Les nouvelles normes du travail adoptées à l'unanimité

Québec - Les conditions des travailleurs non syndiqués vont s'améliorer sensiblement en mai 2003, alors qu'entreront en vigueur les nouvelles normes de travail adoptées hier par l'Assemblée nationale.

C'est en effet à l'unanimité que les 106 députés présents ont voté en faveur de la loi 143 qui révise de fond en comble la Loi sur les normes du travail, une loi à peu près inchangée depuis 30 ans.

La loi a pour effet d'élargir la protection à plusieurs groupes de travailleurs jusque-là non protégés, comme les travailleurs agricoles ou les domestiques résidant chez leur employeur.

La loi permettra aussi des absences du travail pour raisons familiales, pour cause de maladie ou d'accident. Des congés parentaux y sont aussi prévus.

La loi introduit surtout des dispositions nouvelles qui interdisent le harcèlement psychologique sur les lieux de travail. Cette dernière partie de la loi entrera en vigueur en juin 2004, afin de donner le temps aux entreprises de s'y adapter. Le Québec devient un des premiers gouvernements en Occident à légiférer en cette matière.

«La nouvelle loi sera mieux adaptée aux nouvelles réalités du monde du travail», a commenté le ministre du Travail, Jean Rochon, après l'adoption du projet de loi par l'Assemblée nationale.

En entrevue avec la Presse canadienne, le ministre Rochon s'est réjoui du consensus qui a marqué l'adoption du texte législatif. «Il a fallu trouver un terrain d'entente et le consensus prouve qu'on a réussi», a dit M. Rochon.

Des groupes patronaux s'étaient opposés à ce qu'on élargisse les normes en faveur des travailleurs non syndiqués, particulièrement en matière de harcèlement psychologique. Mais le ministre a consenti à ce qu'on donne plus de temps aux entreprises pour s'adapter. «On a fait les accommodements nécessaires», a dit M. Rochon. Le ministre du Travail a noté qu'une amélioration des conditions de travail dans les entreprises se traduit toujours par une amélioration de la productivité des travailleurs.

Le gouvernement a estimé que les nouvelles exigences imposées aux entreprises coûteront quelque 180 millions de dollars par année, un montant jugé infime par rapport au produit intérieur brut du Québec, qui dépasse les 200 milliards.

Le porte-parole de l'opposition libérale, André Tranchemontagne, député de Mont-Royal, a lui aussi vanté le texte de la loi. «C'est un bon projet de loi. Il contribuera à améliorer les conditions de travail des travailleurs du Québec et, à ce moment-là, améliorera aussi la productivité et la compétitivité de nos entreprises», a dit le député libéral.

Au bas de l'échelle, un groupe qui défend les salariés non syndiqués, s'est réjoui lui aussi de l'adoption de la loi.