Logement - Le FRAPRU dresse ses tentes à Québec pour le 400e

Hier matin, ils étaient une trentaine de citoyens à s’activer sous la pluie pour planter leurs tentes en plein centre-ville.
Photo: Hier matin, ils étaient une trentaine de citoyens à s’activer sous la pluie pour planter leurs tentes en plein centre-ville.

Québec — Préoccupés par la situation du logement à l'approche du 1er juillet, les militants du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont installé leurs tentes à Québec pour une fête du 400e nouveau genre, le «Camp des 4 Sans».

Le porte-parole du FRAPRU, François Saillant, ne s'en cache pas: pour lui, le 400e est d'abord un prétexte. «On a décidé de tenir cette activité-là dans le cadre du 400e pour rendre visible un problème qui ne l'est pas», expliquait-il hier. Quand même, ajoutait-il, «il ne faudrait pas oublier que le premier geste que Champlain a posé en arrivant à Québec, c'est de se construire son Abitation».

Environ 80 personnes sont attendues au campement situé dans le parc de l'Amérique française, près du Grand Théâtre. Hier matin, ils étaient déjà une trentaine à s'activer sous la pluie pour planter leurs tentes en plein centre-ville, des militants de la cause du logement pour la plupart.

De la trentaine d'artistes et personnalités publiques qui ont offert leur soutien au camp ces dernières semaines (François Avard, Yves Beauchemin, Dan Bigras et plusieurs autres), aucun n'était attendu sur le site hier.

Jean Plamondon, de Gatineau, est venu camper avec sa petite famille pour dénoncer un problème qui le touche de près. «Ça fait quatre ans que je ne sais pas exactement où je m'en vais, que j'ai de la misère à avoir des logements parce que je suis un père de famille monoparentale avec cinq enfants. Les gens ne le disent pas, mais ils n'en veulent pas, des enfants, dans leurs immeubles.»

En plus du campement qui sera maintenu jusqu'à aujourd'hui, le FRAPRU a prévu tenir une grande marche demain sur la Grande-Allée. Un millier de personnes sont attendues à cette occasion.

Au-delà du taux d'inoccupation

Après avoir bénéficié d'une forte attention médiatique au sommet de la crise du logement il y a quelques années, les militants du FRAPRU cherchent de nouveau à attirer l'attention des médias et du public.

«On a l'impression que le problème du logement n'existe plus au Québec parce que le taux d'inoccupation a augmenté, déplore François Saillant. Les problèmes de logement, ce n'est pas juste une question de rareté.»

Les prix des appartements, souligne-t-on, ne cessent d'augmenter et les familles plus nombreuses ont de plus en plus de difficulté à se trouver des logements contenant plusieurs pièces.

D'emblée, certaines villes conservent un taux d'inoccupation nettement en dessous du seuil normal de 3 %. C'est le cas notamment de Québec, où le taux s'élevait à 1,2 % en 2007.
2 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 27 juin 2008 08 h 24

    Dérangeants

    Ah que ces gens sont dérangeants ! On ne pourrait pas laisser les gens fêter en paix en oubliant qu'une large portion de la population n'a ni les moyens de fêter ni le goût à la fête. Bravo au FRAPRU !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Joseph H. Chung - Abonné 27 juin 2008 12 h 45

    Il faut plus de logements sociaux

    Il est vrai que le bien-être d'habitation au Canada et au Québec est un des plus élevés au monde. Le nombre de logements dépasse largement celui de ménages. Le nombre de personnes par pièce, le critère universel de la qualité du logement, est bien inférieur à 1,0, ce qui est excellent. Le ratio du prix du logement par rapport au revenu annuel du ménage, le critère général du fardeau du coût du logement, est inférieur à 4,0. Dans bien des pays, le ratio dépasse 7,0. Quel est le problème,alors? Le problème est le manque d'équité dans la répartition du bien-être d'habitation. Le problème est qu'il y a environ 8% de la population qui vivent une situation pénible. Le logement coûte trop cher, le logement est trop petit par rapport au nombre de personnes du ménage, la qualité du logement est au dessous du niveau minimal accepté dans le monde. Mais, le plus grand problème chez les gens à faible revenu dont les immigrants est la rareté de logements "abordables." et la discrimination sociale.
    Quel est la solution alors? La solution est simple! Il faut augmenter le stock de logements locatifs sociaux et abordables en partenariat avec le secteur privé, comme on le fait aux États-Unis. Le régime de logements "abordables" mise en vigueur depuis quelques années au Québec n'est pas abordable pour les gens à faible revenu. Il faudrait également faire en sorte que la discrimination sociale soit surveillée d'une façon plus systématique. J'ai eu l'occasion de témoigner des cas dans lesquels le locateur impose un dépôt d'un an de loyer, ce qui est contre l'esprit du code civil. C'est un fait bein connu qu'il y a des abus de toute sorte de la part du locateur. Je pense que la façon la plus fiable d'éviter ces abus est l'abondance de logements abordables. Et pour ça, il faut une volonté politique plu ferme. Je félicite les gens du FRAPRU et ses collaborateurs pour leur initiative de sensibiliser la population à la gravité du problème du logement abordable.

    Joseph H. Chung, économiste, jhsch2002@yahoo.com