Différend avec le chef du parti - Le président des verts du Québec claque la porte

Le Parti vert du Québec (PVQ) fait face à une nouvelle crise. Cinq mois à peine après s'être donné un nouveau chef, la formation écologiste doit composer désormais avec le départ précipité de son président, Brian Gibb.

L'homme vient de claquer la porte du conseil exécutif en raison d'importantes divergences d'opinion avec les hautes sphères du PVQ, a appris Le Devoir. Qualifié «d'inattendu» par l'actuel chef des verts, Guy Rainville, ce geste ne devrait toutefois pas compromettre, selon lui, la croissance prévue de son parti à l'aube d'un éventuel déclenchement d'un scrutin provincial.

Selon nos informations, Brian Gibb a fait part mardi soir dernier aux membres de l'exécutif de son intention de quitter ses fonctions de président. Il avait été élu à ce poste par le conseil national du PVQ en mars dernier. D'importantes frustrations engendrées dans les derniers mois par des prises de position et gestes récents du chef seraient à l'origine de ce départ, a indiqué une source proche de la direction du parti tout en évoquant le ton colérique de la lettre de démission du président.

Joint hier par Le Devoir, Guy Rainville a confirmé que des «visions différentes des choses» ont amené le président du PVQ à tirer subitement sa révérence. «Ce sont des choses qui arrivent, a-t-il indiqué. Cela fait partie de la vie d'une formation politique. Mais la vie continue, et je suis optimiste en l'avenir.»

La goutte...

En début de semaine, les tensions entre les deux hommes se sont exprimées sur la place publique alors que Guy Rainville a nié, par voie de communiqué, son appui à la candidate du NPD, Francine Boivin, dans la circonscription de Gatineau, «contrairement à ce qu'a laissé entendre Jack Layton lors de son passage dans la circonscription», pouvait-on lire. Dans les faits, quelques jours plus tôt, c'est plutôt M. Gibb qui avait soutenu publiquement la candidature de la néodémocrate. Le démenti de M. Rainville aura été la «goutte qui a fait déborder le vase», le geste du chef ayant été jugé «peu élégant» dans les circonstances, dit-on en coulisse.

Cette autre turbulence traversée par le PVQ fait suite aux tensions engendrées ce printemps par la course surprise à la direction commandée par Guy Rainville alors que le leadership de l'ancien chef Scott

McKay n'avait pas été formellement remis en question. L'ex-conseiller municipal avait même amené ses troupes à un niveau record d'appui lors des élections générales de 2007 en récoltant près de 4 % des suffrages. À l'époque, M. Gibb faisait partie de la garde rapprochée de M. McKay.