Hippodromes: Massicotte défend sa gestion

Le propriétaire d'Attractions Hippiques, Paul J. Massicotte, a dénoncé hier les propos tenus la semaine dernière par le député péquiste François Legault, voulant qu'il ne serait pas apte à gérer les quatre hippodromes sous sa gouverne et qu'il les aurait obtenus en raison de ses liens avec le Parti libéral. Il a également fait valoir qu'il n'avait désormais plus d'objection à rendre public le contrat de gestion des hippodromes obtenu à la suite d'un appel d'offres public.

«En raison de négociations commerciales qu'il me restait à faire, je n'avais pas autorisé la publication du contrat, a-t-il déclaré dans une lettre envoyée aux médias. Mais ces négociations sont terminées et, pour que tout soit clair, je n'ai plus aucune objection à publier le contrat qui me lie au gouvernement et à Loto-Québec. [...] Vous pourrez constater que ce contrat ne comporte aucune clause honteuse, contraire aux lois du marché ou à l'intérêt de la province.»

«Vous avez porté atteinte à mon honneur et à mon intégrité morale en tentant de me faire passer pour un important bailleur de fonds du Parti libéral du Québec, laissant sous-entendre que j'aurais remporté l'appel d'offres grâce à des dons faramineux et à mes contacts au sein de l'équipe du premier ministre, Jean Charest», a poursuivi M. Massicotte. Il a précisé avoir donné 2500 $ aux libéraux en 2000 et en 2001.

En fait, non seulement M. Legault mais aussi les partis d'opposition estiment que des liens étroits entre le sénateur Massicotte et le Parti libéral du Québec expliqueraient certains éléments du dossier des hippodromes passés aux mains du sénateur Massicotte en août 2006. Celui-ci devait remettre sur les rails une industrie moribonde, ce qu'il n'est pas parvenu à faire.

Dans sa lettre, le propriétaire d'Attractions Hippiques a aussi défendu sa volonté de réduire de 8,5 millions les bourses annuelles aux hommes de chevaux malgré ses obligations contractuelles, soulignant qu'il en allait de la «viabilité des hippodromes». De plus, la relocalisation de l'hippodrome de Montréal dans la couronne nord prévue dans le projet ne ferait pas, selon lui, l'objet d'appuis par les pouvoirs publics «mais d'entraves». «Je dois me débrouiller tout seul, a-t-il plaidé. Les attentes qu'on a fait naître pendant la négociation du contrat ne se réalisent pas.» Il a en outre affirmé avoir reçu 8,1 millions d'aide gouvernementale en 2007, au lieu des 28 millions promis.

Il faut dire que les choses se corsent pour Attractions Hippiques. La semaine dernière, l'Assemblée nationale a adopté une motion exigeant la tenue d'audiences spéciales de la commission des institutions, afin de décortiquer l'entente entre le gouvernement du Québec et M. Massicotte.
 
1 commentaire
  • Patrice D'amour - Inscrit 20 mai 2008 06 h 24

    Et vive le pouvoir de la presse

    J'aimerais féliciter madame Kathleen Lévesque, qui par ses articles judicieux a su mettre la lumière sur cet autre exemple navrant de patronage et de copinage dans les hautes sphères du pouvoir et de l'argent. Pauvre sénateur Massicotte qui pensait faire la passe sur le dos de la population québécoise.

    Chapeau !