Un nouvel institut fédéraliste à Montréal

Québec — Il déteste qu'on le désigne comme «le fils de», mais lorsque Patrice Ryan présidera ce soir à la création officielle de l'Institut du Canada moderne (ICM), nouvelle «boîte à idées» vouée au «renouvellement de l'État fédéral canadien», plusieurs vont se demander s'il ne marche pas dans les traces de son père, Claude. «J'ai un faible pour Le Devoir», note au détour d'une phrase celui qui est à la tête de Ryan affaires publiques, une firme de lobbying et de communications.

Un autre «fils de» fait partie du conseil d'administration, Alexandre Trudeau. «C'est un cinéaste, qui s'assume très bien comme personne», rétorque Patrice Ryan, un sourire dans la voix à l'autre bout du fil.

Malgré tout, «peu de gens connus font partie de l'Institut», et ce ne sont pas «des gens de la vieille garde», explique M. Ryan, qui agit avec un cofondateur, l'avocat Frédéric Bérard, lequel travaille pour la firme de relations publiques HKDP. C'est toutefois en présence de Benoît Pelletier, ministre québécois des Affaires intergouvernementales, de Michael Ignatieff (député libéral fédéral), ainsi que d'André Pratte, éditorialiste en chef de La Presse, que sera lancé l'ICM ce soir au très branché Suco Lounge à Montréal. Ce sont là des invités d'honneur qui viennent «saluer l'initiative», précise M. Ryan, et non des membres actifs de l'ICM: «Ce sont des amis plus que des partenaires.»

Plusieurs auteurs qui ont participé à l'ouvrage collectif Reconquérir le Canada, Un nouveau projet pour la nation québécoise, (Voix parallèles), sous la direction de M. Pratte, seront présents. L'idée de l'ICM est toutefois antérieure à la production de ce livre, qui visait, comme le nouvel institut, à renouveler les idées sur la fédération canadienne. «Aussi, on n'est pas partisans, on n'est pas PLC, on n'est pas conservateurs, on est canadiens fédéralistes, essentiellement.» Canadiens d'abord et avant tout? «Canadiens, québécois... fédéralistes... on est un peu comme Elvis Gratton !», répond un Ryan plein d'autodérision, avant d'ajouter plus sérieusement: «C'est ça l'essentiel du message, on est "tout" ça: il faut qu'on trouve une façon d'exprimer ce mélange correctement d'une façon qui est honorable et digne», plaide-t-il.

Le Think Tank

L'ICM dévoilera ce soir un premier numéro de son bulletin d'une quinzaine de pages s'intitulant Le Think Tank. Dans une interview avec les deux cofondateurs, M. Ryan explique qu'il compte intervenir sur la place publique puisque, à son sens, «il n'y a pas réellement de voix à l'extérieur des partis politiques traditionnels pour les gens qui croient encore que ce pays, le Canada, vaut la peine d'être promu et défendu». L'ICM étant à la recherche de financement, elle n'a pas, pour l'instant, les moyens de publier des études, ce qu'il compte faire à moyen terme. La vitrine Web n'est pas non plus terminée. Les nouvelles «boîtes à idées» ou think tank sont nombreuses au Québec. Pensons à l'Institut économique de Montréal, l'Institut de recherche sur le Québec, l'Institut du Nouveau monde, etc. Ce dernier est un «véritable modèle sur le plan du rayonnement et du financement», estime M. Ryan.
1 commentaire
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 4 février 2008 16 h 22

    Le Think Tank , Ding et Dong

    Oh, "Think Tank" , en anglais SVP.
    On est Canadian ou on ne l'est pas!
    Quelle honte!