Jérôme-Forget craint la faillite d'Attractions hippiques

Québec — Le gouvernement agit avec prudence concernant Attractions hippiques parce que la société, qui a obtenu la gestion des hippodromes québécois, pourrait décider rapidement de faire faillite, a déclaré hier la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.

La ministre a reconnu que l'entreprise, qui gère les quatre hippodromes du Québec depuis leur privatisation en 2006, contrevenait aux conditions de l'entente conclue avec le gouvernement en ne versant pas aux vainqueurs des courses de chevaux les montants de bourses prévus. Elle a toutefois indiqué qu'Attractions hippiques, dont le propriétaire est le sénateur libéral Paul Massicotte, avait jusqu'en novembre 2009 pour régulariser sa situation et verser la totalité des sommes prévues pour l'année 2008.

Mme Jérôme-Forget a manifesté des réticences concernant la possibilité qu'elle demande à Loto-Québec de suspendre le versement à l'entreprise de redevances provenant d'appareils de loterie vidéo (ALV). «C'est un dossier qui va devoir être réglé, mais je peux vous assurer que je vais faire les choses correctement, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse. Il y a des emplois en jeu et, par conséquent, je vais m'assurer que, si M. Massicotte ne respecte pas ses obligations, bien sûr on va intervenir.»

En février, l'exploitant des hippodromes de Québec, Trois-Rivières, Aylmer et Montréal a, pour la première fois, annoncé une réduction de 15 % du montant des bourses versées cette année. Attractions hippiques, qui se plaint de la faiblesse des redevances provenant de Loto-Québec, a aussi réduit le nombre de courses au programme.

Hier, Mme Jérôme-Forget a confirmé que cette redevance de 22 %, prélevée sur les revenus des ALV placés dans des salons de jeu, était moins élevée que prévu. Elle a aussi soutenu, chiffres à l'appui, que le financement du gouvernement dans l'industrie des courses de chevaux avait diminué depuis la privatisation, contredisant les récentes déclarations du Parti québécois.

La ministre, qui souhaite trouver une solution sans recourir aux fonds publics, a indiqué que le gouvernement doit faire preuve de prudence parce que la situation financière d'Attractions hippiques pourrait mener à sa faillite. «La raison pour laquelle je vous dis qu'on doit bouger prudemment, c'est qu'une entreprise qui a des financiers et qui perd de l'argent, dans mon livre à moi, tout à coup, ça réagit très, très vite, ça s'appelle faire faillite, a-t-elle dit. Et, quand arrive une faillite, c'est le syndic qui entre en jeu.»

Lors d'une conférence de presse qui a suivi, le porte-parole péquiste en matière de finances, François Legault, a affirmé que le gouvernement doit trouver un nouveau modèle pour l'industrie des courses de chevaux, dont les retombées économiques annuelles étaient estimées à 23 millions de dollars en 2000.

Selon lui, si le gouvernement accepte de renégocier les conditions de la privatisation avec Attractions hippiques, il doit aussi renégocier avec tous les partenaires intéressés par la gestion des hippodromes.