Une fleur de Sarkozy à son ami Paul Desmarais

Paris — Jean Charest a eu un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy hier, au Palais de l'Élysée, où l'homme d'affaires Paul Desmarais père a par ailleurs été promu dans l'Ordre de la Légion d'honneur.

Le premier ministre québécois est arrivé à Paris hier matin pour une longue fin de semaine en compagnie de son épouse. Ce séjour en France, considéré comme de nature privée, n'avait pas été annoncé.

Et comme il ne s'agit pas d'une mission officielle, a indiqué le cabinet du premier ministre Charest, mais bien d'une longue fin de semaine de «vacances» en France, aucun sujet précis n'était à l'ordre du jour de la rencontre avec le président Sarkozy.

M. Charest et son épouse ont donc pris un vol commercial pour se rendre à Paris et assumeront les frais du voyage. Dans les circonstances, le couple voyage seul, sans le personnel rattaché au cabinet du premier ministre, qui le suit habituellement dans tous ses déplacements publics.

M. Charest s'est d'abord rendu dans la capitale française pour assister à la remise, par le chef de l'État français, des insignes de Grand-Croix de la Légion d'honneur à M. Desmarais et au dîner qui devait suivre la cérémonie, a-t-on appris.

Paul Desmarais (comme ses fils d'ailleurs) est un très proche ami de Nicolas Sarkozy, qui a déjà séjourné plusieurs fois, dit-on, au domaine de Sagard, dans Charlevoix. Il avait aussi pris part à la fête donnée au célèbre restaurant Fouquet's sur les Champs-Élysées pour célébrer l'élection du nouveau président, en mai 2007.

Sur le plan symbolique, la promotion de l'homme d'affaires, très engagé dans les milieux financiers français à travers Albert Frère, Total et Suez notamment, n'est pas anodine. La Grand-Croix, qui se porte en écharpe suspendue à un large ruban rouge qui passe sur l'épaule droite, est la plus haute «dignité» dans l'Ordre de la Légion d'honneur. Réservée à quelques dizaines de récipiendaires, elle se situe au-dessus des «rangs» de chevalier, d'officier et de commandeur et d'une autre «dignité», celle de grand officier.

Paul Desmarais se retrouve en bonne compagnie: dans le passé, cette décoration prestigieuse a été accordée à Alexandre de Russie, Gustave Eiffel, Lech Walesa, l'abbé Pierre et à des présidents fraîchement élus: Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand et Nicolas Sarkozy.

M. Charest sera de retour au Québec lundi.