Crise financière: Charest se fait rassurant

En faisant référence à la crise financière actuelle, Jean Charest a souligné hier qu’«il y a, entre nous et les États-Unis, deux mondes».
Photo: Agence Reuters En faisant référence à la crise financière actuelle, Jean Charest a souligné hier qu’«il y a, entre nous et les États-Unis, deux mondes».

Jean Charest s'est montré rassurant hier quant à un éventuel impact chez nous de l'actuelle crise financière qui secoue les États-Unis. Selon le premier ministre, nos institutions financières sont plus solides que celles de nos voisins et, surtout, le système politique québécois et canadien est mieux adapté pour faire face à de telles urgences.

Invité à exposer ses projets d'accords internationaux en matière de mobilité de la main-d'oeuvre devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), M. Charest a d'abord profité de la tribune pour aborder la crise financière américaine. Il a souligné qu'«il y a, entre nous et les États-Unis, deux mondes» d'abord parce que la population d'ici n'a pas été incitée à utiliser de nouveaux outils de prêt, ce qui a participé à créer une bulle financière dans le monde immobilier. Nos institutions financières sont fort différentes et solides, a soutenu Jean Charest.

Mais pour le premier ministre, c'est d'abord et avant tout le système politique qui donne un avantage certain au Canada et au Québec sur les États-Unis. Avec un système d'inspiration britannique où la solidarité ministérielle a son importance, un gouvernement peut réagir plus rapidement et parer les coups.

«Le système des caucus nous permet de mieux travailler, je pense, lorsqu'il s'agit de faire face à une urgence. Mon expérience m'a appris que, dans des circonstances où nous devons poser un geste fort, parfois impopulaire à court terme, notre système politique au Québec et au Canada est mieux adapté», a affirmé Jean Charest.

Selon lui, le système politique québécois et canadien a également l'avantage de rendre «nos députés moins vulnérables, leur donne davantage de confort et d'aisance quand il s'agit de faire face à des urgences». Cela s'expliquerait par le fait que les députés ne sont pas tenus de suivre la ligne de parti.

Aux États-Unis, le plan d'aide de 700 milliards $US aux institutions financières concocté par le président Bush a nécessité d'importantes négociations entre les républicains et les démocrates. Il a toutefois été rejeté.

Un nouvel espace économique

Par ailleurs, le premier ministre a fait la promotion de ses idées, comme il le fait depuis maintenant plus d'un an, concernant un nouvel espace économique à créer. À la faveur du Sommet Canada-Union européenne et du Sommet de la francophonie qui se dérouleront l'un après l'autre à la mi-octobre, M. Charest souhaite conclure des accords, notamment sur la mobilité de la main-d'oeuvre.

«L'accès facilité de nos entreprises au marché européen, c'est être moins dépendant du marché américain. Ça tombe bien! [...] Il faut, et le contexte nous le rappelle, faire des efforts pour diversifier nos échanges économiques», a expliqué M. Charest.

Pour le premier ministre, les nouveaux liens en développement permettront de «promouvoir avec plus de force notre présence dans le monde et notre identité québécoise». «Mon rêve à moi, c'est que dans dix-quinze ans d'ici, ailleurs sur la planète, les gens puissent dire: je veux faire ce qu'ils ont fait au Québec», a lancé Jean Charest.