L'année des combats juridiques pour la CSN

Le monde des relations de travail tourne la page sur une année à saveur souvent juridique et la tendance se poursuivra au cours des mois qui viennent, selon les perspectives mises en avant hier par la CSN lors de la mise à jour annuelle de la centrale syndicale.

Qualifiant de «charnière» l'année 2007, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a salué la décision annoncée en juin par la Cour suprême, qui reconnaît un lien entre le droit d'association et la négociation. C'est avec cette décision que la CSN entame 2008, convaincue de pouvoir contester avec succès certaines lois du gouvernement Charest qu'elle estime abusives.

La CSN s'en prendra plus spécifiquement aux lois 7 et 8, qui empêchent la syndicalisation d'environ 25 000 personnes dans les garderies familiales et dans les foyers familiaux qui hébergent des aînés en perte d'autonomie et des déficients intellectuels.

«On peut escompter être en mesure de démontrer que ces lois, votées sous le bâillon en 2003, sont parfaitement inconstitutionnelles», a dit Mme Carbonneau en conférence de presse. Ces deux lois sont contestées devant les tribunaux et la présidente a précisé que les plaidoyers devraient prendre fin en janvier.

Dans le même ordre d'idées, Mme Carbonneau a fait référence au fait que le gouvernement a récemment porté en appel une décision de la Cour supérieure du Québec qui invalide la loi 30. Cette loi avait restructuré de force le fonctionnement syndical dans le milieu de la santé et des services sociaux. Il semble toutefois que, tout en portant la décision en appel, Québec tende la main aux syndicats.

«Avec sa décision de contester la loi 30, le gouvernement a fait savoir aux syndicats qu'il était ouvert à l'idée d'ouvrir une table de discussion, et on y sera», a dit la présidente de la CSN. «On espère qu'il y a derrière cette décision une volonté réelle de s'attaquer au climat de travail, qui est désastreux, et de restaurer un certain nombre de droits.»

Ces trois lois ont fait l'objet d'un avis défavorable à l'endroit du gouvernement Charest par le Bureau international du travail, qui est rattaché à l'Organisation des Nations unies.

La CSN entend aussi poursuivre sa bataille pour la défense d'un système de santé public étant donné la présence insistante d'arguments en faveur d'une impartition de certains aspects du système au secteur privé. La centrale fait front commun avec la FTQ et a lancé une pétition en ligne qui sera prochainement déposée à l'Assemblée nationale.

En ce qui concerne la crise manufacturière et les problèmes que connaît l'industrie de la forêt, la CSN a une fois de plus insisté hier sur le fait qu'Ottawa brille toujours par son absence. «Le gouvernement fédéral doit passer de la parole aux gestes», a dit Mme Carbonneau.

La CSN souhaite en outre que les entreprises forestières fassent connaître le plus tôt possible leurs prévisions au chapitre de la main-d'oeuvre, de manière à pouvoir prévenir les coups dans ce secteur durement malmené en raison de la vigueur du dollar, de la concurrence, de la baisse de construction aux États-Unis et de la chute de la demande pour certains papiers.