Élections partielles - Landry fustige le programme de l'ADQ

En écoutant Bernard Landry présenter ses candidats aux prochaines élections partielles hier, on aurait pu croire que le Québec se divise entre seulement deux partis: le Parti québécois... et l'Action démocratique du Québec.

Le chef du PQ, qui avait convoqué la presse à Laval pour vanter les mérites de son équipe en vue des élections partielles du 17 juin, a en effet réservé toutes ses attaques au parti de Mario Dumont. Du Parti libéral, nulle mention. Ou si peu.


«Beaucoup des éléments de [l'ADQ] sont totalement réactionnaires», a dit le premier ministre avant de se lancer dans une attaque en règle contre les principaux points mis en avant ces dernières années par les adéquistes.


«Beaucoup de choses vont sortir», a ainsi indiqué le premier ministre en faisant référence au fait que les projecteurs sont dorénavant braqués sur l'ADQ, ce qui l'obligera à expliquer son programme de «droite» et «fédéraliste», selon les termes utilisés par M. Landry.


«Certaines des politiques proposées jouxtent ce qu'il y a de plus à droite aux États-Unis d'Amérique. Les "vouchers" [bons d'études] pour choisir l'école des enfants, par exemple, mèneraient à la déstructuration des régions, à la division des classes sociales en établissements pour riches et en établissements pour moins riches, au regroupement des groupes ethniques et des religions. C'est une politique monstrueuse», a-t-il martelé.


M. Landry a également déploré que l'ADQ remette en question un acquis de la Révolution tranquille, soit la sécurité d'emploi des fonctionnaires. «Les fonctionnaires doivent savoir ça.»


Mais l'attaque la plus mordante visait la position constitutionnelle des adéquistes. «Il est maintenant clair que l'ADQ est un parti fédéraliste, a-t-il dit. On a eu une petite illusion dans la campagne dans Saguenay, où le candidat se disait souverainiste. Mais il a changé d'avis entre Baie-Comeau et Québec... un trajet assez court pour changer d'avis sur une question aussi grave! De plus, on a su du chef de l'ADQ que non seulement il n'est pas souverainiste, mais qu'il ne l'a jamais été.»


Par ailleurs, M. Landry a nié les propos rapportés dans La Presse d'hier selon lesquels son candidat dans Joliette, Michel Bellehumeur, aurait frayé avec l'ADQ avant de se ranger avec le PQ. Le principal intéressé aussi a catégoriquement rejeté les affirmations du responsable du recrutement de l'ADQ, Marc Snyder, qui soutient que l'ex-député bloquiste était «extrêmement intéressé à se présenter pour l'ADQ».


«Certains se vantent de conquête qu'ils auraient voulu faire mais qu'ils n'ont pas faite, a ironisé le premier ministre. Un souverainiste ne peut pas accepter des avances des fédéralistes.»


Pour sa part, M. Bellehumeur reconnaît avoir eu une rencontre avec M. Snyder où ce dernier aurait tenté de l'enrôler. «Je lui ai répondu: "T'es malade, tu peux le rêver mais c'est non", prétend-il. C'est non parce que je suis un souverainiste et que je suis un social-démocrate. Le programme de l'ADQ est bien trop à droite.»