Dumont invoque l'économie pour s'inviter à la rencontre Marois-Charest

Marion Dumont estime que l’économie devrait être «le sujet prioritaire d’une éventuelle rencontre des trois chefs» de parti provinciaux.
Photo: Jacques Nadeau Marion Dumont estime que l’économie devrait être «le sujet prioritaire d’une éventuelle rencontre des trois chefs» de parti provinciaux.

Québec — Le chef adéquiste Mario Dumont a invoqué l'économie hier pour s'inviter à la rencontre prévue la semaine prochaine entre la chef péquiste Pauline Marois et le premier ministre Jean Charest sur le thème de la culture. La chef péquiste est d'accord, mais le premier ministre n'est pas chaud à l'idée de modifier son ordre du jour.

En matinée, hier, le chef de l'opposition a posté deux lettres, l'une à M. Charest et l'autre à Mme Marois. Il y réclamait que l'économie soit «le sujet prioritaire d'une éventuelle rencontre des trois chefs». Son geste faisait suite à l'information, publiée par Le Devoir jeudi, selon laquelle le premier ministre avait accédé à la demande de rencontre que la chef péquiste a déposé le 17 septembre aux deux autres chefs. M. Dumont, parti en vacances en Italie, n'a pu répondre à cette demande. Mercredi encore, au bureau de M. Dumont, on répondait qu'«on n'est pas encore là» lorsque Le Devoir a demandé ce qu'il advenait de la demande de Mme Marois. M. Charest, lui, a accepté de rencontrer Mme Marois. Le sujet discuté devait toutefois être la motion que le PQ compte déposer en chambre sur le rapatriement des compétences en matière de culture, que le gouvernement refusera assurément d'appuyer, estimant que «le fruit n'est pas mûr» pour une ronde constitutionnelle.

Dans sa lettre d'hier matin à M. Charest, le chef adéquiste soutient que, lorsque s'ouvre une période d'incertitude, «les Québécois sont en droit d'attendre que leurs élus, de toutes allégeances, soient en mesure de travailler de concert afin de tout mettre en oeuvre pour protéger les économies [des] concitoyens, les emplois ainsi que la situation des finances publiques de l'État». Tout en laissant entendre que son autonomisme pourrait le conduire à soutenir la motion péquiste sur la culture, il estime que la véritable urgence est l'économie. Et cela, «sans minimiser l'importance que revêt ce dossier et ses retombées pour l'avenir du Québec», prend-il le soin d'ajouter.

Sauf qu'au cabinet du premier ministre en fin d'après-midi, hier, on semblait peu réceptif au changement de programme proposé par Mario Dumont. «La rencontre a été demandée par Mme Marois et elle doit porter sur la question de la culture», a répondu l'attaché de presse de Jean Charest, Hugo D'Amours.

En fin de journée, hier, Mme Marois a publié à son tour une lettre à M. Dumont. Elle ne s'oppose pas à une rencontre tripartite sur l'économie et sur la culture, qui s'impose, mais propose un débat d'urgence en chambre dès la reprise des travaux parlementaire le 22 octobre. «Je crois effectivement qu'une crise de cette ampleur exige que nous nous concertions pour y faire face», écrit Mme Marois. «Notre rencontre pourra être l'occasion de discuter des modalités selon lesquelles ce débat pourrait se dérouler.»