La chef du PQ, Pauline Marois, veut faire oublier la controverse McCartney

Québec — Pour éviter une nouvelle «affaire McCartney», les députés du Parti québécois devront à l'avenir observer scrupuleusement leur devoir de réserve à l'égard des pétitions en tous genres qu'on leur présente.

La chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, a cru bon de rappeler ce principe de base à ses députés à la suite de la controverse ayant entouré le spectacle de Paul McCartney sur les plaines d'Abraham à Québec, le 20 juillet dernier. «Il faut faire preuve de prudence. Quand on est député, il faut observer un devoir de réserve envers les pétitions. Je leur ai dit et peut-être que cela nous servira de leçon pour la suite des choses», a confié Mme Marois, en entrevue à La Presse canadienne plus tôt ce week-end.

La leader du PQ faisait allusion à ses députés de la région de Montréal, Martin Lemay, Daniel Turp et Pierre Curzi, qui sans consulter leur chef, s'étaient associés le mois dernier une pétition s'insurgeant contre la venue d'un chanteur britannique à l'occasion du 400e anniversaire de la ville de Québec.

En dépit de la controverse soulevée par l'initiative des députés, la chef péquiste ne croit pas que le Parti québécois portera les stigmates de cet épisode. De fait, elle se dit convaincue que l'affaire a été montée en épingle à la faveur de l'été, une saison durant laquelle l'actualité tourne au ralenti.

D'un ton badin, elle fait aussi remarquer que le tapage médiatique concernant cette pétition a eu somme toute un effet positif sur la prestation du Britannique.

«Est-ce qu'on peut se dire que tout cela a fait en sorte que McCartney a été absolument adorable pendant son spectacle? Il a brandi le drapeau du Québec, il nous a fait des clins d'oeil formidables», a lancé Mme Marois en éclatant de rire.

Lancée par le peintre et sculpteur Luc Archambault, la pétition décriait la «canadianisation» et le «détournement» des fêtes du 400e aux dépens des artistes locaux et des francophones.

Porte-parole de son parti en matière de culture, M. Curzi avait même affirmé que le choix de l'ancien bassiste des Beatles comme tête d'affiche des festivités était «la goutte qui fait déborder le vase».

L'affaire a rapidement fait le tour de la planète. Des quotidiens britanniques ont rapporté que le Québec réservait un accueil hostile au chanteur. Au pays, des journaux anglophones en ont profité pour écorcher le mouvement souverainiste, dénonçant ses relents de «xénophobie».

Passer l'éponge

La controverse prenait une telle ampleur, qu'à trois jours du spectacle, la chef du PQ diffusait un communiqué pour se dissocier de l'initiative des députés Curzi, Turp et Lemay.

«Je l'ai fait pour éviter les interprétations et les amalgames, car s'il y a un parti qui est ouvert sur le monde, c'est bien le nôtre», a-t-elle expliqué.

Mme Marois soutient qu'elle n'avait pas été informée au préalable de l'intention de ses députés de se joindre à la croisade du peintre Archambault. Même si elle concède que les trois élus péquistes ont «peut-être» manqué de prudence, elle ne leur en tient pas davantage rigueur et passe l'éponge.

«Quant à moi, la page est tournée, a tranché la députée de Charlevoix. Ce n'était pas dans l'intention de Pierre Curzi et de nos collègues de dénoncer la venue de Paul McCartney. Les commentaires portaient beaucoup plus sur ce qui se passe au 400e depuis le début.»

Selon elle, il est manifeste que le gouvernement Harper a voulu évacuer toute la réalité historique francophone de la fête et que cela mérite d'être mis en relief.

«Il y a une mainmise du fédéral assez forte. On a pu le constater lors du lancement des activités en présence de la gouverneure générale du Canada», a-t-elle rappelé.

Absente de Québec le 20 juillet, la leader souverainiste n'a pas assisté à la prestation de l'ex-Fab Four sur les lieux de la Conquête britannique de 1759. Mais à ce qu'elle en sait, sir Paul «a fait un superbe spectacle à la hauteur des attentes et même plus».