Action démocratique du Québec - Des hôpitaux privés offrant des services gratuits

Un militant adéquiste suggère qu’un gouvernement de son parti implante des hôpitaux privés offrant des services gratuits. C’est là l’essence d’une proposition qui pourrait être débattue lors du conseil général de l’Action démocratique du Québec (ADQ) à Rivière-du-Loup la semaine prochaine. Suggérée par un militant de Marquette, cette idée constituerait un virage pour le programme adéquiste, qui envisage toujours la tenue d’un référendum sur la pertinence de permettre aux patients de payer pour obtenir des soins plus rapidement.

Ce projet de politique fait partie d’un ensemble de quatre propositions, dont quelques-unes s’avèrent «intéressantes», estime la présidente de la commission politique, Marie-Chantal Pelletier. Ces propositions comprennent également un programme de prêts aux professionnels de la santé pour l’achat d’équipement et le gel des primes de l’assurance-médicaments.

Le militant adéquiste Brian Doody estime qu’un gouvernement de l’ADQ devrait implanter un «programme de privatisation des attributions liées à la réception et au règlement des comptes remis pour la prestation gratuite de services de santé assurés dans les hôpitaux».

En d’autres mots, des hôpitaux gérés par des intérêts privés seraient responsables d’offrir des services toujours gratuits à la population. La RAMQ superviserait le tout selon des contrats établis, comprenant des «objectifs normatifs et mesurables», avec les établissements.

Pour contrer la vétusté de certaines installations, il est proposé d’établir un programme de prêts aux professionnels de la santé pour l’achat d’équipement et la construction de bâtiments médicaux. Ces prêts pourraient s’élever jusqu’à 100 000 $ par professionnel.

On suggère également d’imposer un gel de primes du programme d’assurance-médicaments à leur niveau de l’an 2000 pour les personnes de 65 ans et plus. Un gouvernement adéquiste, selon ce militant, devrait aussi réduire les coûts de ce programme en introduisant une prime de 1 % du coût d’un médicament générique lorsque celui-ci serait prescrit.

Enfin, l’ADQ devrait souscrire à la Loi canadienne sur la santé, qui stipule notamment que le gouvernement fédéral doit déduire de sa contribution aux provinces un montant égal au total de la surfacturation effectuée par les professionnels de la santé.

Le porte-parole de l’ADQ, Jean-Luc Benoît, a expliqué qu’il ne s’agit pas là de propositions «émanant» de la commission politique du parti. Il a rappelé que le conseil général des 1er et 2 juin prochains se limitera à une discussion sur les «grands principes» que défendra le parti en matière de santé.

De telles propositions peuvent toutefois faire l’objet de discussions en atelier, a-t-il ajouté, mais devraient surtout passer l’épreuve ultime du congrès de l’automne prochain avant de se retrouver au programme.