficiles à remplir

Québec — Le gouvernement aurait dû s'assurer qu'il était possible de construire un nouvel hippodrome au nord de Montréal avant d'en faire une condition de la privatisation des champs de course appartenant à l'État, indique le rapport d'une commission parlementaire.

Cette opinion des membres des partis d'opposition n'est cependant pas partagée par les représentants du gouvernement qui ont participé, en août dernier, aux auditions sur la transaction.

Pour la majorité des membres de la commission représentant l'opposition, les auditions ont fait ressortir que les termes de l'appel de propositions, remporté il y a deux ans par la société Attractions hippiques, n'étaient pas réalisables ou l'étaient difficilement, indique le document rendu public hier.

«Le déménagement de l'hippodrome de Montréal dans la couronne nord de Montréal, une obligation de la convention d'achat, devait dans les faits satisfaire plusieurs conditions avant de se concrétiser, dont l'acceptabilité sociale du projet, ont conclu les députés adéquistes et péquistes. Le gouvernement aurait dû valider ces éléments avant d'inclure cette obligation à l'appel de propositions.»

Ils estiment aussi qu'Attractions hippiques était désavantagée par son partenariat avec Loto-Québec, qui lui reverse une partie des recettes des appareils de loterie vidéo placés dans les hippodromes. Attractions hippiques fait valoir que les revenus ainsi versés par la société d'État sont en dessous des prévisions.

«Sur le plan financier, cela imposait au partenaire privé une association avec une société publique qui n'y trouvait pas son intérêt», ont écrit les partis d'opposition.

Le rapport a été déposé à la suite d'auditions sur la vente des quatre hippodromes du gouvernement à Attractions hippiques, qui s'est placée sous la protection des tribunaux, en juin, afin de se soustraire à ses obligations financières.

Deux ans après l'acquisition, l'entreprise n'a toujours pas réussi à trouver un terrain où s'installer et construire un nouvel hippodrome, au coût de 75 millions, qui doit remplacer le champ de course de Blue Bonnets, à Montréal.

Les membres de la commission qui représentent le gouvernement ont quant à eux soutenu que le processus avait été mené avec rigueur. Ils ont aussi conclu que cette démarche, supervisée par un comité indépendant, n'avait donné lieu à aucun favoritisme.