Les verts du Québec élisent leur chef

La tension monte dans les strates dirigeantes du Parti vert du Québec (PVQ) engagé depuis plus d'un mois dans une course à la direction. Alors que le vote postal des 2000 membres a débuté hier, pour les deux prochaines semaines, le candidat Guy Rainville a dit avoir bon espoir de remporter cette dernière manche fort d'«appuis significatifs» des apparatchiks de la formation écolo-politique. Des appuis dont l'importance a été toutefois minimisée par Scott McKay, l'actuel chef du parti.

«Les chiffres sont grossièrement exagérés, a indiqué au Devoir M. McKay. Il faudrait demander à M. Rainville de revoir ses méthodes de calcul.»

Dans un message destiné aux membres et diffusé sur le site Internet du PVQ, M. Rainville, un spécialiste en géothermie qui fait également la promotion du crudivorisme (l'art de manger cru) dans les écoles du Québec, sonne déjà la victoire. «Parmi les présidentes et présidents d'associations [du parti dans les circonscriptions], 74 % d'entre eux m'appuient, écrit-il. Parmi les membres de l'exécutif national actuel qui ont pris position, 80 % d'entre eux m'appuient, soit 4 membres sur 5.»

Tout en gardant la tête froide, le candidat estime donc que ses «chances sont bonnes» de remporter la victoire, a-t-il expliqué hier. «Mais je dois encore travailler fort, je suis moins connu des membres que mon opposant.»

Le début du vote postal vient mettre un terme à une campagne discrète qui s'est terminée sur une note dissonante pour M. Rainville. Lors d'un débat organisé mercredi dernier à la permanence du parti à Montréal, l'aspirant chef s'est en effet prononcé en faveur de la construction du pont de l'autoroute 25. Ce projet fait l'unanimité contre lui dans les milieux écolos. «Cela démontre donc un sérieux manque de connaissance dans ce dossier important», a dénoncé M. McKay.

«J'ai fait une erreur, c'est vrai et je l'ai reconnu», a indiqué M. Rainville qui dit avoir étudié la question depuis mais surtout avoir transmis un communiqué aux dirigeants du PVQ pour affirmer désormais son opposition à cette idée de pont. «Je l'ai fait après m'être informé sur le sujet et avoir pris conscience des véritables enjeux. Ce n'est pas de l'opportunisme politique, c'est de l'honnêteté.»

Les membres en règle du Parti vert du Québec ont jusqu'au 24 mars pour sceller l'avenir des deux candidats. Le vainqueur va être connu le 29 mars lors du Congrès national de cette formation politique qui, en mars 2007, a récolté 3,85 % des suffrages en présentant 108 candidats (sur une possibilité de 125). À titre comparatif, Québec solidaire, le parti de gauche, a obtenu 3,64 % des votes, avec 123 candidats.
1 commentaire
  • Simon Bernier - Inscrit 12 mars 2008 17 h 47

    Ce n'est pas le moment de changer de chef

    En tant que membre du PVQ, je ne crois pas qu'il serait raisonnable de changer de chef. En politique, on change de chef lorsqu'il est clairement demontrer que le parti a besoin d'un changement au niveau du leadership. Sous Scott McKay, le parti a grandit d'une facon fulgurante. Bien sur M.McKay n'est pas parfait. Mais je preferes appuyer un homme qui une bonne experience en politique (municipale et provinciale) qu'un nouveau venu dans le domaine. La prochaine etape dans l'ascension du PVQ, c'est de devenir une alternative de choix pour les quebecois. Guy Rainville serait a mon avis un chef sans experience, qui ne semblent pas posseder (a la lumiere des debats) une connaissance avancer des dossiers qui tient a coeur au PVQ.