Parti vert du Québec - L'agitation contre le chef s'accentue

Après la démission, les reproches. L'ex-président du Parti vert du Québec (PVQ), Brian Gibb, remet désormais ouvertement en question le leadership de son chef. Trois jours après avoir claqué la porte du conseil exécutif de la formation politique écolo, Gibb dénonce en effet «l'incompétence» mais aussi «l'accession accidentelle» de Guy Rainville à la tête du parti. Un parti qui devrait, selon lui, revoir rapidement ses statuts et règlements pour que «pareille erreur» ne se reproduise plus.

«Le travail était insupportable», a indiqué au Devoir Brian Gibb pour justifier sa démission fracassante, annoncée mardi soir dernier.

«M. Rainville n'a ni les connaissances, ni l'expérience pour remplir des fonctions de chef du PVQ. Il a certes de bonnes intentions, mais c'est un débutant qui ne peut pas agir comme porte-parole crédible du parti.»

Le nouveau chef des verts a été élu en mars dernier après une course à la chefferie surprise déclenchée après qu'il ait récolté 50 signatures de membres, comme l'exigent les règlements du parti. Sa victoire contre son opposant Scott Mckay a été confirmée par 54,4 % des membres votants.

Rainville est étonné

Joint hier par Le Devoir, M. Rainville s'est dit étonné par autant de critiques, qui ne refléteraient en rien le sentiment des troupes vertes actuellement, selon lui. «Comme dans toutes les bonnes familles, il y a parfois des désaccords, et c'est ce que nous vivons aujourd'hui, a-t-il indiqué. Mais je ne pense pas qu'il y ait une crise majeure au PVQ.»

En coulisse, plusieurs membres de la formation politique contactés dans les derniers jours semblent d'ailleurs lui donner raison en affirmant que M. Rainville sert très bien le parti pour le moment. Ils se disent également dépassés par les propos de M. Gibb, qui, selon eux, ne sont pas le signe d'une frustration généralisée au sein du parti. «M. Rainville est un chef très humble, a commenté Richard Savignac, ancien chef du Parti vert. Et pour le moment, il fait très bien son travail.»

Lucide, M. Rainville reconnaît qu'il ne «fait pas de la politique depuis 20 ans» et qu'il apprend forcément beaucoup chaque jour. «Je suis un homme de coeur et de vision. Je n'ai pas l'impression d'avoir fait des erreurs jusqu'à maintenant. Les choses vont bien et ça va aller en s'améliorant.» Mais pour Brian Gibb, la présence de Rainville au sommet de l'organigramme du PVQ forcerait aujourd'hui une réflexion: «Notre parti a le vent dans les voiles, dit-il. Est-ce que nous voulons avoir ce chef pour les prochaines élections générales?»