Le Parti vert du Québec a un nouveau chef

Le Parti vert du Québec s'est donné un nouveau chef cette fin de semaine en portant Guy Rainville à sa tête, qui succède ainsi à Scott McKay. Le nouveau leader, élu à la surprise générale, souhaite donner plus de panache à sa formation, notamment en démontrant qu'elle ne se résume pas à une option politique marginale vouée à la cause environnementale.

Celui qui était jusqu'alors vice-président du parti a obtenu 54,4 % des voix à l'occasion du congrès national du parti, qui avait lieu à Trois-Rivières. M. Rainville a récolté 268 votes des membres, contre 225 pour M. McKay. «Je dois travailler à gagner la confiance des délégués qui ont appuyé Scott McKay, a-t-il d'ailleurs admis hier au cours d'un entretien téléphonique. Mais je crois qu'au-delà de la partisanerie, tout le monde a à coeur de faire progresser le parti.»

Le nouveau chef, qui s'est joint aux Verts en septembre 2004, souhaite surtout prouver la viabilité économique des propositions du parti. Il dit ainsi vouloir contrecarrer «la perception que les lois environnementales nuiraient à la croissance économique». Il cite en exemple le cas de l'État de la Californie, qui prévoit créer près de 90 000 emplois d'ici une décennie en raison du développement de «nouvelles technologies qui sont aussi porteuses de nouveaux emplois».

M. Rainville s'est en outre fixé l'objectif «ambitieux» de faire passer le nombre de membres de 2000 à 25 000 d'ici 2010. «Un parti politique qui se respecte doit avoir un minimum de membres», croit-il. Mais, pour atteindre ça, il faut prouver à la population que nous sommes un parti complet, crédible, et non seulement un parti environnemental.» Il est certain d'y arriver en élaborant des propositions de politiques économiques, sociales et culturelles «inspirantes» pour les électeurs de la province.

Le Parti vert espère aussi bénéficier de davantage de visibilité dans le futur. «Nous avons moins de couverture médiatique que Québec solidaire, malgré le fait qu'on a eu un meilleur résultat qu'eux à la dernière élection et que, depuis deux ans, on a toujours des sondages supérieurs à eux, a soutenu son chef. Mais on accepte la situation. C'est à nous de travailler plus fort pour mériter plus d'espace dans les médias.»

Bulletins rejetés

Par ailleurs, M. McKay a critiqué le fait que le quart des bulletins de votes reçus pour l'élection du nouveau chef ont été rejetés. «Nous allons devoir, au sein du Parti vert du Québec, nous demander pourquoi nos membres ont si peu participé et remettre en question ces règles si contraignantes qu'elles ont invalidé environ 25 % des votes exprimés par nos membres», a-t-il affirmé samedi. «C'était une première expérience. On a appris de cette expérience et on va améliorer le système», a répliqué M. Rainville hier, estimant toutefois que le processus avait été «équitable» pour tous.

S'il s'est rallié à la décision des membres, le chef sortant a attribué sa défaite à une certaine «immaturité politique» au parti. M. McKay a dit s'être déjà fait reprocher son style trop «politicien», alors que plusieurs membres ont plutôt choisi d'adhérer à cette formation dans l'espoir de faire de la politique «différemment». «Un certain nombre d'entre eux ont l'impression que de devenir trop populaire, d'être trop électoraliste, c'est un peu un défaut», a-t-il indiqué.

Malgré tout, il entend se présenter dans la circonscription de Bourget lors de la prochaine élection complémentaire. Celle-ci doit être déclenchée d'ici le 17 avril. De son côté, le nouveau chef se présentera dans Deux-Montagnes, lors des prochaines élections générales, là où il était candidat lors du scrutin général de mars 2007.

Aux élections de mars 2007, le Parti vert avait récolté 152 885 votes, soit 3,85 % des bulletins valides, en présentant 108 candidats. On compte bien en avoir 125 la prochaine fois, a assuré M. Rainville hier.

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Avec La Presse canadienne