Un effort pour «désenclaver» le Québec

Zachary Richard
Photo: Zachary Richard

Québec — «Désenclaver le Québec»: voilà l'objectif du Centre de la francophonie des Amériques, un projet cher au ministre Benoît Pelletier, qui a été lancé hier à Québec après plusieurs mois de retard.

Le Centre a pour mission d'oeuvrer au «rayonnement» du français de l'Alaska à la Terre de Feu et coûtera deux millions de dollars annuellement à l'État québécois. Les moyens utilisés apparaissent vagues pour l'instant: on parle de réseautage universitaire, de l'alimentation d'un portail Web (centredelafrancophoniedesameriques.com) et d'une «programmation». Projet «très très ambitieux», selon les mots du ministre Pelletier, qui a parmi ses cinq portefeuilles (le principal, Affaires intergouvernementales canadiennes), celui de la Francophonie canadienne. En 2001, il avait évoqué la création d'un tel centre dans un rapport au Parti libéral. Il y écrivait: «Nous souhaitons ardemment que le Québec s'inclue et se reconnaisse dans le concept de "francophonie canadienne", [...] qu'il en partage les idéaux. De cette façon, le Québec ne fera pas bande à part et le fait français lui-même, en Amérique du nord, aura plus de chance d'éviter la ghettoïsation.»

Le Québec est pour l'instant le seul à financer le fonctionnement du Centre. Et le fédéral? «J'ai tendu la main pour qu'il devienne partenaire et je n'ai pas eu de réponse», a admis M. Pelletier, hier. Il espère qu'Ottawa se montrera plus ouvert dans les prochains mois, mais, pour l'instant, il laisse entendre qu'il y a peu d'espoir.

Au reste, le chanteur louisianais Zachary Richard et l'animatrice Monique Giroux font partie des 14 membres du conseil d'administration, présidé (de façon bénévole) par l'ancien directeur du Devoir, Jean-Louis Roy.

C'est ce dernier qui a utilisé dans son allocution l'expression «désenclaver le Québec». Interrogé sur le sens de ce commentaire plus tard, M. Roy a d'abord utilisé une pirouette: «Toutes les communautés sont enclavées!» Puis il a ajouté que lorsqu'on est comme le Québec, «sept millions sur un continent qui en a 350, il est évident qu'on a besoin de toutes les communautés, ailleurs sur le même continent, qui sont prêtes à construire des choses». Surtout, a-t-il insisté, à l'heure où les pays émergents, comme la Chine et l'Inde, font beaucoup pour «déployer leur culture». Avant, un étudiant américain qui voulait apprendre une langue étrangère songeait d'abord au français. «Aujourd'hui, l'hindi et le mandarin sont aussi dans sa liste.» Et 1,2 milliard de dollars seront consacrés à l'enseignement du mandarin dans les trois prochaines années aux États-Unis, fait-il remarquer. Dans ce contexte, dit M. Roy, nos débats linguistiques centrés sur la menace de l'anglais «vont bientôt nous sembler du bonbon». Il est donc temps à son sens de «sortir de nos querelles insignifiantes». Exemple? «Tous ces débats sur "est-ce que les minorités francophones ont des chances de survie oui ou non?".»

C'est ce dernier qui a utilisé dans son allocution l'expression «désenclaver le Québec». Interrogé sur le sens de ce commentaire plus tard, M. Roy a d'abord utilisé une pirouette: «Toutes les communautés sont enclavées!» Puis il a ajouté que lorsqu'on est comme le Québec, «sept millions sur un continent qui en a 350, il est évident qu'on a besoin de toutes les communautés, ailleurs sur le même continent, qui sont prêtes à construire des choses». Surtout, a-t-il insisté, à l'heure où les pays émergents, comme la Chine et l'Inde, font beaucoup pour «déployer leur culture». Avant, un étudiant américain qui voulait apprendre une langue étrangère songeait d'abord au français. «Aujourd'hui, l'hindi et le mandarin sont aussi dans sa liste.» Et 1,2 milliard de dollars seront consacrés à l'enseignement du mandarin dans les trois prochaines années aux États-Unis, fait-il remarquer. Dans ce contexte, dit M. Roy, nos débats linguistiques centrés sur la menace de l'anglais «vont bientôt nous sembler du bonbon». Il est donc temps à son sens de «sortir de nos querelles insignifiantes». Exemple? «Tous ces débats sur "est-ce que les minorités francophones ont des chances de survie oui ou non?".»

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