Les étudiants ne veulent pas plus de membres externes dans les conseils

Les étudiants rejettent catégoriquement l'idée d'accroître la représentation des membres externes dans les conseils d'administration des universités, comme le souhaite la ministre de l'Éducation.

«La valeur ajoutée miraculeuse que les membres externes apporteraient n'a pas été démontrée. Au contraire, dans le cas de l'Université du Québec à Montréal, ce sont les étudiants et les professeurs qui ont tiré la sonnette d'alarme sur le projet de l'îlot Voyageur», s'exclame le président de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), David Paradis, qui préférerait que les membres issus de la communauté universitaire soient majoritaires dans les instances des universités.

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) abonde dans le même sens, estimant que la ministre s'apprête à accroître l'influence des «intérêts marchands» dans la gouverne des universités. La porte-parole, Marie-Êve Ruel, argue que les membres externes, souvent issus du milieu des affaires et de la finance, sont moins bien placés pour orienter les destinées des universités qui «vivent l'université au jour le jour», soit ceux qui y travaillent et y étudient. Ces membres dits «indépendants» feront d'abord la promotion de «leurs propres intérêts financiers ainsi que de l'arrimage de l'éducation au marché du travail» plutôt que de défendre les «principes de bonne gouvernance», estime l'ASSE.

Les deux regroupements étudiants réagissaient hier à la volonté de Michelle Courchesne, révélée par Le Devoir, d'imposer la présence de deux tiers de membres externes dans les conseils d'administration des universités. Cette dernière doit rencontrer les dirigeants du milieu universitaire sous peu pour présenter les grandes lignes d'un projet de loi sur la gouvernance des universités qu'elle entend présenter cet automne.

«Si le gouvernement veut vraiment contribuer au développement des universités, tout en impliquant les entreprises privées, ce doit être par une véritable imposition fiscale de ces entreprises, et non pas en leur permettant de s'ingérer dans les conseils d'administration», tonne la porte-parole de l'ASSE, Marie-Êve Ruel.

La FEUQ réclame quant à elle une meilleure reddition de comptes des universités. L'organisme souhaite que le gouvernement oblige les dirigeants d'établissement à présenter un rapport détaillé, avec des indicateurs précis sur leurs budgets et leur fonctionnement, lors de leur passage annuel devant la commission parlementaire de l'éducation.

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