Le nouveau chef des verts recycle les idées de son prédécesseur

Guy Rainville
Photo: Pascal Ratthé Guy Rainville

La continuité dans la rupture. Trois jours après son élection à la tête du Parti vert du Québec (PVQ), le nouveau chef de la formation politique écologiste, Guy Rainville, a annoncé hier ses couleurs. Sous sa houlette, le PVQ va défendre, entre autres, l'assouplissement des horaires des centres de la petite enfance (CPE), la création d'une coopérative de chemin de fer, la décentralisation des pouvoirs politiques dans les régions, l'interdiction du mazout lourd et le financement de la culture par une taxe sur la publicité, a-t-il annoncé hier tout en soulignant que le Parti vert va «fondamentalement rester le même».

À l'instar de son prédécesseur, Scott McKay, qui a perdu son statut de chef lors du congrès du PVQ qui s'est tenu en fin de semaine à Trois-Rivières, le nouveau patron des verts a affirmé en conférence de presse à Montréal que son parti va, dans les prochains mois, s'afficher sur la place publique non pas comme «un autre groupe de pression en environnement» mais bien comme «un parti politique complet et crédible» qui «a des positions dans tous les domaines d'activité».

«C'est comme ça que nous allons gagner la confiance des gens», a dit M. Rainville, qui espère, grâce à cette recette, doubler le nombre de voix exprimées en faveur des verts lors de la prochaine élection générale au Québec. Et ce, avec la présentation de candidats dans les 125 circonscriptions. En 2007, le PVQ avait fait sortir 152 885 votes, soit 3,85 % des suffrages exprimés, avec 108 aspirants députés.

Pour arriver à ses fins, la nouvelle direction du Parti vert reprend donc le même bâton de pèlerin et surtout les mêmes thèmes que ceux développés lors de la dernière campagne: la «prospérité économique» dans une logique de développement durable, le soutien à l'agriculture biologique et la réforme du processus électoral vont ainsi être au programme.

«Partout dans le monde, les verts arrivent à percer dans des modes de scrutin proportionnels», a souligné Brian Gibb, président du PVQ nouvellement élu, lui aussi, lors du congrès. «Or, au Québec, même si cela va à l'encontre de la démocratie, les partis traditionnels font tout en ce moment pour empêcher l'émergence des petits partis. Et nous allons travailler pour que cela change.»

Élu avec une majorité de 43 voix, M. Rainville a assuré que sa victoire, au terme d'une course à la chefferie où les deux candidats auront défendu des idées similaires, n'allait pas créer des divisions au sein du parti. «Nous sommes une grande famille et nous allons travailler ensemble pour faire avancer le parti», a-t-il indiqué. Le nouveau chef avoue d'ailleurs avoir convié ses troupes dimanche dernier à appuyer Scott McKay, qui, malgré sa défaite, va se présenter dans la circonscription de Bourget, où une élection partielle doit être déclenchée d'ici le 15 avril.

Le même traitement devrait être réservé, selon lui, à Xavier Daxhelet, un pilier du PVQ, qui lundi prochain va être officiellement élu candidat vert dans Pointe-aux-Trembles, où une élection partielle va là aussi se tenir sous peu.

Pressé d'apposer sa marque, M. Rainville compte d'ailleurs dans les prochaines semaines annoncer la composition d'un premier cabinet fantôme regroupant les «douze critiques du PVQ» dans une «foule de sujets», a-t-il souligné. Le nouveau chef, discret pour le moment sur l'identité de ces porte-parole, espère toutefois qu'ils seront à même de placer «les valeurs humaines au centre des politiques du Québec».

Ces valeurs, le nouveau chef, un ancien vendeur d'assurances aujourd'hui consultant en géothermie, les amène pour sa part depuis 2004 dans plusieurs écoles en faisant la promotion d'une alimentation crue par l'entremise d'un programme baptisé «Germe la vie». L'idée? Inciter les jeunes à faire germer des graines de lentilles ou de pois chiche pour lutter contre la faim dans les quartiers défavorisés. «Avec ce programme, il est question d'alimentation saine et de lutte contre la pauvreté, dit M. Rainville. Je rêverais que ce programme soit répandu dans toutes les écoles du Québec.»