Pas de bisbille à l'UNESCO, dit Audet

Québec — Le nouveau représentant du Québec à l'UNESCO, Michel Audet, a affirmé hier que sa première année de mandat s'est déroulée harmonieusement sans qu'aucun différend ne survienne avec la délégation canadienne dont il fait partie, à la suite d'un engagement électoral des conservateurs.

Selon M. Audet, les dossiers relevant de cette agence de l'Organisation des Nations unies, dont le siège est à Paris, ne sont pas source de positions divergentes entre le fédéral et le provincial.

«À cause des objets qui sont discutés à l'UNESCO, à savoir la politique scientifique du Québec, l'éducation, la culture et la société de l'information, ce ne sont pas des enjeux conflictuels au point qu'il y ait des différends qu'on ne soit pas capable de résoudre avant d'aller sur la place publique», a-t-il déclaré.

Après la campagne électorale fédérale de 2006, le chef conservateur Stephen Harper a réalisé qu'il ne serait pas en mesure de tenir sa promesse de permettre au gouvernement du Québec d'avoir un siège à l'UNESCO, selon le modèle du Sommet de la Francophonie, où le Québec a un statut de gouvernement participant.

Les règles de l'agence ont fait en sorte que le Québec a dû se contenter d'une place au sein de la délégation canadienne.

Hier, alors qu'il était de passage dans la capitale québécoise, M. Audet a rejeté les critiques entendues il y a deux ans, au moment de l'annonce d'un accord entre Ottawa et Québec, à l'effet que la place accordée au Québec était un strapontin.

Même si jusqu'ici le Québec a adopté des positions similaires à celles du Canada, M. Audet estime que les représentants québécois ont toute la latitude de faire valoir leurs points de vue, et il n'écarte pas la possibilité que des divergences soient éventuellement exprimées.

«On n'est pas dans le strapontin, on est vraiment aux commandes de notre propre destinée dans ce qu'on veut défendre à l'UNESCO, a-t-il dit lors d'un entretien téléphonique. On ne fait pas de la figuration, mais on est un acteur plein et entier de la communauté internationale dans la poursuite des objectifs de l'UNESCO.»

M. Audet n'entrevoit cependant pas de dossiers qui, au cours de la prochaine année, pourraient être une source de différends. Un enjeu important sera l'accord sur la diversité culturelle, pour lequel le Canada et le Québec ont des positions similaires, a-t-il expliqué.

Sur le plan du fonctionnement, M. Audet a expliqué que le Québec avait le droit de parole aux diverses instances de l'UNESCO, dont la Conférence générale qui se tient aux deux ans. Pour ce faire, la délégation québécoise doit à chaque fois négocier son intervention avec ses homologues canadiens.

«On s'entend avec les représentants du fédéral pour dire que sur tel enjeu, ça va être le représentant du gouvernement du Québec qui va avoir le micro pour l'ensemble des minutes accordées au Canada», a-t-il dit, estimant que des représentants québécois ont effectué une dizaine d'interventions formelles au cours de la dernière année.

M. Audet a affirmé qu'il a personnellement un libre accès à toute l'information communiquée à l'ensemble des pays ainsi qu'à tous les fonctionnaires et missions sur place.

Durant la campagne fédérale de 2006, le gouvernement du premier ministre Jean Charest avait revendiqué une place sur les instances internationales où sont débattues des dossiers qui relèvent de ses compétences provinciales.

L'UNESCO, chargée d'éducation, de science et de culture, avait été mentionnée, ainsi que l'Organisation internationale du travail et l'Organisation mondiale de la santé.

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