Début de saison de la LHJMQ sous le signe de la lutte contre la violence

La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, est intervenue une fois de plus auprès des dirigeants de la Ligue de hockey junior majeur du Québec pour qu’ils adoptent un plan d’action rigoureux qui mettra un terme aux b
Photo: Jacques Nadeau La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, est intervenue une fois de plus auprès des dirigeants de la Ligue de hockey junior majeur du Québec pour qu’ils adoptent un plan d’action rigoureux qui mettra un terme aux b

Sommés par la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), Michelle Courchesne, d'adopter des mesures antiviolence sévères, les gouverneurs et les directeurs-gérants des 18 équipes la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) s'efforceront d'ici demain de s'entendre sur un vaste plan d'action pour annihiler la violence gratuite au hockey. Ils ont entamé leurs travaux, hier, à Montréal.

Les représentants de la ligue et des équipes passeront en revue les 31 recommandations du comité consultatif sur la violence au hockey formé par Michelle Courchesne à la suite de l'agression — hautement médiatisée — du gardien de but des Saguenéens de Chicoutimi, Bobby Nadeau, par le gardien de but des Remparts de Québec, Jonathan Roy.

Coprésidé par Jacques Letellier et Danielle Sauvageau, le comité consultatif a accouché, fin août, d'un rapport énumérant 31 mesures éducatives et coercitives visant l'élimination la violence gratuite au hockey. Parmi celles-ci, on retrouve la mise sur pied de programmes d'aide et de soutien pour les joueurs et entraîneurs, et l'élaboration d'une charte des valeurs ou code d'éthique.

Jugeant les recommandations du comité consultatif trop timides, Michelle Courchesne, a de nouveau appelé, vendredi dernier, la LHJMQ à être implacable devant la violence. Elle entend que les bagarres soient formellement interdites. «Un pas de plus doit être fait pour l'établissement d'un environnement sain et sécuritaire pour la pratique du hockey. [...] La population s'attend à ce que la nouvelle réglementation qui sera adoptée par la ligue comporte des mesures suffisamment dissuasives au regard des batailles», a indiqué la ministre du MELS.

Michelle Courchesne va trop loin

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de loisir et de sport, Sylvain Légaré, accuse la ministre Courchesne d'ingérence et lui demande d'abandonner l'idée de forcer la ligue à interdire les bagarres au hockey. Il s'agit d'un faux problème, selon lui. «Je pense que la ligue va dans la bonne direction avec ce rapport-là. La ministre est tellement entêtée avec ses affaires de bagarre. Je ne veux pas qu'elle s'immisce dans les opérations normales des gens de la Ligue, a-t-il dit Il n'y a pas de problèmes de bagarre dans la Ligue junior majeur du Québec. Il y en a de moins en moins. Il y en a moins d'une par partie, ça dure 20 secondes et c'est fini. [...] Le cas Jonathan Roy-Bobby Nadeau, ce n'est pas une bagarre, c'est une agression.»

L'ancien entraîneur et arbitre de hockey mineur cite plutôt les «comportements abusifs, les attaques par derrière, les coups de [bâtons de] hockey» comme les véritables maux qui empoisonnent le hockey amateur au Québec.

Sylvain Légaré recommande à la LHJMQ d'adopter les recommandations du comité consultatif, mais estime que la décision définitif revient aux directeurs-gérants et aux gouverneurs de la ligue.

Le Parti québécois (PQ) fait pour sa part front commun avec le gouvernement pour l'abolition de la bagarre. La bagarre est une forme de violence, estime le porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de loisir et de sport, Luc Ferland. «Quand on tolère la bagarre, on incite des gestes gratuits, vicieux, violents comme [ceux de] Jonathan Roy envers Bobby Nadeau», a dit le député d'Ungava.

«Prenez le football qui est un sport de contact, un sport viril comme le hockey, la bagarre n'est pas tolérée, a indiqué Luc Ferland. Est-ce que la Ligue de hockey junior majeur a encore besoin des bagarres pour attirer une certaine clientèle? Moi, je pense que non.»

Luc Ferland invite la ministre Michelle Courchesne à prendre du recul dans ce dossier. «La ministre ne peut pas non plus gérer elle-même la Ligue de hockey junior majeur. Les dirigeants de la Ligue ont eu le rapport, ils ont des responsabilités et ils ont des décisions à prendre», a-t-il dit.

Le coup d'envoi de la saison 2008-09 de la LHJMQ sera donné jeudi.

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