Commission parlementaire sur les hippodromes - Loto-Québec ne se soucie pas des problèmes d'Attractions hippiques

Québec — La clé pour assurer la survie de l'industrie des courses de chevaux au Québec, c'est de trouver rapidement un terrain dans la couronne nord de Montréal pour construire un nouvel hippodrome associé à un salon de jeu de Loto-Québec. Mais, une fois le terrain trouvé, au moins un an et demi s'écoulera avant que les installations n'ouvrent leurs portes et n'encaissent leur premiers revenus, a signalé hier le président et chef de la direction de Loto-Québec, Alain Cousineau.

Comparaissant à la commission parlementaire qui se penche sur le contrat accordé à Attractions hippiques, l'entreprise du sénateur Paul Massicotte, Alain Cousineau s'est lavé les mains des problèmes financiers de cette société, rappelant que ni Loto-Québec ni le gouvernement ne lui avait fourni une garantie de revenu. Certes, les salons de jeux, appelés Ludoplex, ouverts à Québec et à Trois-Rivières au coût de 65 millions, ne remplissent pas leur objectifs financiers. Mais la situation s'est améliorée au cours des onze dernières semaines, a-t-il dit. Loto-Québec s'est engagée à verser 22 % des recettes de ces salons de jeu à Attractions hippiques.

Québec et Trois-Rivières comptent 600 appareils de loterie vidéo (ALV). Le noeud du problème, c'est que le nouvel hippodrome doit abriter 1300 ALV, soit 1100 de plus que le nombre d'ALV qui se trouvent à l'heure actuelle à l'hippodrome de Montréal. Selon les plans de Loto-Québec, ces nouveaux ALV ne peuvent se trouver sur le site de Montréal, parce que cet hippodrome est situé dans une «zone fragilisée», là où vit une population moins bien nantie et à risque. C'est pourquoi Loto-Québec veut établir son salon de jeu montréalais en périphérie, dans un milieu économiquement plus favorisé.

Mais trouver un terrain de 5 millions de pieds carrés qui convienne n'est pas chose facile. Il faut que le projet reçoive l'assentiment des citoyens qui vivent à proximité et que le salon de jeu soit éloigné des écoles. Il faut un terrain qui ne soit pas zoné vert. Après avoir étudié un terrain à Laval puis à Saint-Eustache, Paul Massicotte s'est rabattu récemment sur un terrain à Mirabel, qu'Attractions avait pourtant rejeté il y a un an, a souligné M. Cousineau.

Entre-temps, Loto-Québec attend la proposition du syndic puisque Attractions hippiques s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, ce que le député de Rousseau et porte-parole péquiste en matière de finances, François Legault, qualifie d'«attentisme». Talonné par M. Legault, le sous-ministre aux Finances, Jean Houde, a indiqué que l'objectif du gouvernement était de matérialiser le plan d'affaires d'Attractions hippiques même si l'entreprise ne respecte pas ses engagements contractuels et ne verse plus de bourses aux propriétaires de chevaux. «On n'est pas dans un mode de repartir à zéro», a dit M. Houde.