Élection à venir dans Bourget - La mairesse Thériault défendra les couleurs libérales

Le Parti libéral du Québec mise sur la notoriété de la mairesse de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Lyn Thériault, pour reprendre la circonscription de Bourget au Parti québécois.

Le chef libéral Jean Charest a présenté hier soir la candidature de Mme Thériault qui portera les couleurs de son parti lors d’un prochain scrutin. Les libéraux ont choisi une personne ancrée dans son milieu. «Lorsque Mme Thériault va sillonner le comté de Bourget, elle croisera des hommes et des femmes qu’elle connaît. Elle n’aura pas à se présenter pour dire qui elle est. Ils l’a reconnaîtront sur le seuil de cette porte qu’elle aura déjà franchie», a affirmé M. Charest devant une centaine de militants libéraux.

Mairesse d’arrondissement depuis 2005, Lyn Thériault a d’abord été élue conseillère municipale en 2001 avec Vision Montréal, l’équipe de Pierre Bourque. Au même moment, elle cumulait les fonctions de commissaire scolaire (entre 1998 et 2007). Mme Thériault s’est dite particulièrement fière d’avoir mis sur pied une table de concertation des élus locaux, réunissant les élus fédéraux, provinciaux, municipaux et scolaires.
La candidate a dit offrir sa détermination et sa connaissance intime de la circonscription contrairement à son principal adversaire, le péquiste Maka Kotto, parachuté dans Bourget. «Mon mari et moi avons choisi de vivre dans Bourget. M. Kotto, lui, veut un bureau», a-t-elle lancé.

La circonscription de Bourget est sans député depuis l’automne dernier alors que Diane Lemieux remettait sa démission, mécontente du peu de place que lui laissait la nouvelle leader péquiste, Pauline Marois. Une élection partielle doit y être déclenchée au plus tard à la mi-avril, mais l’annonce pourrait se faire d’ici à peine quelques semaines étant donné que la circonscription voisine de Pointe-aux-Tremblay est également orpheline depuis septembre dernier. L’ancien chef du PQ, André Boisclair, y était député, mais devant la remise en question de son leadership après la défaite électorale de mars 2006, il a préféré tirer sa révérence.

Jean Charest n’a pas manqué hier de rappeler les psychodrames qui secouent régulièrement le PQ. Le dernier en liste étant le dépôt du rapport Castonguay sur le financement des soins de santé; Mme Marois a refusé de se prononcer. «Ne pas avoir d’opinion, c’est de l’innovation en politique, a dit, railleur, M. Charest qui était entouré pour l’occasion d’une douzaine de députés et de ministres.

Les libéraux entendent ravir Bourget au PQ. Longtemps représentée par Camille Laurin, le père de la Loi 101, la circonscription était passée aux mains du PLQ en 1989 jusqu’en 1996, avant de revenir dans le giron péquiste. Lors du scrutin de mars 2006, le PLQ avait dû se contenter d’une troisième place derrière le PQ et l’Action démocratique du Québec. Hier soir, l’ADQ a été complètement ignorée.

Lyn Thériault veut demeurer en poste à la mairie d’arrondissement et peut-être même y revenir si elle essuie une défaite. «Je vais me retirer durant le temps fort de l’élection, mais je n’ai pas à démissionner», a-t-elle soutenu. Sa position n’est pas sans rappeler la décision de son adversaire Maka Kotto qui est encore à ce jour député du Bloc québécois dans Saint-Lambert.

Pour ce qui est dossiers locaux qu’elle entend défendre, Mme Thériault a notamment pointé celui de la construction d’un centre sportif ainsi que la réfection de la rue Notre-Dame. Sur ce dernier point, Mme Thériault s’est prononcée favorablement, avec ses collègues maires des autres arrondissements de l’est de Montréal, même si sa position heurte de plein fouet le point de vue des citoyens exprimé lors des récentes audiences publiques sur le sujet. «C’est une belle occasion pour moi pour travailler ce dossier-là et démontrer les besoins de la population. Ce n’est que quelques groupes très ciblés qui étaient en désaccord. Ce n’était pas la population en général», a expliqué Lyn Thériault.