Verts et solidaires unis pour une cause

Il n'y a pas de fusion en vue, mais des unions ponctuelles sont maintenant possibles: le nouveau chef du Parti vert du Québec (PVQ) et la porte-parole de Québec solidaire (QS) ont uni leurs voix hier pour demander une réforme du mode de scrutin et de la carte électorale.

Il s'agissait d'une première conférence de presse conjointe pour les deux partis. Élu il y a trois semaines, le chef des verts, Guy Rainville, a toutefois indiqué qu'il ne s'agissait pas du début d'un véritable rapprochement entre les deux partis.

«C'est ponctuel, a-t-il dit. On est là pour défendre les citoyens dans des dossiers précis. On ne connaît pas l'avenir, et pour le moment on a décidé d'agir ensemble.» Françoise David a pour sa part indiqué en souriant que les «relations sont bonnes» depuis sa première rencontre avec M. Rainville... dimanche dernier. Mais il n'y a rien de plus, a-t-elle assuré.

Si le PVQ et QS ont décidé de mettre de côté leurs différends — dans le passé, des rumeurs laissaient entendre que les solidaires souhaitaient absorber les verts —, c'est pour la cause. En l'occurrence, celle de la réforme du mode de scrutin.

«Ce débat est un enjeu fondamental de démocratie, a lancé Mme David. Nous voulons parler d'une même voix sur ce sujet.» Cela, pour donner une nouvelle force à un message que chacun trimballe depuis plusieurs mois: il faut changer le mode de scrutin actuel pour adopter un modèle proportionnel qui donnera une représentativité plus juste.

«Et qui dit système proportionnel mixte dit refonte de la carte électorale», estime Mme David. Elle et M. Rainville se sont dits satisfaits de la décision du Directeur général des élections (DGE) d'aller de l'avant avec la consultation publique sur la réforme de la carte électorale, qui débutera lundi. Les deux partis y présenteront des mémoires distincts, qui lieront la réforme de la carte à une nécessaire réforme du mode de scrutin.

Le Parti libéral et le Parti québécois s'opposent à la proposition de nouvelle carte rendue publique par le DGE il y a un mois. La question du poids politique des régions cause notamment problème.

À cet égard, Françoise David réaffirme qu'un scrutin proportionnel mixte ne défavoriserait pas les régions. «Il y a toutes sortes de façons de s'assurer d'une représentation effective des électeurs et des régions. On connaît les craintes des régions de perdre [du poids]. Mais au contraire, la proportionnelle mixte pourrait garantir leur place», croit la porte-parole de QS.

Chose sûre, tant Mme David que M. Rainville veulent que ce débat se fasse dans de bonnes conditions. «On ne peut pas laisser les partis actuellement au pouvoir décider seuls des règles de leur élection, lance le chef des verts. C'est à la population de le faire.» En ce sens, il situe la sortie d'hier comme «une démarche démocratique et non politique».